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07/04/2012

Un portrait de Jane Austen de David Cecil

Editions Payot & Rivages - 286 pagesun portrait de Jane Austen.jpg

Présentation de l'éditeur : Si les romans de Jane Austen (1775-1817) sont encore très lus - et très "vus" quand ils sont portés à l'écran -, on ignore généralement tout de cette fille de pasteur qui a grandi dans une famille nombreuse issue de la gentry et qui, demeurée célibataire, a toujours vécu avec sa mère et sa soeur Cassandra. Elle écrivait très discrètement sur un coin de bureau et son premier roman publié, Raison et Sentiments, ne l'a été qu'en 1811, signé d'"une dame" parce qu'elle ne cherchait pas la célébrité." Cette jeune dame, écrit pourtant Walter Scott, a le don le plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de rencontrer pour décrire les relations, les émotions et les personnages de la vie ordinaire." Car pour comprendre le génie de Jane Austen il faut se souvenir qu'elle est fille de l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle : elle a gouverné son existence et sa plume en conciliant précisément la raison et les sentiments selon un solide bon sens épicé d'un humour à toute épreuve. David Cecil (1902-1986), aristocrate britannique et professeur de littérature anglaise à Oxford, a publié en 1978 ce portrait littéraire considéré aujourd'hui comme un classique. II replace admirablement son personnage dans son époque et reprend de larges extraits de sa correspondance, presque inédite en français. Renonçant à toute lourdeur universitaire au profit de la sensibilité et du plaisir, il fait de cette biographie subtile et amusée un vrai roman à la Jane Austen...

Mansfield Park, Persuasion, Lady Susan, Northanger Abbey, Raison et sentiments, Emma, Orgueil et préjugés... La totalité des textes de Jane Austen (à l'exception de ses oeuvres de jeunesse et de ses textes inachevés) m'ont littéralement subjuguée. Cette véritable passion littéraire est même venue à bout de mes réticences en matière de lecture de bio et autres essais. Peut-être est ce là le secret de ces lecteurs de pavés historiques : se pencher sur une existence ou une période qui a le don de fasciner.

Quoiqu'il en soit, c'est avec une excitation non dissimulée que je me suis plongée dans la vie de cette plume qui trône dans mon top ten. Malheureusement, il ne reste que peu d'éléments permettant de connaître plus avant cette femme, singulière à sa façon et tout à la fois profondément de son époque et de son rang. Malgré une correspondance et des témoignages comptés, David Cecil réussit ici la performance de nous éclairer sur Jane Austen. Il parvient même à nous donner presque la sensation de lire un texte supplémentaire de cette auteur incontournable des lettres anglaises.

Quelle délectation de parcourir les quelques mots de ses relations épistolaires où l'on reconnaît le style de la romancière mais où l'on découvre un peu de sa personnalité intime ! Les inconditionnels de la figure de proue de la littérature victorienne doivent, si ce n'est déjà fait, absolument se jeter corps et âme dans cette biographie fascinante de référence qui, si besoin était, incite follement à la relecture de cette oeuvre trop courte.

Extraits :

Les bonnes manières relèvent si bien du bon sens,

Que les unes et l'autre sont indissociables.

George Savile

...

Rares et particulièrement satisfaisantes sont les sociétés qui réussissent, même de façon discontinue et imparfaite, à allier le bon sens, les bonnes manières, une intelligence cultivée, une piété tempérée par la raison et un solide sens de l'humour.

Une telle société convenait parfaitement à Jane Austen.

...

"J'ai passé une très agréable soirée, cependant, bien que tu n'y puisses découvrir aucune raison ; c'est que je ne pense pas nécessaire d'attendre, pour goûter aux satisfactions de la vie, d'avoir une bonne raison de le faire."

Même si elle devait se contenter de partenaires mal assortis, Jane Austen s'efforçait de prendre plaisir à la soirée. Dans les phrases comme celle-là, elle nous rappelle Sydney Smith. Ainsi déclare-t-il : "J'estime et j'ai toujours estimé que choisir entre la vie et la mort est infiniment moins important qu'on ne le pense généralement ; mais si l'on choisit la vie, alors le bon sens exige que l'on s'amuse avec les meilleurs compagnons que l'on puisse trouver, et en toutes circonstances."

...

Non sans ironie, elle note que la nature humaine est imprévisible : "Personne, s'écrie-t-elle ne correspond jamais à nos attentes, ni dans ses sentiments, ni dans ses actes, ni dans ses joies, ni dans ses souffrances !"

...

"Mme Ferrars était (...) une personne laconique car, contrairement à la plupart des gens, elle ajustait ses paroles à la quantités de ses idées."

Ce passage illustre d'autres aspects caractéristiques du génie à l'oeuvre dans les romans de Jane Austen : le portrait au vitriol associée à la délicatesse du style, (...).

...

"Peux-tu seulement imaginer Mars Holder morte ! La pauvre femme a fait la seule chose au monde qui était en son pouvoir pour nous forcer à cesser de nous moquer d'elle.

14:32 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Citation, Culture, Essai, Littérature anglaise, Livre, Roman épistolaire, journal | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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