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01/06/2012

Les petits ruisseaux de Rabaté

Editions Futuropolis - 94 pagesles petits ruisseaux.jpg

Présentation de l'éditeur : Rabaté signe un album d'une rare humanité. Un bonheur de vie. Rien de moins. Y a quoi devant quand tout est derrière ? Chaque jour, Edmond et Pierre, deux petits vieux, s'installent au bord de la rivière pour pêcher. Ils font de temps à autre des pauses pour casser la graine ou boire un coup de blanc. Et parfois, ça mord un peu. Le temps s'écoule ainsi, au rythme des prises. Le soir, chacun rentre chez lui. Edmond retrouve son chat, et Pierre parle à la photo de sa femme décédée d'un cancer. Un jour, Edmond apprend à son ami qu'il a rencontré quelqu'un, grâce aux annonces qu'il lit depuis quelques temps. Et là, il semble que ce soit la bonne personne. « C'est pas parce que l'on a passé l'âge de la gaudriole épicée qu'il faut faire maigre jusqu'au trou ! ». Edmond lui montre aussi son violon d'Ingres, la peinture. Il s'y est mis après le divorce d'avec sa femme. Il dessine des nus féminins, d'après les pages centrales de Playboy. Pour Pierre, c'est un choc. Impensable pour lui d'imaginer faire la même chose. Le souvenir de sa femme, l'âge... autant de freins à une vie aussi libérée. Alors que Pierre rumine ces sombres pensées, Edmond, de retour chez lui, meurt, terrassé par une crise cardiaque. Pierre, bouleversé par ces événements et la mort de son ami, décide alors de reprendre sa vie en main... Léger et drôle quand il s'agit de croquer la vie de village, Rabaté sait se faire plus grave lorsqu'il s'interroge sur le sens que pourrait avoir l'existence alors que le dernier acte est sur le point de se jouer. Son dessin, à l'image de son récit, est incisif, juste et sensible.

Les petits ruisseaux est un bijou du neuvième art qui a érigé Rabaté au rang de ces auteurs dont je guette la production avec avidité, à l'instar d'un Davodeau dans la même partie pour ne citer que lui, ou d'un Irving pour ce qui est du roman. Dans ce récit qui nous promet sexe, drogue et rock'n'roll, c'est davantage de la tendresse et une intense humanité que l'on découvre avec délice. L'histoire nous offre un éclairage touchant sur cette période de la vie qu'on catalogue trop vite comme le déclin, le dernier chapitre, le premier pied dans la tombe. Mais ceux que l'on appelle les vioques et dont on pense qu'il ne font plus rien qu'attendre la fin peuvent se révéler bien plus audacieux que ceux dit dans la force de l'âge. On rit, on pleure, on s'étonne, bref on est remué et on en redemande.

Cet album est bourré de poésie, d'espoir, de vie. Son authenticité a d'ailleurs fait mouche puisque l'auteur a obtenu une véritable avalanche de prix : le Grand Prix de la Critique Bandes Dessinées 2007, la Mention spéciale Prix des libraires de bande dessinée 2007 et le Prix du meilleur album 2006 du journal Le Point, mais surtout un accueil plus qu'enthousiaste du public et une adaptation cinématographique, rien de moins.

Laissez-vous porter sans hésiter là où vous ne vous y attendez pas. Impossible que vous le regrettiez.

23:42 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Citation, Culture, Littérature française, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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