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08/09/2011

Rentrée littéraire : Clèves de Marie Darrieussecq

clèves.jpgEditions P.O.L - 344 pages

Présentation de l'éditeur : Solange se demande s'il vaut mieux le faire avec celui-ci ou avec celui-là.

Il y a quelques années, j'ai lu White de Marie Darrieussecq qui, sans m'avoir transportée outre mesure, ne m'avait pas déplu. J'étais pourtant bourrée d'a priori du fait des nombreuses mauvaises critiques que l'on m'avait faites de son Truismes sélectionné comme finaliste du Goncourt 1996. Depuis, je ne m'étais plus intéressée à cette auteur dont j'avais vaguement entendu parler pour une sombre histoire de plagiat. Cette année, dans ma grande (re)découverte des auteurs à succès, je me laisse tenter par ce titre qui me renvoie à un autre que j'avais adoré : La princesse de Clèves.

Au-se-cours. Je n'arrive même pas à comprendre pourquoi, comme cela m'a démangé dès la vingt-cinquième page, je n'ai pas abandonné ma lecture. Outre ce style impersonnel descriptif pseudo-stylisé que j'exècre, c'est atrocement vulgaire. La seule possibilité pour ce texte d'obtenir, selon moi, une récompense, est que l'on invente le Prix du livre qui comporte le plus grand nombre de fois les mots b-i-t-e et c-h-a-t-t-e. Tout ceci pour se faire le reflet de cette jeunesse décadente, cette génération X élevé au porno, qui consomme jeune et abondamment et ignorant tout du sentiment. Sauf que Marie Darrieussecq semble vraiment tout ignorer de cette jeunesse dont elle dresse un portrait peu crédible, exaspérant, profondément inutile et totalement inintéressant. C'est vraiment le livre le plus nul que j'ai lu depuis longtemps. Pour dire, le Mr d'Emma Becker est de la très grande littérature à côté. Un exemple supplémentaire qui illustre la manifeste réalité selon laquelle avec un nom, on peut publier n'importe quoi. Ca me débecte.

Extraits :

"Il y a une maladie", lui dit son père.

Et il s'arrête comme pour se dire à lui-même ce qu'il va dire.

Il est en uniforme, il sent l'odeur de toujours, l'odeur de l'air.

Et on dirait soudain qu'il invente, qu'il invente la maladie.

"C'est une maladie qui tue les gens en H. Les Homosexuels, les Haïtiens, les Hémophiles et les Héroïnomanes."

Elle ne connaît pas la moitié des mots. Homosexuel elle sait, ça veut dire pédé. Pour les filles on dit gouine, mais il n'y en a pas ici (sauf la coiffeuse avec les cheveux très courts et la chaînette à la cheville).

"La vérité, c'est que cette maladie se transmet en baisant. Et tout le monde baise. Tu comprends ? Donc : interdit de baiser."

Elle a peur qu'il se mette à hurler. Qu'il lui interdise en hurlant.

"Tu m'entends ?"

Oui.

Il allume une cigarette. Il est très beau. Très grand, avec son uniforme orné d'un badge en forme d'ailes. Les cheveux très courts, gris aux tempes, et le menton (dit sa mère) volontaire.

"Tu me crois ?"

Ben oui.

"C'est idiot. Aiguise un peu ton sens critique. Tu crois vraiment que je peux t'interdire de baiser ? Il n'y a que ta mère pour croire des trucs pareils. Tout le monde baise? Je baise, tu baises, nous baiserons. Tu sais ce que c'est, ça ?"

Il sort un emballage carré de sa poche, un carré sous lequel on distingue un rond.

"Le premier connard qui te dit que ça ne sert à rien, tu me l'envoies et je lui pètes la gueule.Tu l'obliges à mettre ça. Tu l'OBLIGES, tu m'entends ? Cette maladie, si tu l'attrapes, c'est la mort dans deux ans. J'ai vu des fosses à ciel ouvert. Pour l'hécatombe. On ne peut les voir que d'avion. Et on a ordre de fermer les volets des hublots. Tu comprends ce que ça veut dire ? Tu vas à la pharmacie, et elle t'en donnera. De ma part. Autant que tu voudras."

Il lui reprend le carré des mains, et déchire l'enveloppe.

Il se ravise et le lui rend. Ca sent très fort le caoutchouc.

"Tu t'entraînes sur une banane. Et tu l'OBLIGES, tu m'entends ? Interdit de mourir. Compris ?"

...

"Oui. Mais parfois ne rien faire comme les autres c'est devenu tellement répandu que ça en devient conventionnel. Tu vois ce que je veux dire ? Moi je m'imagine comme j'imagine que les autres m'imaginent et je prends le contre-pied. Je n'essaie pas d'être différente, je le suis, parce qu'être comme les autres pensent que tu es, ou vouloir être comme tu penses qu'ils pensent que tu es, c'est carrément frivole, futile."

11:06 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature française, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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