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29/06/2012

Firmin de Sam Savage

Editions Actes Sud - 202 pagesfirmin.jpg

Présentation de l'éditeur : Autobiographie d'un grignoteur de livres, Firmin raconte l'histoire d'un rongeur érudit qui a vu le jour clans les sous-sols d'une librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960. Plein d'appétit pour les mots, épris de nourritures spirituelles autant que terrestres, Firmin ne peut communiquer tous ses coups de cœur ni exprimer ses détresses, et voit avec révolte se déliter sa race comme son quartier, cernés par l'incompréhension des hommes et par les mécanismes du profit. Mais la rencontre avec un romancier marginal le sauve du pessimisme ambiant. Superbe hommage aux valeurs de l'écrit et aux singularités de toutes espèces, l'aventure de Firmin est aussi un fabuleux trait d'union entre littérature, exclusion et résistance.

Je pensais que Firmin était à la littérature ce que Ratatouille était à la gastronomie. Ce n'est pas complètement faux mais pour ce qui est de la tonalité, Sam Savage est bien loin de la légèreté des studios Pixar. Cela ne constitue pas en soi une déception même si je n'ai pu m'empêcher de nourrir quelques regrets quant au fait qu'un livre qui parle de la passion des livres soit assez triste.

Certes, ce conte anthropomorphique exprime parfaitement ce que bien souvent les dévoreurs de livres ressentent, à savoir la solitude et le regret de ne pouvoir que trop rarement partager le fruit de leurs découvertes littéraires faute de trouver des alter ego bibliophages ou des lecteurs aux goûts similaires. (Même s'il existe désormais, grâce au web, des solutions. La meilleure selon moi : Babelio.) Cependant, à la lueur de l'existence de Firmin, l'on en viendrait presque à conclure de l'inutilité de la littérature. C'est là que pèche l'hommage.

Le livre n'en est pas moins désagréable et son originalité vaut le détour, même s'il n'est pas indispensable et pourra décourager les allergiques aux descriptions et aux épanchements pour le moins geignards du rat grignoteur.

Extraits :

Jerry disait toujours que les gens ne voulaient pas publier ses livres parce qu'ils avaient peur du message qu'ils véhiculaient. Moi, il me parlait vraiment et correspondait bien à ma vision de l'existence : chaque jour qui passe nous rend un peu plus faibles, un peu plus fous.

...

Pourtant, malgré ce fond de mélancolie, le vie continuait de nous offrir de bons moments que j'aime à me remémorer aujourd'hui. Je me les repasse de temps en temps en essayant d'en extirper la tristesse, la vieillesse et la solitude. (...)

Je crois toujours que tout est éternel, mais rien ne dure jamais. En fait, rien n'existe jamais plus qu'un court instant, sauf ce que nous gardons en mémoire. C'est pourquoi j'essaie de me souvenir de tout - plutôt mourir que d'oublier - (...).

10:47 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature américaine, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it!

Commentaires

Excellente critique! Je dis ça car maintenant j'ai envie de le lire. :p
Continue ton blog il est génial! :)

Marie.

Écrit par : nourrice | 29/06/2012

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Merci beaucoup ! Comment ne pas continuer devant un tel enthousiasme qui fait chaud au cœur (et à la plume).

Écrit par : charlotte à nourrice | 30/06/2012

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