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  • Rentrée littéraire : Feu de camp de Julia Franck

    A paraître le 7 septembre 2011feu de camp.jpg

    Editions Flammarion - 330 pages

    Présentation de l'éditeur : Berlin-Est, fin des années soixante-dix : une jeune femme dont la beauté classique et la tranquille détermination suscitent partout la curiosité a obtenu de passer à l'Ouest avec ses deux enfants Aleksej et Katja. Après avoir affronté les mille et une menaces et humiliations qu'infligeait la RDA à ces candidats au départ, voici Nelly Senff au pays de l'abondance et de la liberté. Mais l'Ouest, c'est d'abord pour les réfugiés la promiscuité d'une chambre partagée avec des inconnus au camp de Berlin Marienfelde et un avenir incertain. Sans compter les interrogatoires soupçonneux et sans fin de la CIA. Feu de camp est un témoignage captivant de l'Allemagne contemporaine, un vrai bonheur d'écriture et un roman bouleversant du début à la fin.

    Abandon en page 152. Oui, étrange de laisser tomber aussi loin. Ce roman n'a rien de déplaisant si ce n'est la dureté du sujet. Je n'avais tout simplement pas envie, au moment précis où je l'ai lu, de continuer à lire quelque chose d'aussi grave dans sa tonalité. Il vaut certainement le détour mais mauvais timing entre nous.

  • Rentrée littéraire : Ces âmes chagrines de Léonora Miano

    ces âmes chagrines.jpgA paraître le 18 août 2011

    Editions Plon - 289 pages

    Présentation de l'éditeur : Né dans l’Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n’arrive pas à surmonter la rancœur qu’il nourrit envers sa mère, coupable de ne l’avoir pas assez aimé. Elle l’a laissé en pension alors qu’il n’avait que sept ans et envoyé passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien où il ne s’est jamais senti à sa place. Par ailleurs, il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d’affection que lui. Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l’ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile. Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s’effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même…

    Et un roman excellent de plus de la rentrée littéraire 2011, un ! Léonora Miano nous propose avec talent l'histoire d'un homme en mal de racines, en mal d'amour et ce pour deux raisons : l'histoire de sa propre famille et l'histoire de ses origines afropéennes. Des thématiques qui m'ont quelque peu rappelé le Bamako Climax d'Elizabeth Tchoungui quoique dans un tout autre style ainsi que Le journal de mon père de Jirô Taniguchi pour ce qui est des perceptions émotionnelles parfois très relatives sur lesquelles on se bâtit mais qui n'en font pas moins le vrai soi. L'auteur nous démontre avec talent que la dureté voire la méchanceté humaine sont parfois excusables et en rien définitives et nous offre un formidable message d'optimisme quant à la non inexorabilité du mal-être quand on cherche sa place et que l'on est envahit par la colère.

    L'interview de l'auteur à propos de Ces âmes chagrines.

  • Rentrée littéraire : Le dernier testament de James Frey

    A paraître le 24 août 2011le dernier testament.jpg

    Editions Flammarion - 384 pages

    Présentation par l'auteur : « Dans ce livre, j'essaye d'imaginer l'histoire telle qu'elle serait si le Messie, ou Jésus-Christ, était toujours vivant et vivait à New York en plein XXIe siècle. À quoi est-ce qu'il ressemblerait, en quoi est-ce qu'il croirait, comment est-ce qu'il vivrait ? Il aurait des liaisons avec des hommes, engrosserait les filles, il soignerait les malades et pratiquerait l'euthanasie… Et vous, que feriez-vous si vous le rencontriez ? Mon but n'était pas de réécrire l'histoire du Christ. Je voulais créer une nouvelle mythologie, une qui ait du sens dans un monde d'armes nucléaires, de connaissances scientifiques avancées, d'Internet, de tests et de manipulations génétiques, un monde où l'on ne considère plus l'homosexualité comme un choix. Ce que je voulais, c'était raconter une histoire, faire une oeuvre d'art qui prenne tout son sens dans un monde sur lequel nous savons des choses que les gens ou les écrivains ne pouvaient pas savoir, ni même imaginer, il y a 2000 ans. Ai-je atteint mon but ? Les lecteurs, le temps, et l'Histoire me le diront. »

    Voilà un roman qui va faire parler de lui. En bien comme en mal.

