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Demande à la poussière de John Fante

Christian Bourgois Editeur - 272 pagesculture,littérature,livre,citation,roman,biographie,etats-unis,usa

Présentation de l'éditeur : « On découvre dans Demande à la poussière une bourrasque littéraire qui conte les aventures d'Arturo Bandini, Rital du Colorado. Dans la lignée de Faulkner, et avant Charles Bukowski ou Jim Harrison, Fante ouvre une piste balayée par les poussières chères à l'Ouest sauvage. Elle se termine sur l'océan Pacifique, après moult détours, cuites et amours sans lendemain. Arturo Bandini, c'est l'alter ego de John Fante, fils de maçon bouillonnant, arpenteur de la dèche, écrivain avant tout. Arturo Bandini, c'est aussi toute l'enfance de l'immigré italien, la misère, l'humiliation de la mère trompée, les raclées du père. Les romans de Fante sentent la chaleur écrasante ou le froid mordant, les routes interminables, les chambres d'hôtel moites et les amoureuses sensuelles. » - Sophie Cachon, Télérama

J'ai tendance à me tourner vers les auteurs évoqués dans des livres que j'adore. C'est ainsi que le génialissime La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli m'a mis le nom de John Fante à l'oreille. Ayant croisé ce nom à quelques autres reprises, je me suis décidé à suivre mon envie de découverte.

Verdict ? Mouaif. Un peu la même sensation qu'avec Graham Greene chaudement recommandé par mon cher John Irving. Entendons-nous bien, ça se lit mais de mon point de vue, rien de vraiment exaltant. D'autant que dans Demande à la poussière, le héros a eu le don de m'exaspérer : impuissance, prodigalité crasse et entêtement dans l'absurdité des relations ont mis mes nerfs à rude épreuve. J'avais envie de rentrer dans les pages de mon livre pour le secouer très fort et lui hurler "mais c'est quoi ton problème, expèce d'abruti ?!".

Alors certes, le style, si ce n'est unique, est très particulier et n'est pas sans rappeller les plumes de Bukowski ou Harrison comme évoqué en jaquette. Malheureusement à mes yeux, le style ne suffit pas. En fait, je n'accroche pas vraiment avec tous les grands classiques américains tels que Faulkner, Fitzgerald, Kerouac, Hemingway... censément incontournables. Fante rejoint ce triste lot mais je ne suis pas moint amoureuse de littérature américaine mais par le truchement d'Irving, Tropper, Maupin et autres Frey.

Extraits :

Je prends les marches qui descendent le long du funiculaire d'Angel's Flight jusqu'à Hill Street : cente quarante marches comme un grand, les poings serrés, peur de personne, d'aucun homme au monde, mais alors par exemple une peur bleue de traverser le Tunnel à pied, celui de la Troisième Rue. Claustrophobie. Et peur de l'altitude aussi, peur du sang et des tremblements de terre ; à part ça, plutôt brave, peur de rien sauf de la mort, sauf de la foule, de l'appendicite, des troubles cardiaques, oui, même de ça : tout le temps dans ma chambre, réveil en main, doigt sur la jugulaire, à me compter les battements de coeur, à épier les bruits suspects et sonder les gargouilllis au fond de mon estomac. A part ça, comme j'ai dit, plutôt téméraire.

...

On a tout fumé jusqu'à s'en brûler les doigts. Ensuite j'en ai roulé deux autres. Au milieu du second ça a commencé à venir, une sensation de flottement, comme si on décollait ; cette joie et ce triomphe qu'on peut avoir sur l'espace, cette extraordinaire sensation de pouvoir. Je rigolais comme un petit fou et tirais de plus belle sur ma drôle de cigarette. Quant à elle, elle restait allongée là avec la même langueur froide sur la figure que la nuit d'avant, cette même passion cynique. Mais moi je m'en battais l'oeil, je n'étais déjà plus là dans la pièce, sorti des limites corporelles, à la dérive dans un monde éclairé de lunes et clignant d'étoiles. J'étais invincible.

Commentaires

  • Mon livre préféré de Fante est Mon chien stupide. J'ai un peu moins accroché à tous les autres que j'ai lu.

  • Je note mais pas pour tout de suite ;)

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