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19/06/2012
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans de Barbara Samson
Editions Fixot - 155 pages
Présentation de l'éditeur : « Ce fut ma première et ma dernière grande histoire d'amour? » Par ces mots, lors de la soirée Sidaction en avril 1994, Barbara Samson bouleversait des millions de téléspectateurs. À dix-sept ans, parce que le garçon qu'elle aimait ne lui avait pas dit qu'il était séropositif, Barbara avait été contaminée par le virus du sida.C'est cette histoire qu?elle raconte ici. Et aussi, par-delà le drame, l'histoire d'une adolescence, les espérances et les doutes, la recherche de l?amour, le don éperdu de soi, tout ce qu'elle partage avec des milliers d'autres garçons et filles. Un témoignage simple et fort, pour que son drame soit évité à d'autres, et que l'amour ne soit plus jamais porteur de mort.
Très peu pour moi en général les témoignages à la rubrique sordide. Le 20h me suffit. C'est ma curiosité professionnelle et non mon voyeurisme qui m'a poussé à me lancer à l'assaut de ce récit tragique. Parce que préconisé par des enseignants en lycée à leurs élèves, j'ai voulu voir de quoi il retournait.
La couleur est annoncée par la jaquette, c'est glauque. Mais l'écriture est le juste reflet de la parole et de la pensée d'une jeune fille (aucunement dépassé bien que le texte commence à dater) et je trouve ce choix de lecture très pertinent de la part des profs qui le recommandent. Au regard des statistiques toujours sombres et de l'ignorance de beaucoup de jeunes en matière de Sida, ce livre devrait être obligatoirement inscrit au programme. Parce que malheureusement, toujours et plus que jamais au "goût" du jour.
Impossible de sortir indemne de ce texte, qui agace, qui apitoie, qui révolte, qui émeut. Et qui met en garde. Si ce ne sont pas les enseignants, à vous parents de le mettre entre les mains de vos adolescents. Puisqu'il n'est pas toujours facile de parler, cet ouvrage est une formidable opportunité de ne pas nourrir de regrets. De sauver des vies.
Extraits :
C'est peut-être cela que l'on cherche toute sa vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible, pour devenir soi-même avant de mourir.
Louis-Ferdinand Céline
...
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, le coup de foudre vous atteint en plein coeur, comme une chose évidente, l'événement qui nous est dû depuis toujours. On ne l'appelle pas coup de foudre, on ne le nomme pas. Il est sensations, chaleur sur les joues, palpitations légèes au creux de la poitrine, vide dans les entrailles. Le corps retient son souffle, avance, pose pour ce regard, rien que pour lui, impatient d'être beau, anxieux de disparaître comme il est apparu, avec tout son mystère.
C'est si beau, le mystère. Si éphémère et si violent de douceur, cet échange silencieux entre deux personnes. L'une qui arrive, l'autre qui attendait.
Je rêve ma vie depuis ma petite enfance.
Je voudrais m'aimer, être belle, calme, inaccessible, le genre de fille que l'on respecte, que l'on approche avec précaution, que l'on aime par-dessus tout. Et par-dessus tout je voudrais que l'on m'aime. Un jour le prince viendra.
...
Si je lui disais que je n'aime de moi que l'idée que l'on m'aime ?
01:42 Publié dans Bio/autobiographie, Citation, Culture, Document, témoignage, Littérature française, Livre, Première oeuvre | Lien permanent | charlotte sapin | Commentaires (2) | |





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Commentaires
Écrit par : Lybertaire | 19/06/2012
Répondre à ce commentaireMais merci du conseil :)
Écrit par : charlotte à Lybertaire | 20/06/2012
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