    A sa lecture, je n'ai pas pu ne pas penser à L'évangile de Jimmy de Van Cauwelaert pour le fond - le retour du messie - et à Peste de Palahniuk pour la forme - une biographie sous forme d'interviews. Un croisement qui ne pouvait être qu'une réussite. La preuve ? Je n'ai pas lâché le bouquin. Toutefois.

    Une histoire mystérieuse, des personnages captivants et des messages de paix et d'amour ne suffisent pas tout-à-fait à crédibiliser le récit. Pourtant, l'auteur se donne du mal en donnant à son livre, par le truchement de l'épigraphe et des remerciements, un air de témoignage plutôt que de roman. Mais au final, l'on ne peut tomber dans le panneau tant son messie, blasphémateur de toutes les religions et critique impitoyable de la société (ça, c'est la partie crédible du message qui ne manquera pas de provoquer des remous chez les plus fanatiques), s'érige comme un énième gourou au message manichéen : faites l'amour (surtout avec moi), pas la guerre. Le côté provoc' anéantit un peu l'effet recherché et dérangera sans doute une part trop large du lectorat pour en faire un véritable best-seller.

    Quoiqu'il en soit, les dénonciations et les rappels à l'ordre de l'humanité, quoiqu'un peu simplistes, trouvent écho. Si James Frey ne révolutionne pas le genre, il est irrévérent à souhait et rappelle des fondamentaux qui ont bien besoin d'être rabâchés. Au final, ce livre engagé est étrangement fascinant et compte selon moi parmi les incontournables de cette rentrée, même s'il n'est pas à mettre entre toutes les mains.

  • I am sterdam

    Globe-trotter, ça ne s'improvise pas. D'aucuns pensent que l'exploration de lointaines contrées nécessite une certaine préparation, tant sur les plans matériel que psychologique. Et ils n'ont pas tort. Mais permettez-moi d'ajouter que c'est une vision quelque peu restrictive de la réalité du voyageur.

    culture,voyage,expo,peinture

    Car oui, disons-le haut et fort (ndlr : ne voir ici que la formulation d'une expression populaire et non un placement publicitaire de la plateforme accueillante), la découverte d'un territoire limitrophe ou quasi n'est pas non plus une sinécure et peut occasionner de bouleversantes surprises chez l'utilisateur.

    Tout ceci concerne évidemment le voyageur novice qui, aussi incroyable que cela puisse paraître à l'heure de la mondialisation et du tourisme de masse, existe irréductiblement. J'en sais quelque chose, j'en suis.

    Ainsi, quand tu voyages peu (ndlr : j'insiste, c'est possible) voire pas, tu ignores certaines règles du taillage de route.

    Par exemple, comme tu n'es pas à proprement parler une traveleuse et que de surcroît, tu n'as habituellement pas le standing (financier s'entend) de la first, tu ignores que durant le voyage, comme en avion, on va te servir un repas ET un petit goûter PLUS boissons à volonté. Du coût, tu te trimballes depuis le départ une maxi bouteille d'eau bien pleine donc bien lourde en sus de ton paquetage et tu te fourvoies inutilement (diététiquement et pécuniairement) juste avant le départ au Mc Crado de la gare du Nord.

    De même, au retour, tu arrives deux heures à l'avance à la gare parce que tu n'en peux plus de te colter ton sac et d'affronter le vent glacial et la pluie estivaux typiquement amtellodamois ; gare envahie qui ne te laisse que peu d'options pour ta posture d'attente : debout (raahh) ou assis par-terre sur du carrelage (brrr). Tu optes pour le sol sale et froid pendant une petite vingtaine de minutes, tu passes devant une salle lounge pour te rendre aux toilettes où tu dépenses les cinquante cents réglementaires pour y accéder. Tu repasses devant une salle lounge pour retrouver ton sol sale et froid et au bout de cinq minutes, tu te dis que tu vas aller demander à la salle lounge combien il faut payer pour le confort de l'attente. C'est là que le calvaire devient un rêve bleu, je n'y crois pas, c'est merveilleux. Parce qu'au moment où tu baragouines, dans un mauvais anglais de Français qui ne voyage que peu ou pas donc, pour savoir quelles sont les conditions pour accéder au salon, l'hôtesse t'annonces qu'il te suffit de posséder des billets de première, ce qui, ô miracle, est le cas. Et de te répandre dans les canapés, devant les écrans ou sur internet ou en lisant la presse, à siroter les boissons à volonté, pissant gaiement dans des gogues rutilants, en te félicitant de cette nouvelle découverte concernant le voyage grand luxe...

