Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Rentrée littéraire : La chambre à remonter le temps de B. Berton

culture,littérature,livre,roman,rentrée littéraire,sfA paraître le 1er septembre 2011

Editions Gallimard - 376 pages

Présentation de l'éditeur : Benjamin et Céline, parents d'une petite fille depuis peu, s'installent dans une maison du Mans. Benjamin s'aperçoit qu'une des pièces fontionne comme une machine à remonter le temps. Au fur et à mesure, il augmente la fréquence de ses voyages temporels dans cette machine, afin d'échapper aux disputes avec Céline et à l'atmosphère pesante du quartier.

Ca commençait pourtant bien. Une bonne intrigue, une atmosphère étouffante traduisant bien le contexte, du suspens malgré une certaine lenteur et surtout une donnée science-fictionnelle intéressante qui change des trop fréquentes histoires réalo-patho-nombrilistes de la littérature française. Et puis les pages ont défilé sans que je vois poindre le sacro-saint dénouement. A vingt pages du point final, à l'avant-dernier chapitre, l'auteur de l'auto-fiction fait un laïus sur les fins en eau-de-boudin, laissant espèrer qu'il n'en sera rien et que donc l'éclairage va se faire brutalement, abruptement, forcément au regard du nombre de pages restant. Mais il n'en fut rien, je suis restée sur ma faim. Désappointement. Colère. Sensation de temps perdu.

Extraits :

Céline était une personne qui affrontait la souffrance en solitaire. Cela avait toujours été sa réaction lorsque de sales trucs lui arrivaient. Elle avait horreur de fendre l'armure et de partager avec quiconque, fût-ce moi, ce qui la touchait profondément.

...

J'étais l'un de ces millions de travailleurs en pilotage automatique qui hantent les entreprises et trouvais chaque fois miraculeux que des gens se sentent concernés à ce point par la grande comédie professionnelle.

...

Je séchai le travail les jours suivants. (...) Ma démarche était hasardeuse en ce temps où le gouvernement tentait de remettre utilement le monde au travail et de durcir la politique de lutte contre les arrêts de complaisance. Les Français étaient des fainéants invétérés mais semblaient, comme moi, avoir perdu la tête ces derniers temps. Ils avaient plébiscités un gouvernement droitier qui avait augmenté la durée du travail et n'avait que le mot "efficacité" à la bouche. Nicolas Sarkozy avait été élu haut la main alors que la majorité de mes concitoyens ne rêvaient que de rester chez eux à ne rien faire, de travailler dans l'administration, lambiner au bureau, partir en retraite à 55 ans ou quitter à 16 heures pour profiter du jardin et des enfants. Nous sommes une nation paradoxale qui aime parfois se penser le contraire de ce qu'elle est. Cela m'arrivait à moi aussi. J'aimais croire que j'étais un être d'exception, que j'avais au fond de moi un potentiel (de quoi ?) inexploité et qui un jour irradierait ma propre vie et mes contemporains. En attendant qu'il se révèle à moi, cela ne m'empêchait pas d'agir médiocrement, tout en conservant une excellente image de moi, comme posée en promesse sur la table.

Commentaires

  • J'ai eu l'occasion de recevoir ce livre dans le cadre de l'opération Rentrée des Libraires. J'ai bien accroché. Je partage ce que tu dis sur le début mais à l'inverse j'ai trouvé la fin encore plus réussie. L'auteur maintient une ambiguité sur ce qui se passe réellement, ce qui m'a fait penser à Matrix. On ne sait pas bien si ce qu'on lit est vrai ou pas. Je comprends que cela ait pu décevoir mais moi c'est tout le contraire.
    Je vais rédiger mon appréciation complète et la mettrai sur mon blog. En tout cas, c'est un livre que je recommande et qui comme tu dis, sors de la routine nombrilliste française.
    Bises.

  • Qu'est-ce que qui t'as gênée au juste sur la fin ? La question que je me suis posée c'est est-ce que le type est fou depuis le début et imagine tout ou est-ce que la chambre marche vraiment ? Ce que je trouve bien, c'est qu'on a pas vraiment la réponse et qu'on puisse penser ce qu'on veut. Non ? Ou alors j'ai raté quelque chose ?

  • Bonjour Danielle et merci pour ton analyse qui me réconcilie un peu avec ce roman. Disons que je ne suis pas férue des fins ouvertes, surtout quand elles le sont à ce point. J'aime avoir si ce n'est des réponses complètes, du moins un début et là, rien sur le couple, rien sur la chambre, rien sur les recherches historiques, rien du tout. Pour un public qui comme moi aime que tout soit dit, ça ne fonctionne pas. Mais je conçois tout-à-fait que ce genre plaise, je ne le condamnerai donc pas catégoriquement quand mes clients me demanderont des conseils :)

  • J'ai acheté le livre hier suite à un article paru dans le Maine Libre et je n'ai pas quitté mon fauteuil de l'après-midi. J'ai adoré le suspense, le fantastique, la description de ma ville Le Mans, tout, tout, tout. Pour la fin, si j'ai bien compris le personnage croit qu'il a voyagé dans le temps mais sans doute non. Il revient chez lui et a perdu la tête. Mais je ne suis pas sûre. Comme dans toutes les histoires de voyage dans le temps, il est possible d'en discuter des heures. En tout cas, avec le livre de Foenkinos et celui de Carole Martinez, je le mets dans mon trio de tête de la rentrée. 100% gallimard, c'est louche mais je vais attaquer les autres.

  • Oui j'ai beaucoup accroché au début mais... En tout cas, je suis ravie pour l'auteur que mes visiteurs me donnent tort :)
    S'agissant de Gallimard, rien d'étrange à la qualité de leur sélection. Ce n'est pas une grande maison pour rien.

  • je suis tellement d'accord que j'ai mis un lien vers votre blog
    Luocine

  • merci beaucoup, je vais de ce pas me plonger dans le vôtre :)

  • France perd ses grands auteurs... c'est lamentable, ce n'est pas Alexandre Dumas, Camus, la France DECLINE.. AVEC CE PAUVRE PETIT AUTEUR QUI ECRIT MAL, MAIS MAL.. MON DIEU, RELISONS NOS CLASSIQUES..

  • Je culpabilise souvent quand je me rends compte à quel point je peux avoir la dent dure à l'encontre des auteurs qui n'ont pas su me séduire. Vous m'avez décomplexée ;) Cela dit, j'insiste aussi, je n'ai vraiment, mais vraiment pas accroché !

Les commentaires sont fermés.