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16/08/2012

Dieu est un pote à moi de Cyril Massarotto

dieu est un pote à moi.jpgXO Editions / Pocket - 214 pages

Présentation de l'éditeur : L'un a une barbe de quelques jours, l'autre des millions d'années. L'un vit sur terre, l'autre dans les nuages. L'un est vendeur dans un sex-shop, l'autre a un métier qui réclame le don d'ubiquité. L'un n'a pas beaucoup d'amis, l'autre aimerait parfois se faire oublier d'eux... Et si Dieu avait décidé de faire de vous son meilleur ami ?

Pour entrer directement dans le vif du sujet, Dieu est un pote à moi est une perle littéraire surprenante, drôle et émouvante, qui m'a touchée à l'âme. Et j'aime à penser que c'est ce qui se passe immanquablement à la lecture de ce trop court roman, que l'on soit bouddhiste, musulman, juif, catholique, protestant, orthodoxe, hindouiste, taoïste, confucianiste... ou encore athée, voire agnostique. Que l'on soit croyant ou non, l'on se prend au jeu des farces et des joutes verbales avec ce Dieu universel.

A l'instar de Mitch Albom avec son roman Les cinq personnes que j'ai rencontrées là-haut, Cyril Massarotto nous convie à une réflexion sur le sens de la vie et sur l'après. Sa vision toute personnelle est une invite à l'introspection pour répondre à La Question. Laquelle ? Ah ah, mais il va falloir le lire pour le savoir !

La construction de ce récit insolite - qui n'est pas sans m'évoquer celle de David Nicholls dans Un jour - prend le parti de nous raconter la vie d'un homme ordinaire de façon elliptique. Seuls les moments marquants, les tournants, sont évoqués, ce qui, loin d'appauvrir la narration, la renforce.

Parfois léger, tantôt plus grave, le livre, salué par le Prix Méditerranée des Lycéens 2009, nous parle d'amitié, d'amour, des joies, des peines, des doutes... Bref, de toutes les composantes qui font la magie et le mystère de la vie. Sans tomber dans le traité philosophique un peu prise de tête, il nous embarque avec infiniment de fantaisie et d'émotion dans une réflexion intelligente sur l'existence et nous réconcilie pour un moment avec la nature humaine. Et n'est-ce pas cela même, le but de la littérature : nous faire voyager, magnifier le réel et nous offrir un regard neuf sur les petites choses et les grandes idées ?

Un premier roman facétieux, délicat et juste, qui résonne longtemps après qu'on l'ait achevé, qui a une saveur délicieuse d'espoir, qui a le goût de la vie.

Extraits :

La principale qualité d'un somnifère, c'est de vous tomber dessus pour vous empêcher de commencer à réfléchir. S'il n'est pas assez fort, le remue-méninge prend le dessus et là, on est entraîné dans un tourbillon insupportable, celui du soi profond, ces facettes de nous qu'on préférerait ne pas connaître. Il n'y a vraiment qu'au coucher qu'on y voit clair, c'est le pire de tous les moments, le plus dangereux. Décider sciemment de ne plus livrer bataille contre le moi du soir a été une terrible défaite. Mais quand on n'a pas les armes pour lutter, il n'y a pas d'autre solution. Je crois que tous les somnifères que l'on avale lorsqu'on est adulte, ce sont toutes les berceuses que l'on ne vous a pas hantées quand on était enfant.

...

- (...) je trouve étrange de me satisfaire amplement de ce que j'ai aujourd'hui. Tu crois que c'est normal ?

- Si c'est normal ?

- Ben oui, si c'est pas bizarre de ne plus rêver de cette sorte d'absolu...

- Ecoute, je n'ai pas envie d'y passer une heure, donc réponds juste à cette question : deux enfants vont mourir, l'un est blond et l'autre roux, et tu as le pouvoir de sauver un seul de ces deux enfants. Lequel choisis-tu : le blond ou le roux ?

- Quoi ?

- Lequel tu sauves ?

- Mais c'est débile comme question !

- Je te le confirme. Et pourquoi c'est débile ?

- Parce qu'on peut pas y répondre !

