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02/09/2012

La salle de bains du Titanic de Véronique Ovaldé

culture,littérature,livre,roman,nouvellesEditions J'ai lu - 78 pages

Présentation de l'éditeur : "Elle aimerait revenir au printemps de ses six ans. Juste avant l'été des deux cachalots (ou des deux orques, ou des deux je ne sais quoi, des deux bestioles magnifiques et pourrissantes échouées sur la plage de Camerone). Avant l'été où le monde a changé sa révolution." Trois nouvelles pour un même gouffre. Un été sur une plage, une petite fille échappe à la surveillance de son père. Un homme en chemisette sort des dunes, il tient la fillette par la main et la ramène à sa famille. Soulagement, reconnaissance. Personne ne remarque l'immobilité et le visage de cire l'enfant. Véronique Ovaldé cerne au plus près, au plus juste, ce moment où la vie bascule.

L'on pourrait se dire a priori qu'un si petit texte est aussi vite oublié qu'il est feuilleté. Détrompez-vous ! Si ces trois micro-nouvelles qu'il faut impérativement parcourir dans l'ordre sont lues en un rien de temps, leur écho se prolonge. Longtemps.

La quatrième de couverture ne trompe pas. C'est d'horreur dont il est question, un drame annoncé, insoutenable, indicible. Et pourtant, Véronique Ovaldé, de sa plume infiniment poétique, insuffle de la magie dans l'atmosphère pesante de son récit en crescendo. Le contraste entre le style aérien et la cruauté des thèmes abordés est saisissant. De non-dits en digressions, tout est subtilement suggéré, le doute n'est pas permis et pourtant le mystère rôde. Là est toute la puissance de ce conte déguisé à la titraille faussement naïve. Une apparente candeur pour mieux vous enfermer dans la noirceur.

Vienna, personnage central de ces trois textes, est à l'image de ce Titanic évoqué dans le titre. Sera-t-elle insubmersible ou fera-t-elle naufrage ? De son introspection détachée, l'on oscille entre sa force et sa fébrilité. Et à chacun de le déterminer puisque la fin tombe comme un couperet. Comme ces moments où la vie bascule. Ces jours où.

La nouvelle est un exercice périlleux qui ne me satisfait que rarement. Force est ici de constater que Véronique Ovaldé y excelle en nous offrant une lecture entre les lignes, une écriture aiguisée. L'auteur démontre avec talent que la force d'une plume réside parfois dans les mots qu'elle n'écrit pas. De l'utilisation impressive des silences... Ce qui fait de ce livre une musique insolite, douce à entendre, même s'il nous joue la mélodie du déchantement inexorable de l'existence.

13:06 Écrit par charlotte sapin dans Culture, Littérature française, Livre, Nouvelles, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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