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18/07/2012

Une année studieuse d'Anne Wiazemsky

une année studieuse.jpgEditions Gallimard - 262 pages

Présentation de l'éditeur : Un jour de juin 1966, j'écrivis une courte lettre à Jean-Luc Godard adressée aux Cahiers du Cinéma, 5 rue Clément-Marot, Paris 8e. Je lui disais avoir beaucoup aimé son dernier film, Masculin Féminin. Je lui disais encore que j'aimais l'homme qui était derrière, que je l'aimais, lui. J'avais agi sans réaliser la portée de certains mots.

Dans ce récit autobiographique, la petite-fille de François Mauriac nous raconte avec beaucoup de simplicité et d'intelligence mêlant habilement la sincérité et la pudeur, sa rencontre avec l'homme de sa vie, le célèbre Jean-Luc Godard.

Au-delà de l'évocation des débuts du couple, c'est l'atmosphère de toute une époque - la fin des sixties - que fait revivre l'espace d'un instant Anne Wiazemsky. Le milieu intellectuel du moment, les prémices des évènements de 1968, la condition de la femme (rapport aux parents, aux hommes, sexualité, pilule, avortement...)... Tout y est retracé avec justesse et mélancolie.

Par cette peinture d'un certain milieu, l'on est conforté dans certaines évidences, à savoir que "ces gens-là" évoluent en vase relativement clos, que les artistes ont des égos capricieux avec lesquels il est parfois difficile de composer et que si l'avers de la médaille est la célébrité, le revers est parfois lourd à porter (critique, hypocrisie, etc.).

Si par ce témoignage, "réponse de la bergère à son berger", l'auteur a souhaité "dire son mot", Godard reste le point central, la clé de voûte, le premier rôle de l'apprentissage amoureux, intellectuel, artistique d'Anne. Ces nombreux débuts ont su conserver toute leur fraîcheur dans l'esprit de l'intéressée et c'est ce qui fait tout le charme de cette tranche de vie. Une lecture très agréable, tout en douceur.

Extraits :

Nous nous regardions souvent mais jamais franchement, toujours de biais. Dès que je sentais ses yeux posés sur moi, je détournais les miens et inversement. Il n'y avait rien d'hypocrite, c'était un jeu entre sa pudeur et la mienne. Je me sentais heureuse et je savais qu'il l'était aussi. C'était un sentiment subtil mais fort et qui augmenta au fil des heures.

...

Souvent il se retournait vers moi et me souriait si tendrement qu'à mon tour je rougissais. Entre deux plans il me rejoignait pour me demander mon avis, si j'avais bien reçu les livres qu'il m'avait fait livrer le matin même et la lettre d'amour qui les accompagnait.

20:31 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Cinéma, Citation, Culture, Littérature française, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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