Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« A nous deux, Paris ! de J.P. Nishi | Page d'accueil | Le bûcher des vanités de Tom Wolfe »

07/06/2012

Les grandes découvertes de Jacob de Christophe Hein

les grandes découvertes de jacob.jpegEditions Castor Poche Flammarion - 318 pages

Présentation de l'éditeur : Jacob est un garçon très occupé. Il a des idées bien arrêtées sur le comportement des adultes. Il est entouré d'amis plutôt étonnants ! Il y a Broutou, l'âne, qui ne sait pas grand-chose mais qui pense beaucoup, le Faux-Prince, pianiste virtuose au pouvoir merveilleux, Petite-Plume d'Aigle, l'inventeur presque génial, et aussi Cathy qui adore les chevaux et Panadel le clochard qui connaît Paris comme sa poche. Ensemble, les six amis vivent de folles aventures, possibles et impossibles...

Avertissement : livre issu de l'exhumation de ma bibliothèque d'enfant ; disponible uniquement d'occasion.

Ce roman jeunesse est un vrai petit bonheur pour les enfants capables de lire seuls et en mesure d'appréhender le second degré. Au gré des aventures de Jacob et de sa bande de drôles d'amis, de nombreux jolis messages sont délivrés avec beaucoup de fantaisie et de poésie : l'importance de l'amitié, le caractère non honteux de l'amour, le pouvoir et la beauté de rêver, de communiquer, la chance et non le ridicule de la différence... En somme, il s'agit dun livre intelligent mais aussi propice au développement de l'imagination puisque le fantasque et le farfelu sont loin d'être exclus.

Comme le révèlent certaines citations ci-dessous, ce livre mérite aussi d'être parcouru par les grandes personnes qui ont par trop perdu leur âme d'enfant et/ou qui ont tendance à oublier que les petits d'hommes sont aussi des personnes à part entière, qui ont des sentiments, des idées, des personnalités, des caractères... qui ont besoin d'être écoutés, entendus, considérés.

Un joli moment de lecture qui favorise l'évasion, la détente, le développement, la douceur, bref, l'émission d'ondes positives.

Extraits :

Devant lui, dans l'herbe, était étendu un homme tout déguenillé. Il avait un manteau tout reprisé. Ses poches étaient bourrées à craquer, et il avait sur la tête un chapeau tout cabossé orné d'une fleur de coquelicot.

C'était Panadel le clochard.

Les clochards vivent partout dans le monde. Ils sont partout chez eux. Ils n'ont pas d'argent. Ils ne possèdent rien, pas même un peigne. Rien que quelques chiffons. Mais ça leur est égal. Ils n'ont besoin de rien. Simplement ils n'ont qu'une envie : ils veulent vivre et être libres. Ils aiment se promener toute la journée, se coucher dans l'herbe et se dorer au soleil. Ils sont tout le temps en vacances. Si vous leur parlez, ils vous diront qu'ils sont les rois de la terre. Il y a quelque chose de vrai dans ce qu'ils disent.

...

- Quand on veut absolument arriver à quelque chose et qu'on s'en donne la peine, on y arrive. Même si on n'y comprend rien et que personne ne veut y croire.

...

- C'est pourtant la vérité. Tous ces adultes, tous ces hommes, toutes ces femmes, que tu connais, ont un jour été de petits garçons et de petites filles. Ils ont été aussi grands que toi, aussi courageux, aussi peureux. Ils ont eu des amis gentils et méchants. Ils ont ri. Ils ont pleuré. Il leur est arrivé parfois de se sentir bien seuls.

Jacob me regarda.

- Alors, dis-moi pourquoi presque tous les adultes font toujours semblant d'être depuis toujours de grandes personnes ?

- Je ne sais pas Jacob.

- Ils font comme s'ils avaient toujours su tout faire.

- Je sais, répliquai-je, mais ils n'ont pas toujours été comme ça. Il leur est arrivé de montrer qu'ils ne savaient pas tout faire. Ils ont adoré passer la journée à rêvasser. C'était il y a bien longtemps. On a peine à y croire, et c'est pourtant la vérité. Et c'est vrai qu'il est parfois difficile de croire à la vérité. Je n'y peux rien, c'est comme ça.

...

- Je crois qu'il faudrait que les adultes rient ou pleurent un peu plus souvent. Malheureusement beaucoup ont oublié qu'ils ont été jeunes un jour. Et c'est très grave. Ca fait qu'ils sont incapables de comprendre les enfants. Ils les grondent, leur parlent méchamment. Ils savent tout juste dire : fais ci, fais ça, touche pas à ça ! Arrête ! Comme si on avait le droit de traiter les enfants comme des chiens.

Jacob me regarda. Que pouvais-je ajouter ? Il avait raison. Les adultes qu'il décrivait existent. Heureusement qu'il y en a d'autres qui n'ont pas oublié qu'ils ont un jour été enfants. Si l'on fait une bêtise, ils se mettent à rire et disent : "Allez, ce n'est pas grave, ça peut arriver à tout le monde. Pour un perdu, deux retrouvés." Ce sont les plus gentilles personnes.

...

- C'est-à-dire, euh, que, euh, qu'il fait faire des sacrifices pour son métier. L'un te promet monts et merveilles. L'autre te trompe. Tout ça, ce sont des sacrifices et des devoirs. Tu ne peux pas imaginer les bêtises que les gens sont obligés de faire pour exercer leur métier.

...

Jamais un rêve n'est trop grand. Il rentre partout, même dans la plus petite chambre d'enfant. Il n'appartient qu'à moi, et je ne le perdrai jamais.

...

Il n'y a contre l'amour aucune médication possible. Et les amours malheureuses sont des cas désespérés.

...

- Tu me plais.

- Oh ! j'en suis heureux, dis-je, et puis-je savoir pourquoi ?

- Parce que tu t'es rendu compte que tu me dérangeais et que tu es parti aussitôt. La plupart des adultes savent faire la remarque quand les enfants les dérangent, mais ils sont incapables de se rendre compte qu'ils peuvent aussi déranger les enfants.

23:48 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature allemande, Littérature jeunesse, young adult, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

Les commentaires sont fermés.