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I am sterdam

Globe-trotter, ça ne s'improvise pas. D'aucuns pensent que l'exploration de lointaines contrées nécessite une certaine préparation, tant sur les plans matériel que psychologique. Et ils n'ont pas tort. Mais permettez-moi d'ajouter que c'est une vision quelque peu restrictive de la réalité du voyageur.

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Car oui, disons-le haut et fort (ndlr : ne voir ici que la formulation d'une expression populaire et non un placement publicitaire de la plateforme accueillante), la découverte d'un territoire limitrophe ou quasi n'est pas non plus une sinécure et peut occasionner de bouleversantes surprises chez l'utilisateur.

Tout ceci concerne évidemment le voyageur novice qui, aussi incroyable que cela puisse paraître à l'heure de la mondialisation et du tourisme de masse, existe irréductiblement. J'en sais quelque chose, j'en suis.

Ainsi, quand tu voyages peu (ndlr : j'insiste, c'est possible) voire pas, tu ignores certaines règles du taillage de route.

Par exemple, comme tu n'es pas à proprement parler une traveleuse et que de surcroît, tu n'as habituellement pas le standing (financier s'entend) de la first, tu ignores que durant le voyage, comme en avion, on va te servir un repas ET un petit goûter PLUS boissons à volonté. Du coût, tu te trimballes depuis le départ une maxi bouteille d'eau bien pleine donc bien lourde en sus de ton paquetage et tu te fourvoies inutilement (diététiquement et pécuniairement) juste avant le départ au Mc Crado de la gare du Nord.

De même, au retour, tu arrives deux heures à l'avance à la gare parce que tu n'en peux plus de te colter ton sac et d'affronter le vent glacial et la pluie estivaux typiquement amtellodamois ; gare envahie qui ne te laisse que peu d'options pour ta posture d'attente : debout (raahh) ou assis par-terre sur du carrelage (brrr). Tu optes pour le sol sale et froid pendant une petite vingtaine de minutes, tu passes devant une salle lounge pour te rendre aux toilettes où tu dépenses les cinquante cents réglementaires pour y accéder. Tu repasses devant une salle lounge pour retrouver ton sol sale et froid et au bout de cinq minutes, tu te dis que tu vas aller demander à la salle lounge combien il faut payer pour le confort de l'attente. C'est là que le calvaire devient un rêve bleu, je n'y crois pas, c'est merveilleux. Parce qu'au moment où tu baragouines, dans un mauvais anglais de Français qui ne voyage que peu ou pas donc, pour savoir quelles sont les conditions pour accéder au salon, l'hôtesse t'annonces qu'il te suffit de posséder des billets de première, ce qui, ô miracle, est le cas. Et de te répandre dans les canapés, devant les écrans ou sur internet ou en lisant la presse, à siroter les boissons à volonté, pissant gaiement dans des gogues rutilants, en te félicitant de cette nouvelle découverte concernant le voyage grand luxe...

Mais tout ceci ne concerne que le voyage au sens transport du terme. La découverte in situ de cet ailleurs qui n'est pas chez toi constitue également une source d'étonnements à répétition.

Tu es donc interdite de constater que le Hollandais a inventé les toilettes qui font jamais plouf.

Tu es déconcertée par la circulation massive de trams et de vélos aux règles suffisamment impénétrables pour te donner de multiples occasions ainsi qu'à ton acolyte, de vous sauver l'un l'autre la vie.

Tu es passablement déroutée par ton premier petit-déj' en découvrant que dans cette contrée, les croissants ont un goût de bretzel.

Tu es interloquée par la difficulté à s'habituer aux sonorités d'une autre langue :

Où va-t-on maintenant ?

Rue leader price. (leidsestraat, donc)

Enfin, tu es estomaquée par le nombre de fois où tu passes pour un guignol. Comme cette fois où, dans un restaurant, tu tentes d'expliquer que tu ne comprends pas la carte en langue locale et pour ce faire, tu commences par dire que "i am french..." et de te voir répondre du tac-au-tac "congratulation".

Mais définitivement, le plus déroutant quand tu quittes ton "chez toi", c'est bien d'y remettre les pieds. En particulier à Paris, en d'autres termes Gogoland, par exemple à l'hôtel La croix de Malte que tu payes la peau des fesses, qui est minuscule, sale et dont la fenêtre donne sur un parking deux roues.

Ndlr : sinon, Amsterdam, c'est génial, c'est beau, c'est paisible, bref, ça vaut grave le détour.

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