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  • Le livre noir des serial killers de Stéphane Bourgoin

    culture,littérature,livre,essai,psy,usa,etats-unisEditions Points - 768 pages

    Présentation de l'éditeur : Plongeon abyssal dans la tête de tueurs en série : Stéphane Bourgoin, qui a rencontré plusieurs dizaines de ces "monstres", relate en détail leur histoire, retrace leur profil psychologique et analyse leur personnalité. Au total, une étude approfondie de la vie de six serial killers : du Vampire de Düsseldorf à l'Ogre de Santa Cruz, en passant par le Cannibale de Milwaukee. Âmes sensibles s'abstenir !

    Le spécialiste mondial des tueurs en série nous livre ici les rapports de police et les confessions de six des plus grands monstres de l'histoire. Je n'ai tout simplement pas pu dépasser le troisième portrait. Je crois que je ne voulais pas en savoir davantage sur l'existence de telles horreurs. Les descriptions sont atroces, inconcevables, inacceptables pour un esprit sain. Les personnes désirant s'orienter dans un cursus en criminologie y trouveront certainement des bases enrichissantes, pour les autres, c'est tout simplement insoutenable et ne présente pas grand intérêt si ce n'est générer des angoisses et incruster des images immondes dans l'esprit.

    Je me demande comment l'auteur, dont la compagne fut victime d'un de ces pervers, a pu s'entretenir avec tant de bourreaux sans perdre son calme. Son désir de comprendre l'incompréhensible et son analyse très objective font preuve d'un sang-froid et d'une empathie au-delà de mon entendement.

  • Hunger games de Suzanne Collins

    Editions Pocket Jeunesse - 398 pageshunger games.jpg

    Présentation de l'éditeur : Les Jeux de la Faim. La règle est simple : 24 candidats pour un seul survivant, le tout sous le feu des caméras. Dans chacun des douze districts de Panem, une société reconstruite sur les ruines des États-Unis, deux adolescents sont choisis pour participer aux Jeux de la Faim. Le principe est simple : tuer ou se faire tuer pour remporter l'épreuve et assurer la prospérité de son district pendant un an. Katniss et Peeta sont les « élus » du district Douze. Les voilà catapultés dans un décor violent, semé de pièges, où la nourriture est rationnée et, en plus, ils doivent remporter les votes de ceux qui les observent derrière leur télé... 

    Attention, poids lourd ! Si j'ai tendance à m'enthousiasmer pour la littérature jeunesse, je reconnais que rares sont les livres de cette catégorie, à l'instar de la célébrissime saga Harry Potter, à pouvoir subjuguer le public adulte qui n'en est pas la cible première. Mais là, là, il s'agit bien d'une série pour tous.

    L'auteur réussit avec talent à construire une société qui n'est pas sans rappeler l'univers concentrationnaire de 1984 tout en y incluant les codes de la génération 2011. Mais ici, la télé-réalité n'est plus un jeu, du moins pour les participants qui doivent se plier à des règles repoussées jusqu'à leur paroxysme. Pour autant, il ne s'agit pas de faire étalage de violence gratuite dont le jeune public est abreuvé jusqu'à plus soif, d'où les dérives bien connues de notre époque. Le texte est intelligent, plein d'éthique mais jamais moralisateur. De quoi faire réfléchir le lecteur en le faisant passer par de nombreuses émotions (angoisse, tendresse, révolte, etc.). N'est-ce pas le but d'une lecture enrichissante ?

    Attention tout de même à ne pas le mettre entre des mains trop anxieuses. L'ayant dévoré en une journée, j'ai réussi, du haut de mes 32 printemps, à passer une nuit agitée... Quoiqu'il en soit, j'ai hâte d'assister à l'adaptation cinématographique de ce page-turner qui promet d'être palpitante.

    Je m'en vais de ce pas dévorer le tome 2, puis le 3.

  • Rentrée littéraire : La femme au miroir d'Eric-Emmanuel Schmitt

    la femme au miroir.jpgEditions Albin Michel - 455 pages

    Présentation de l'éditeur : Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, Anny à Hollywood de nos jours. Toutes trois se sentent différentes de leurs contemporaines ; refusant le rôle que leur imposent les hommes, elles cherchent à se rendre maîtresses de leur destin. Trois époques, trois femmes : et si c'était la même ?

    Après Philippe Djian, je continue mon exploration de ces grands auteurs que tout le monde connaît, sauf moi. Non pas que je me sois jusqu'alors refusée à lire les célébrités littéraires mais le libraire a davantage tendance à vouloir pousser les livres qui ne se vendent pas tous seuls en espérant trouver la pépite qui aura échappé à la critique. Je rattrape donc mes lacunes et une fois de plus avec enthousiasme puisque la réputation est méritée.

    Je suis résolument acquise à la cause du récit alterné. Ici, ce sont les voix de trois femmes, de trois époques, qui sont intimement liées dans leur quête existentielle. Leur certitude commune ? Elles ne veulent pas de la vie qu'on leur trace. Parviendront-elles à se réaliser, à trouver l'existence qui reflétera leur moi profond et surtout à la vivre ? C'est cette question lancinante qui nous pousse à tourner page après page avec fièvre.

