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Le chirurgien ambulant de Wolf Serno

Editions De Fallois - 792 pagesculture,citation,littérature,livre,roman,médecine,histoire,religion

Présentation de l'éditeur : Espagne, XVIe siècle, monastère de Campodios. Sentant sa mort prochaine, l'abbé Hardinus convoque Vitus, son protégé, qu'il a découvert, abandonné, alors qu'il était encore un nourrisson. Afin que le jeune homme connaisse ses origines, il lui remet un indice : un tissu damassé, visiblement d'origine anglaise. Et voilà, pour Vitus, le début d'une quête semée d'embûches, de rencontres, et l'occasion de pratiquer son art, la chirurgie, sur les routes de l'Europe de la Renaissance. Tous les ingrédients du roman historique d'aventures sont ici réunis, pour le plus grand plaisir du lecteur : personnages pittoresques - nains, Tziganes, saltimbanques, corsaires -, évocation de l'Inquisition, complots, rebondissements incessants... Un vrai bonheur de lecture.

Au gré des aventures d'un jeune homme en quête de son identité, c'est toute l'Europe du XVIe siècle que dépeint l'auteur avec, certes quelques inexactitudes, mais surtout beaucoup de talent. J'ai été véritablement embarquée par ce roman d'aventure historique qui est tout à fait dans la tendance d'Inquisitio.

Moines cisterciens, brigands, inquisiteurs, gitans, charlatans, gentilshommes, corsaires, pirates et bien d'autres encore sont les personnages hauts en couleurs qui jalonnent l'apprentissage du médecin en herbe. Les péripéties sont nombreuses et si l'ensemble est plein de bons sentiments, quelques scènes relatives aux tortures du tribunal inquisitorial ou à l'empirisme médical sont assez insoutenables bien que passionnantes et instructives.

Le rythme est trépidant au point qu'une fois la lecture amorcée, il m'a été systématiquement bien difficile de m'arracher au plaisir de la lecture. L'arrivée du point final est comme toujours avec les livres que j'apprécie un petit deuil à surmonter. Ici, ce processus est grandement facilité par l'existence d'une suite que je ne me refuserai certainement pas : Le chirurgien de Campodios.

Bref, ce roman est agréablement dépaysant tant par l'époque évoquée que par les contrées traversées, il offre un éclairage enrichissant sur la religion et la médecine et nous tient en haleine grâce à des rebondissements menés tambour battant.

Extraits :

"Sauf le hunier au mât de misaine, toutes les voiles doivent être arrisées dans dix minutes, sinon le chat à neuf queues dansera une matelote sur le dos des hommes !"

...

Cette faculté qu'il avait de se dominer était l'une de ses particularités. Elle le faisait paraître plus âgé qu'il ne l'était.

...

"J'ai appris qu'il y a des gens auprès desquels on vit et dont, malgré tout, on ne sera jamais proche. Et il y en a d'autres qu'on connaît à peine et qui ont pourtant une place dans votre coeur."

...

Mais, pour en finir avec les idées sur la croisade de l'intérieur : là aussi, cela partait à l'origine des meilleures intentions, ramener tous ceux qui pensaient autrement sur la voie de la vraie foi, mais l'Eglise n'a pas tardé à s'apercevoir qu'il pouvait être lucratif de ne pas pardonner au soi-disant pécheur, mais de lui prendre ses biens. Et tout cela pourquoi ? Notre Mère l'Eglise, au-dessus de tout soupçon, et ses champions de Dieu, devant lesquels nous blêmissons de crainte respectueuse, parce que nous supposons qu'ils possèdent un peu de rayonnement divin, notre Mère l'Eglise donc est en vérité profondément mauvaise. Un simple mortel ne peut pas être aussi mauvais, aussi méchant, aussi corrompu. L'Eglise n'est pas l'oeuvre de Dieu, mais celle des hommes. Car ce sont des hypocrites et des assassins qui l'incarnent. Personne n'est plus éloigné de Dieu que l'Eglise.

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