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  • Cinq milles kilomètres par seconde de Manuele Fior

    Editions Atrabile - 144 pagesculture,littérature,livre,bande dessinée,BD,italie

    Présentation de l'éditeur : L’histoire d’amour entre Piero et Lucia, que l’on retrouve à différents moments de leur vie dans Cinq mille kilomètres par seconde, se présente comme le portrait d’une certaine génération : celle qui, instable et sans repère, se trouve aujourd’hui dans la trentaine. Séduite par des milliers de modèles de vie possibles, elle ne sait en trouver un qui lui convienne. En le cherchant, elle s’aventure dans le monde, emprunte de nouveaux chemins, et s’égare. L’amour, idéalisé par l’éloignement, trompé par l’illusion de moyens de communication de plus en plus rapides, se transforme, s’épuise, et révèle alors la cruauté de son visage. Sous des auspices intimistes, Cinq mille kilomètres par seconde est un ouvrage ambitieux qui nous promène dans le monde et dans le temps. Cette fresque introspective est illuminée par les aquarelles à couper le souffle d’un Manuele Fior qui atteint ici une maturité graphique impressionnante.

    Voici une jolie bien que triste réflexion sur les choix de vie, d'amour et d'amitié. Plus que l'histoire, c'est la couleur, somptueuse, qui m'a particulièrement touchée dans cet album. Malgré tout, je m'attendais à quelques chose de plus poignant de la part du Fauve d'or d'Angoulême 2011. Le sentiment nostalgique omniprésent ne m'a pas bouleversée, les personnages ne m'ont pas émue. En bref, mon oeil a apprécié mais mon coeur n'a pas vraiment été saisi.

  • Le goût du paradis de Nine Antico

    le goût du paradis.jpgEditions Les Requins Marteaux - 102 pages

    Présentation de l'éditeur : Sélectionné pour le prix du meilleur premier album à Angoulême en 2009, l'ouvrage pourrait se lire comme une version moderne des Mémoires d'une jeune fille rangée, transposées dans une banlieue du 93. Comment trouver sa place quand on est une gentille fille à papa, blanche de surcroît, tiraillée entre sa bonne éducation et une fascination voluptueuse pour les petits caïds de la cité ? Il y a d'abord la petite fille qui se rêve en femme et « fait la drague contre l'arbre » de la cour d'école. Puis vient l'adolescente qui s'ennuie ferme le dimanche en famille, préoccupée par les garçons, la boom de Soizic et les moyens pour gagner l'amitié de Nanou, la fille charismatique du lycée. C'est tout une époque, celle des années 90, qui jaillit de cette joyeuse effervescence de culture populaire et urbaine, où sont convoqués, pêle-mêle, le tiercé de Guy Lux, Hélène et les garçons, Barbie, les dimanches de Jacques Martin, Carlos et Rondo Véneziano... Nine Antico nous charme par une écriture inventive et un sens aigu de la saynète, percutante et souvent hilarante. Son dessin tout en rondeurs et arabesques, qui évoque plus qu'il ne fige, trouve sa singularité dans la parfaite synthèse entre le rétro de la belle époque, l'art urbain des tags, le psychédélisme des seventies et la sensualité onirique d'un Guido Crepax.

    Je n'irai pas par quatre chemins, je n'ai pas du tout aimé lire cette bd. Autant, suite à la recommandation de Pénélope Bagieu, j'avais été infiniment séduite par le Vacance de Cati Baur, autant l'emphase de Mademoiselle Jolicoeur concernant Le goût du paradis me semble un poil exagérée.

    Alors certes, l'on se reconnaît dans nombre des épisodes adolescents enfantins/adolescents de l'auteur mais je n'ai pas du tout adhéré au style. Si je n'ai rien à dire concernant le dessin - même si je ne peux pas dire que j'adore -, il y a à mon goût un gros gros travail à faire du côté du texte.