    Entre philosophie, religion et psychanalyse, Eric-Emmanuel Schmitt fait résonner avec brio des voix de femmes complexes qui, aussi imaginaires soient-elles, ont la dimension de véritables modèles de courage et de détermination pour les femmes d'ici et d'ailleurs. Un écho qui dure bien longtemps après la lecture.

  • Rentrée littéraire : Freedom de Jonathan Franzen

    Editions de l'Olivier - 718 pagesculture,rentrée littéraire,littérature,livre,roman,usa,etats-unis

    Présentation de l'éditeur : Patty a décidé une fois pour toutes d’être la femme idéale. Mère parfaite, épouse aimante et dévouée, cette ex-basketteuse ayant un faible pour les bad boys a fait, en l’épousant, le bonheur de Walter Berglund, de St. Paul (Minnesota). A eux deux, ils forment le couple « bobo » par excellence. En devenant madame Berglund, Patty a renoncé à bien des choses, et d’abord à son amour de jeunesse, Richard Katz, un rocker dylanien qui se trouve être aussi le meilleur ami de Walter. Freedom raconte l’histoire de ce trio, et capture le climat émotionnel, politique et moral des Etats-Unis de ces 30 dernières années, dans une tragi-comédie d’une incroyable virtuosité. Comment vivre ? Comment s’orienter dans une époque qui semble devenue folle ? Jonathan Franzen relève le défi et tente de répondre à cette question, avec cette histoire d’un mariage d’une implacable cruauté. Freedom a bénéficié dès sa sortie d’une rumeur très favorable, et même avant, lorsque le magazine TIME daté du 23 août a consacré sa couverture à Jonathan Franzen (cela faisait tout juste 10 ans qu’un écrivain avait connu une telle visibilité). La presse a tout de suite embrayé, avec des comptes-rendus enthousiastes, notamment Michiko Kakutani, la redoutée critique du New York Times. Et Oprah Winfrey a (finalement !) invité l’auteur à son show, qui est l’émission la plus regardée aux U.S.A.

    Voilà la fresque familiale de cette rentrée littéraire 2011 à ne pas manquer. Au travers de l'histoire de trois générations d'une famille en perdition, Jonathan Franzen nous plonge en filigrane au coeur de l'histoire américaine avec toutes ses contradictions, ses compromis et ses désillusions. C'est certainement le portrait sans concession le plus dénonciateur sur les Etats-Unis qui ait été écrit depuis longtemps. Des personnages complexes, une précision chirurgicale pour décortiquer les idéaux et les états d'âme donnent à ce roman toute sa profondeur. Car Freedom est moins l'étendard américain que le cri du coeur des ces Américains qui luttent dans un système étouffant pour accomplir leur destin et réussir dans cette quête du bonheur bien difficile. Définitivement incontournable.

  • Rentrée littéraire : Vengeances de Philippe Djian

    djian.jpgEditions Gallimard - 192 pages

    Présentation de l'éditeur : Marc, un peintre d’une cinquantaine d’années, est brusquement confronté au suicide inexplicable d’Alexandre, son fils de 18 ans, lors d’une soirée. Un an après, Marc se remet tant bien que mal de la perte de son fils. Il boit encore un peu trop. Elisabeth, sa seconde femme l’a quitté, lassée. Mais il recommence à créer, entouré et soutenu par son agent Michel et sa femme Anne, ses amis depuis 30 ans. Un soir, Marc porte secours à une jeune fille complètement saoule. Elle casse tout chez lui avant de disparaître. Retrouvée par Michel, elle se révèle être la dernière petite amie d’Alexandre, se prénomme Gloria et n’a pas de domicile. Espérant confusément réparer la mort de son fils, Marc lui propose de l’héberger. Gloria, sauvage, solitaire et démunie, accepte la proposition sans un remerciement ni un sourire. Michel se méfie aussitôt d’elle. Il la suspecte de vouloir se venger de Marc qu’elle estime responsable de la mort d’Alexandre. Mais ce sera Michel, la première « victime » de Gloria. Elle l’aguiche et sème la zizanie dans son couple. Dans une atmosphère de suspicion de plus en plus grande, le peintre, Gloria, l’agent et sa femme partent plusieurs fois en week-end. A la fin de l’automne, peu après l’une de ces excursions, Gloria disparaît. Elle est retrouvée trois jours plus tard dans le coma, violée et battue… L’enquête de police échoue, mais Marc croit savoir qui a agressé Gloria et décide de se charger personnellement de le confondre.

    Première rencontre avec cet écrivain que je n'avais appréhendé que par le biais de l'adaptation BD par Jean-Philippe Peyraud de Lui (je ne sais pas ce que vaut le roman mais la bande dessinée m'a fortement déplu et je n'y ai rien compris). Première vraie impression satisfaisante. Ce page-turner psychologique est incontestablement sombre mais pas déprimant. L'histoire est aussi étrange dans son fond que dans sa forme (alternance de narration, drôle de ponctuation).

    S'il s'agit de l'expression d'un choc générationnel où les parents boivent et les enfants trinquent, où chacun affronte ses démons seul et désenchanté, j'en retiens personnellement davantage la trame amicale. Une chose est sûre, déliquescence semble être le fondement de la littérature djianesque. Il n'y a pas que les histoires d'amour qui finissent mal en général.