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09/07/2012

Château de sable de Frederik Peeters et Pierre-Oscar Lévy

culture,littérature,livre,bande dessinée,BDEditions Atrabile - 100 pages

Présentation de l'éditeur : Château de sable se présente comme un huis clos à ciel ouvert, une fable sociale mordante et dérangeante. Sur une plage, le destin de 13 personnages va se retrouver bouleversé par un événement inconcevable, un basculement de la réalité qui va plonger cette petite troupe dans un abîme de questionnements. Face à cet événement fantastique, les protagonistes vont d’abord traverser une phase bien humaine de dénégation tendue et conflictuelle, puis viendra la période de l’acceptation, quand les masques seront tombés et qu’il faudra bien composer avec la nouvelle donne, car le temps est compté… Face à un destin qui s’échappe inexorablement comme une poignée de sable entre les doigts, chacun réagira à sa manière, mais comment et que faire quand un coucher de soleil peut être synonyme de fin ? Récit complet et complexe, où la situation est plus importante que l’explication, Château de sable balance tout au long de ses cent pages entre noirceur et humanisme, pour former à l’arrivée un conte moderne, cruel et passionnant.

Si, dans un premier temps, la lecture de cette bande dessinée m'a tellement déconcertée que j'ai décidé qu'elle ne me plaisait pas, j'ai revue ma copie après une deuxième tentative.

Dans ce huis-clos fantastique, Peeters et Lévy nous entraînent dans une réflexion sur le temps qui passe et sur la mort. Face à ces deux inexorabilités, la fragilité de la vie se compare à celle d'un château de sable. C'est cette précarité de l'édifice qui en fait tout son charme mais lui confère aussi son caractère angoissant. En nous catapultant dans un espace-temps où, bien loin de suspendre leur vol, les minutes s'égrainent à la vitesse grand V, les auteurs incitent à un cheminement introspectif sur l'existence.

En arrière plan, l'on peut également y voir une critique sociale sur l'attitude des individus face à la tyrannie - en l'occurrence celle de la fuite du temps et de la mort annoncée. Les psychologies sont fantastiquement décortiquées et les réactions humaines criantes de vérité.

Ce conte mystérieusement philosophique est bien loin du Pilules bleues de Peeters qui s'ancrait profondément dans la réalité. Mais la fable, aussi étrange et terrifiante soit-elle, n'est-elle pas parfois la meilleure façon de repenser le réel ? Et si aucune réponse ne nous est apportée à la fin de cet ouvrage, peut-être est-ce parce que l'important réside dans la question...

Preuve, s'il en est, que parfois deux lectures valent mieux qu'une. Notons toutefois que si l'histoire s'est avérée passionnante et si son titre semble coller à la perfection à la période estivale, elle ne me semble pas vraiment correspondre aux aspirations littéraires du vacancier. Ses abords métaphysiques et fatalistes peuvent peut-être sembler un peu trop sérieux et déprimants à l'heure de la détente et de l'évasion ; encore que le repos ne soit pas forcément synonyme de vacuité intellectuelle.

Extrait :

Impossible de vous dire mon âge, il change tout le temps !

Alphonse Allais

11:38 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Citation, Culture, Littérature française, Littérature suisse, Livre, SF, fantasy, fantastique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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