  • Rentrée littéraire : L'Attrape-Livres de F. Rivière et F. Rébéna

    Ou la vie très privée d'une maison d'éditionculture,littérature,livre,rentrée littéraire,bande dessinée,bd,biographie,citation

    Editions Robert Laffont - 91 pages

    Texte : François Rivière

    Dessin : Frédéric Rébéna

    Présentation de l'éditeur : L'aventure commence à Marseille, en 1941, où un jeune homme de 24 ans quitte la voie toute tracée de son existence (HEC, une "bonne situation" dans l'industrie maritime) pour se lancer sur "le chemin qui mène le plus sûrement à la ruine" (dixit son ami Guy Schoeller, avec lequel, trente-huit ans plus tard, il créera la prestigieuse collection "Bouquins") : l'édition. Comme les "grands" (Gallimard, Grasset...), Robert Laffont donne son nom à la maison qu'il fonde, choisit pour sigle un dauphin chevauché par le poète Arion afin de porter ses (futurs) auteurs aux rives de la renommée, et acquiert une lourde presse en ces temps de guerre où la pénurie de papier rend les lecteurs avides de tous les livres qu'ils peuvent se procurer. Le premier qui en sort est un classique, l'Oedipe Roi de Sophocle. Soixante-dix ans plus tard, bon pied bon œil, Arion et son dauphin ont résisté aux tempêtes, accompagné 5280 auteurs, fait découvrir au public plus de 8700 titres ouverts sur tous les horizons, et dans tous les genres. Derrière chacun de ces livres que, depuis soixante-dix ans, le lecteur tient entre ses mains, palpite toute une vie - des métiers, des idées, des rencontres, des passions et des hommes. C'est dans les coulisses de cette vie que nous invitent Rivière & Rébéna, des débuts des Editions Robert Laffont à nos jours. On croise des écrivains légendaires (Graham Greene, Dino Buzzati...), quelques grands de ce monde (Eisenhower, Churchill, de Gaulle...), les auteurs d'hier et d'aujourd'hui, diversement illustres mais également talentueux, qui font la force d'une maison. On apprend la "petite histoire" des œuvres emblématiques (L'Attrape-cœurs, Paris brûle-t-il ?...). On célèbre un succès à ce jour inégalé (Papillon). Mais on pousse aussi la porte du comité de lecture, on assiste à une réunion de représentants, on entre dans le service de presse, on s'agace avec Robert Laffont de la politique des prix littéraires, on suit les premiers pas de l'"Ecole de Brive", de "Pavillons", d' "Ailleurs et Demain", on part en Inde avec Dominique Lapierre pour un voyage de presse historique... Porté par la plume de Rivière et le dessin de Rébéna, particulièrement inspirés, le lecteur embarque dans un voyage passionnant au cœur de plus d'un demi-siècle d'histoire de l'édition et de la littérature.

    A l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la maison d'édition et une année après le décès de son fondateur, l'une des plus prestigieuses maisons du livre s'est offert un roman graphique hommage à Robert Laffont, retraçant l'histoire de sa boîte d'édition éponyme. Malheureusement, la révérence est un peu décevante, tant au niveau du fond que de la forme. Non seulement le contenu n'est qu'une succession chronologique des grands noms et des titres mais le contenant dégage une odeur nauséabonde et la couverture se décolle avant même l'achèvement de la première lecture (ironie puisque Robert Laffont loue en page 56 un procédé de reliure solide et durable datant de 1977). Aucune passion, ce qui semble paradoxal quand il s'agit de faire l'éloge d'un passionné. Je pense que l'intéressé aurait été davantage déçu que flatté. Sans compter qu'il s'agit d'un produit qui n'a réellement d'intérêt que pour les gens du milieu voire uniquement pour le personnel de la maison Laffont. Un joli ratage en somme.

