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22/08/2012

Rentrée littéraire : Pour seul cortège de Laurent Gaudé

Editions Actes Sud - 186 pagesculture,citation,littérature,livre,roman,rentrée littéraire,histoire

Présentation de l'éditeur : En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s'écroule, terrassé par la fièvre. Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l'héritage - et le privilège d'emporter sa dépouille. Des confins de l'Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d'un temple éloigné où elle s'est réfugiée pour se cacher du monde, on tire un jeune femme de sang royal : le destin l'appelle à nouveau auprès de l'homme qui a vaincu son père... Le devoir et l'ambition, l'amour et la fidélité, le deuil et l'errance mènent les personnages vers l'ivresse d'une dernière chevauchée. Porté par une écriture au souffle épique, Pour seul cortège les accompagne dans cet ultime voyage qui les affranchit de l'Histoire, leur ouvrant l'infini de la légende.

Séduite par Ouragan et particulièrement bouleversée par Cris, c'est avec confiance que je me suis lancée dans le nouveau roman de Laurent Gaudé. Si besoin était de le rappeler à mon souvenir, en toute chose il ne faut jamais vendre la peau de l'ours, ma confiance anticipée a donc été rapidement détrompée. Ce péplum, retraçant les derniers jours d'Alexandre le Grand, ses funérailles, son héritage et les inévitables batailles de succession pour son colossal empire, m'a laissée de marbre.

D'accord, l'on retrouve l'incontestable sens du verbe et de la musicalité de la langue du lauréat du Goncourt 2004 pour Le soleil des Scorta. Evidemment, l'on retrouve la maîtrise gaudéenne du roman choral auquel il nous a habitués. Oui, il réussit avec aisance son retour au récit historique digne des grands classiques après quelques incursions dans le roman contemporain. Effectivement, il maîtrise son crescendo narratif pour aboutir à une légende aux accents fantastiques.

Malgré cela, mon sentiment profond est que l'écrivain s'est davantage penché sur la prouesse stylistique que sur le fond de son roman. Une fois le livre refermé, je me suis demandé ce qu'il fallait retirer de cette lecture. Impossible de trouver une réponse. Non pas que je crois qu'il faille à tout prix délivrer un message. Mais n'étant pas une spécialiste du personnage ni de la période historique évoqués, je ne peux que conclure que je n'en sais pas plus à la fin qu'au début.

Pas vraiment décevant mais loin d'être enthousiasmant. Une impression en demi-teinte, à l'image de ce roman.

Extrait :

Une force puissante se dégage du cortège. Rien ne semble pouvoir l'arrêter. Ceux qui tombent sont remplacés. Le chariot d'Alexandre roule lentement mais il est fort, porté par des centaines de voix qui le clament, le chantent et gémissent. Le monde entier les regarde passer en pensant qu'en ces heures où les empires vacillent, il est une chose qui reste solide, aussi solide que la puissance des montagnes, c'est le chant des femmes endeuillées.

20:41 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature française, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | | Pin it!

Commentaires

Effectivement, l'extrait ne donne pas très envie..Déjà le début : "une force puissante", c'est redondant. Plus loin "les voix qui le clament, chantent, gémissent". "Le" clament paraît un peu bizarre - on clame, mais pas quelqu'un. "Le gémissent" paraît mineur dans ce triptyque langagier, alors qu'on s'attend à un verbe encore plus puissant après "le chantent"... Enfin, il s'agit d'un extrait, et le reste est peut-être superbe, mais la critique permet d'en douter...

Écrit par : Alain L. | 26/08/2012

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Je n'oserais pas donner des cours de français à un écrivain de la trempe de Gaudé que j'admire. Personnellement, j'ai trouvé son verbe puissant, particulièrement ces extraits. Je trouve juste que par rapport à ses autres textes, il est un peu gratuit, il manque légèrement de consistance. Il reste toutefois un très beau texte.

Écrit par : charlotte à Alain L. | 28/08/2012

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Je suis bien d'accord avec toi: l'auteur s'est plus appliqué sur la forme que sur le fond, ce qui nous laisse sur notre faim. Et après coup, on ne retient rien de la lecture (ce qui est malheureusement le cas de la majorité des romans de Gaudé, même les bons).

Écrit par : Nico | 25/10/2012

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Je viens d'aller lire ton très bon billet qui m'a incitée à me souvenir... Je n'ai pas lu autant d’œuvres de l'auteur que toi, je ne connais qu'Ouragan. Effectivement, j'en garde un souvenir plutôt global, je me remémore le contexte et l'excellence du style mais pas vraiment les personnages ou les émotions suscitées.
L'on peut en effet s'interroger sur l'intérêt d'un auteur qui excelle sur la forme mais manque finalement cruellement de profondeur...

Écrit par : charlotte à Nico | 29/10/2012

Je suis bien d'accord avec toi. Pour moi, Gaudé est un écrivain à la mode, qui je pense, sera oublié ou disons bien plus critiqué dans quelques années.

Écrit par : Nico | 29/10/2012

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Souhaitons lui de nous faire mentir sur ce qui aujourd'hui apparaît comme une juste analyse et de nous offrir des textes beaux et profonds...

Écrit par : charlotte à Nico | 29/10/2012

Et surtout marquants, la plus grosse lacune!

Écrit par : Nico | 29/10/2012

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Les commentaires sont fermés.