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Indignation de Philip Roth

indignation.jpgEditions Gallimard - 238 pages

Présentation de l'éditeur : Nous sommes en 1951, deuxième année de la guerre de Corée. Marcus Messner, jeune homme de dix-neuf ans d'origine juive, poursuit ses études au Winesburg College, dans le fin fond de l'Ohio. Il a quitté le New Jersey où habite sa famille, dans l'espoir d'échapper à la domination de son père, fou d'angoisse à l'idée que son fils bien-aimé entre dans l'âge adulte. En s'éloignant de ses parents, Marcus va tenter sa chance dans l'Amérique des années 1950. L'inconnu s'offre à lui, avec son cortège d'embûches et de surprises. Avec ce roman d'apprentissage, Philip Roth poursuit son analyse de l'histoire de l'Amérique, celle des années cinquante, des tabous et des frustrations sexuelles, et de son impact sur la vie d'un homme jeune, isolé, vulnérable.

Une inconditionnelle de la littérature américaine comme moi ne pouvait pas raisonnablement continuer sa vie livresque sans passer par la case Roth. Ce manquement indigne est enfin réparé. C'est une délicieuse découverte qui augure je l'espère de nombreuses tout aussi plaisantes lectures au regard de l'importante production de l'auteur.

Dans ce roman d'apprentissage, l'on découvre les risques de l'émotivité adolescente, le tout intégré dans une période historique particulièrement dévastatrice. Le ton naïf du narrateur tranche avec la profondeur dramatique du récit. Roth nous ouvre une fenêtre sur les Etats-unis, la société, l'université au travers de la vie d'un jeune homme, de ses émois et de ses ambitions. Mais la vie n'est jamais celle que l'on décide... surtout quand l'amour, quel qu'il soit, se révèle aussi toxique que puissant.

Un roman émouvant qui surprend, qui émeut, qui rappelle ce que l'on a tous traversé et ce à quoi l'on a échappé. Magnifiquement bouleversant.

Extrait :

C'était une vieille fille grisonnante, ronde, entre deux âges, qui s'appelait Miss Clement, le parangon de l'infirmière à l'ancienne, attentionnée, parlant d'une voix douce. Elle portait même une coiffe blanche amidonnée, contrairement à la plupart des infirmières plus jeunes de l'hôpital. Quand j'avais dû utiliser le bassin pour la première fois, après l'opération, elle m'avait tranquillement rassuré en disant : "Je suis là pour vous aider tant que vous avez besoin, pour le moment c'est de ça que vous avez besoin, il n'y a rien là d'embarrassant", et pendant tout ce temps elle me glissait le bassin en douceur, puis elle m'essuyait avec du papier toilette humide, et à la fin elle enlevait le bassin qui contenait ma fange, puis elle me réinstallait sous les draps.

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