Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Rentrée littéraire : Eux sur la photo d'Hélène Gestern

Editions Arléa : 273 pageseux sur la photo.jpg

Présentation de l'éditeur : Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer. Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu’elle avait trois ans. Ses indices : deux noms et une photographie retrouvée dans des papiers de famille, qui montre une jeune femme heureuse et insouciante, entourée de deux hommes qu’Hélène ne connaît pas. Une réponse arrive : Stéphane, un scientifique vivant en Angleterre, a reconnu son père. Commence alors une longue correspondance, parsemée d’indices, d’abord ténus, puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant leurs archives familiales, scrutant des photographies, cherchant dans leur mémoire. Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu’on leur avait dit. Et leurs découvertes, inattendues, questionnent à leur tour le regard qu’ils portaient sur leur famille, leur enfance, leur propre vie. Avec Eux sur la photo, Hélène Gestern nous livre une magnifique réflexion sur le secret de famille et la mémoire particulière que fixe la photographie. Elle suggère que le dévoilement d’éléments inconnus, la résolution d’énigmes posées par le passé ne suffisent pas : ce qui compte, c’est la manière dont nous les comprenons et dont nous acceptons qu’ils modifient, ou pas, ce que nous sommes.

Une auteur qui nous livre un premier roman magnifique, voilà la rentrée littéraire comme je l'aime. Certes, le style épistolaire qui m'est si cher (Lady Susan, Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, 84 Charing Cross Road, Les chagrins...) n'y est pas pour rien. Si l'écrivain y adjoint en plus du secret familial, de l'amour et des réflexions sur l'existence, alors il faudrait que l'écriture manque sérieusement de consistance pour que je lâche prise. Ce qui n'est ici évidemment pas le cas. Les échanges par courrier, mail et sms très bien exécutés (rappelons que l'exercice est périlleux) sont cernés de chapitres descriptifs des nouvelles photographies qui s'ajoutent aux découvertes de nos deux détectives en racines familiales. L'écriture est tellement juste que ces clichés ne peuvent faire autrement que de s'imprimer dans la rétine du lecteur qui n'en verra évidemment aucune. La quête de réponses et l'évolution de la relation entre les deux correspondants sont suffisamment addictives pour que le livre se laisse dévorer rapidement et même si l'on avance de manière un peu convenue vers le dénouement, le texte ne démérite à aucun moment et confirme, si besoin était, que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures (ou comment rejeter l'idée que certains sujets littéraires ont été consommés jusqu'à la lie). Une très belle découverte qui mérite d'être poussée.

Les commentaires sont fermés.