- Eh bien voilà, je viens de te faire une démonstration par l'absurde. Tout simplement parce qu'il y a des questions auxquelles on ne peut pas répondre. Et tu sais pourquoi ? Parce qu'il ne faut tout simplement pas se les poser, dans la mesure où elles n'ont aucun sens. C'est la même chose pour toi, tu trouves étrange d'être heureux de ce que tu as, de ne pas vouloir plus, et tu te demandes si c'est normal. Tu te rends compte du saugrenu de ta réflexion ? Ce que je veux te faire comprendre, c'est qu'il faut juste vivre, prendre les choses comme elles viennent. Le bonheur n'est pas un projet. Sois-en bien conscient. Vis, et ne t'encombre pas l'esprit de questions inutiles.

...

- Je n'arrive pas à penser, René. Je n'arrive à rien. Si tu savais comme j'ai mal.

- Ecoute, ta douleur, c'est pas la peine de me la dire, ça fait deux semaines que je la vois. Ca fait deux semaines que je l'habille, que j'essaie de la faire manger et que j'attends qu'elle s'endorme, ta douleur. Alors maintenant, je crois que je vais commencer à lui mettre des coups de pied au cul. Et si elle est pas contente, c'est pareil.

11:06 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature française, Livre, Première oeuvre, Roman | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Facebook | | | | Pin it!

Commentaires

Belle chronique, je note le nom de ce livre !

Écrit par : Eulimène | 17/08/2012

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Merci ! Il se lit malheureusement trop rapidement...

Écrit par : charlotte à Eulimène | 19/08/2012

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Cela me fait penser à un ouvrage de Pierre Gripari, L'histoire du méchant Dieu, où Dieu n'a aucune, mais alors absolument aucune, envie de devenir l'ami des hommes mais eux ne l'ont pas compris.
Belle chronique qui donne envie de se plonger dans l'ouvrage !

Écrit par : v_i_n_c_e_n_t | 19/08/2012

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Oh je suis fan de Gripari et je n'ai jamais lu celui-là, je note ! Merci et n'hésite pas pour le Massarotto, c'est une très agréable lecture.

Écrit par : charlotte à v_i_n_c_e_n_t | 19/08/2012

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Je n'y manquerai pas !!! Et fonce pour ce Gripari !!! Rien à voir avec ses autres écrits... Publié chez L'Âge d'Homme... Ou d'autre ?!?

Écrit par : v_i_n_c_e_n_t | 19/08/2012

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J'aime beaucoup Gripari ... (et mes élèves aussi !)
(je sais, je déborde ... )

J'ai l'impression qu'il y a pas mal de livres en ce moment où l'on retrouve "Dieu" dans le titre :
- Il y a quelques temps "Dieu surfe au Pays Basque"
- "Dieu est un pote à moi"
- "Dieu n'est même pas mort"
...

il en fait des choses celui-là ...

Écrit par : eulimène | 19/08/2012

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Ou encore "Comment devenir un dieu vivant" de Julien Blanc-Gras... :)

Et tu es prof aussi ???

Écrit par : v_i_n_c_e_n_t | 19/08/2012

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Je n'ai pas aimé du tout, trop prévisible.

Écrit par : zazy | 21/08/2012

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Et oui, il est partout et indémodable...
S'agissant de Gripari, il a lui aussi un succès indémodable auprès des jeunes lecteurs et des grands enfants ;)

Écrit par : charlotte à Eulimène | 22/08/2012

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Ah oui ? Bon, de toute façon aucun ouvrage ne fera jamais l'unanimité ;)

Écrit par : charlotte à zazy | 22/08/2012

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Ce qui fait que nous en parlons tant...! :)

Écrit par : v_i_n_c_e_n_t | 22/08/2012

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Ce qui fait que j'adore Babelio. Les avis des lecteurs se suivent et ne se ressemblent pas. Le choix des citations relevées est aussi très parlant sur les personnes.

Écrit par : charlotte à v_i_n_c_e_n_t | 23/08/2012

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Elles sont le miroir de ce qui les touche...

Écrit par : v_i_n_c_e_n_t | 23/08/2012

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Les commentaires sont fermés.