    Mais tout ceci ne concerne que le voyage au sens transport du terme. La découverte in situ de cet ailleurs qui n'est pas chez toi constitue également une source d'étonnements à répétition.

    Tu es donc interdite de constater que le Hollandais a inventé les toilettes qui font jamais plouf.

    Tu es déconcertée par la circulation massive de trams et de vélos aux règles suffisamment impénétrables pour te donner de multiples occasions ainsi qu'à ton acolyte, de vous sauver l'un l'autre la vie.

    Tu es passablement déroutée par ton premier petit-déj' en découvrant que dans cette contrée, les croissants ont un goût de bretzel.

    Tu es interloquée par la difficulté à s'habituer aux sonorités d'une autre langue :

    Où va-t-on maintenant ?

    Rue leader price. (leidsestraat, donc)

    Enfin, tu es estomaquée par le nombre de fois où tu passes pour un guignol. Comme cette fois où, dans un restaurant, tu tentes d'expliquer que tu ne comprends pas la carte en langue locale et pour ce faire, tu commences par dire que "i am french..." et de te voir répondre du tac-au-tac "congratulation".

    Mais définitivement, le plus déroutant quand tu quittes ton "chez toi", c'est bien d'y remettre les pieds. En particulier à Paris, en d'autres termes Gogoland, par exemple à l'hôtel La croix de Malte que tu payes la peau des fesses, qui est minuscule, sale et dont la fenêtre donne sur un parking deux roues.

    Ndlr : sinon, Amsterdam, c'est génial, c'est beau, c'est paisible, bref, ça vaut grave le détour.

  • Rentrée littéraire : Stoner de John Williams

    stoner.jpgA paraître le 31 août 2011

    Editions Le Dilettante

    Présentation de l'éditeur : Né pauvre dans une ferme du Missouri en 1891, le jeune William Stoner est envoyé à l’université par son père, et au prix de quels sacrifices, pour y étudier l’agronomie. Délaissant peu à peu ses cours de traitement des sols, ce garçon solitaire découvre les auteurs, la poésie et le monde de l’esprit. Il déçoit les siens, devient professeur, se voue corps et âme à la littérature, sert ses étudiants, assiste impuissant aux ravages causés par une terrible crise économique et deux guerres mondiales, se trompe d’histoire d’amour et finit par renoncer au bonheur. Tout cela l’entame, mais rien ne le diminue : il lit. Célébration d’une âme droite enchâssée dans un corps que la vie a très tôt voûté, voilà le récit d’une vie austère en apparence, ardente en secret. « Au cours de sa quarante-troisième année, William Stoner apprit ce que d’autres, bien plus jeunes, avaient compris avant lui : que la personne que l’on aime en premier n’est pas celle que l’on aime en dernier et que l’amour n’est pas une fin en soi, mais un cheminement grâce auquel un être humain apprend à en connaître un autre ».

    De l'agacement. Voilà exactement la sensation provoquée à la lecture de ce roman américain traduit par Anna Gavalda herself. En fait, le sentiment d'exaspération est comparable à celui inspiré par Portrait de femme d'Henry James. Pour autant, l'on va jusqu'au bout, en se disant que bon sang de bonsoir, le héros va finir par réagir, ruer dans les brancards, tout envoyer valdinguer. Mais non. C'est le côté agaçant. Malgré tout, l'on ne peut s'empêcher d'être captivé - du moins ce fut mon cas - par cette existence sacrifiée, ce gâchis annoncé. Mais dans le genre, rien ne peut rivaliser avec Tess d'Urberville de Thomas Hardy ; définitivement. Une lecture un peu plombante pas du genre réjouissante.