Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

658 de John Verdon

Editions Grasset - 441 pages658.jpg

Présentation de l'éditeur : Ancien alcoolique reconverti en gourou pour milliardaires dépressifs dans une clinique très privée, Mark Mellery reçoit un jour une lettre anonyme, lui demandant de se prêter à un petit jeu d'esprit à première vue inoffensif... Mais l'énigme ne tarde pas à prendre une tournure sanglante et terrifiante. Appelé à résoudre une enquête en apparence insoluble, semée d'embûches et d'indices trop flagrants pour être honnêtes, le légendaire inspecteur David Gurney, jeune retraité du NYPD bientôt rattrapé par les démons de l'investigation, se lance aux trousses d'un meurtrier aussi inventif que machiavélique pour qui le décompte macabre ne fait que commencer...

Je me surprends à lire de plus en plus régulièrement des polars, romans noirs et autres thrillers. Bon, je dois quand même relativiser mes statistiques en précisant que je dois être à un roman policier lu pour une quinzaine de romans tout court. Le style meurtre-enquête-frissons n'aura jamais ma préférence du fait que même si je tombe sur une perle littéraire du genre, je suis toujours un peu déçue à la fin. Le dénouement ne me satisfait jamais dans le sens où il ne peut pas vraiment y avoir d'explication crédible face à l'horreur engendré par un ou plusieurs déséquilibrés, aussi fictifs soient-ils. Par ailleurs, ces romans, pour peu qu'ils soient bien écrits et bien construits, ont une particularité qui, à mes yeux, est autant un atout qu'une faiblesse : ils sont l'essence même du page-turner. Alors certes, l'on est happé par l'intrigue et on ne lâche pas le bouquin tant que l'on ne connaît pas le fameux coupable ou que l'on n'a pas résolu le mystère. Mais de fait, quand on s'engage dans ce type de lecture, l'on ne fait plus que ça et on les finit trop vite. Cela n'engage évidemment que moi au regard des chiffres de vente du rayon policier.

Quoiqu'il en soit, 658, tout polar qu'il soit, compte à mon avis au nombre des très bons textes de cette littérature. L'idée d'un tueur qui torture mentalement ses victimes en prétendant pouvoir lire dans leurs pensées est très angoissante et très bien exploitée. Le suspens est à son comble et si l'on peut nourrir de multiples soupçons, impossible de connaître la vérité avant seulement quelques paragraphes précédant la grande révélation. L'ensemble est très bien écrit, ce qui ne gâche pas le plaisir de ce scénario diabolique qui est la toute première production de l'auteur. Coup de chapeau et de projecteur.

Extrait :

 - Les rôles dominent qui dominent nos vies, commença Mellery sans préambule, échappent à notre contrôle. Les besoins qui nous gouvernent implacablement sont ceux dont nous sommes le moins conscients. Pour être heureux et libres, nous devons voir les rôles que nous jouons tels qu'ils sont, et mettre au jour nos besoins cachés.

Il parlait avec calme et simplicité, et il avait toute l'attention de son auditoire.

- Le premier écueil dans notre recherche sera la conviction que nous nous connaissons déjà nous-mêmes, que nous comprenons les motifs de nos actes, que nous savons pourquoi nous percevons de telle ou telle manière la situation qui est la nôtre et les gens qui nous entourent. Pour faire des progrès, il importe que nous ayons l'esprit plus ouvert. Découvrir la vérité sur soi-même nécessite que je cesse de proclamer que je la connais déjà. Jamais je n'enlèverai le rocher qui me barre la route si je n'arrive pas à le voir pour ce qu'il est.

Les commentaires sont fermés.