    Une maison d'édition a une vie propre, comme un être : elle a un visage ; elle connaît des maladies, des crises de croissance, des déceptions, des joies.

    Robert Laffont

  • Rentrée littéraire : Breakfast on Pluto de Patrick McCabe

    breakfast on pluto.jpgAsphalte Editions - 201 pages

    Présentation de l'éditeur : Patrick, fils illégitime du curé de Tyreelin, est abandonné à la naissance. Très tôt, il comprend qu'il est une fille dans un corps de garçon : il ne tarde pas à se travestir et à se faire appeler Pussy... A la mort de son amant et protecteur, un politicien victime du conflit irlandais, Pussy part pour le swinging London, où elle recherche le bonheur et sa mère biologique, en se prostituant à Piccadilly Circus pour survivre. Mais sur la capitale anglaise plane aussi la menace du terrorisme irlandais, et Pussy, sans le vouloir, va se retrouver mêlée à un attentat à la bombe dans une discothèque... Un récit drôle et flamboyant, où la violence et la misère de l'Irlande des années 1970 côtoient les paillettes et le glamour, l'appétit de vivre et d'aimer malgré les hasards de l'histoire et de la nature.

    Abandon en page 79. Et je ne suis allée aussi loin que parce que je n'avais d'autre choix que de patienter une éternité dans la salle d'attente de l'IRM. Je n'ai pas du tout accroché au style ; car incontestablement il y a un style qui ne peut inspirer que des impressions très tranchées : on adore ou on déteste. Malheureusement pour l'auteur (et pour moi), je suis de la seconde classe. Le personnage déjanté, sa désinvolture, sa provocation, sa maladresse, son langage fleuri... Ce tout légèrement accumulatif n'a pas su me convaincre. Too much.

  • Rentrée littéraire : L'arbre au poison d'Erin Kelly

    Editions JC Lattès - 380 pagesl'arbre au poison.jpg

    Présentation de l'éditeur : Au cours de l'été étouffant de 1997, Karen, étudiante brillante et studieuse, rencontre Biba, une orpheline originale qui mène une existence bohème dans une demeure délabrée de Highgate, en compagnie de son frère, Rex. Séduite, Karen se laisse entraîner dans leur univers fascinant et se retrouve mêlée à leur histoire familiale compliquée. Très vite, l'idylle va tourner au cauchemar... Jusqu'à la dernière page, ce roman psychologique, sombre et poétique, tient le lecteur en haleine.

    Un nouveau livre est tombé dans mon escarcelle par l'entremise du désormais médiatique Babelio. Si je me suis attachée à l'occasion de cette rentrée littéraire à ne lire pratiquement que des livres critiqués, L'arbre au poison est l'occasion de me rattraper auprès des moins chanceux du plan de com' mais non moins méritants.

    Erin Kelly nous propose ici un savant mélange de saga familiale, de roman d'amour et de polar. Des personnages construits, une atmosphère singulière et surtout, un sens du mystère particulièrement affûté font de l'ensemble une véritable réussite. L'histoire aux multiples rebondissements - bon, oui, une fois de plus il s'agit d'un page-turner - nous démontre encore et encore si besoin était que tout peut toujours basculer en un instant sans retour possible. L'on est tour à tour enjoué, étonné, horrifié, désabusé, touché, j'en passe et des meilleurs, par ce qui se joue sous nos yeux avec une dose massive de suspens et l'on ne peut s'empêcher de s'interroger sur ce que nous ferions en pareille situation.

    Une approche de la relativité de la morale qui n'est pas s'en me rappeler un autre très bon livre : Le dîner d'Herman Koch.

    Extrait :

    En ce qui me concernait, j'étais encore assez immature pour ne pas être totalement dépouillée de mon innocence et tout juste assez âgée pour me rendre compte de ce qui se passait et l'apprécier pleinement. J'ignorais cependant que l'innocence est souvent confrontée à deux adversaires : l'expérience et la culpabilité.