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  • Rentrée littéraire : L'équation africaine de Yasmina Khadra

    A paraître le 18 août 2011

    Editions Julliard - 327 pagesl'équation africaine.jpg

    Présentation de l'éditeur : A la suite d'un terrible drame familial, et afin de surmonter son chagrin, le docteur Kurt Krausmann accepte d'accompagner son ami aux Comores. Leur voilier est attaqué par des pirates au larges des côtes somaliennes, et le voyage "thérapeutique" du médecin se transforme en cauchemar. Pris en otage, battu, humilié, Kurt va découvrir une Afrique de violence et de misère insoutenables où "les dieux n'ont plus de peau aux doigts à force de s'en laver les mains". Avec son ami Hans et un compagnon d'infortune français, Kurt trouvera-t-il la force de surmonter cette épreuve ? En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale tour à tour sauvage, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur. Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d'un Européen, dont les yeux vont, peu à peu, s'ouvrir à la réalité d'un monde jusqu'alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d'un continent livré aux prédateurs et aux tyrans génocidaires.

    Parmi les nombreux romans annoncés de la rentrée littéraire de septembre, celui-ci est assurément l'un, si ce n'est le premier de ceux qui se vendront tout seuls sans que l'on ait besoin d'en parler. Seulement quand on l'a lu, comment ne pas en parler ? C'est là tout l'art de Yasmina Khadra, probablement le plus grand conteur du réel de notre époque. Après sa trilogie du Grand malentendu (Les hirondelles de Kaboul, L'attentat et Les sirènes de Bagdad), ce roman s'inscrit dans la continuité de cette littérature reflet de notre époque défigurée par le choc des cultures et des mentalités. Khadra n'a pas son pareil pour nous plonger dans l'horreur des hommes sans tomber dans le voyeurisme, le sordide, le glauque. Mieux encore, il arrive, malgré sa connaissance profonde des âmes humaines à trouver en chacune d'elles le joyau qui s'y cache. Ces romans sont de véritables témoignages de la tragédie quotidienne, de terribles constats mais surtout, surtout, de formidables messages d'espoir. Merci Monsieur Khadra.

    Extraits :

    Lorsque j'ai rencontré l'amour, je m'étais dit, ça y est, je passe de l'existence à la vie et je m'étais promis de veiller à ce que ma joie demeure à jamais. Ma présence sur terre se découvrit un sens et une vocation, et moi une singularité... (...) En rencontrant Jessica, j'ai rencontré le monde, je dirais même que j'ai accédé à la quintessence du monde. Je voulais compter pour elle autant qu'elle comptait pour moi, mériter la moindre de ses pensées, occuper jusqu'au cadet de ses soucis ; je voulais qu'elle devienne ma groupie, mon égérie, mon ambition ; je voulais tant de choses, et Jessica les incarnait toutes. En vérité, c'était elle la star et elle illuminait mon ciel en entier. J'étais au comble du bonheur. Il me semblait que les été précoces naissaient dans le creux de ma main. Mon coeur battait la mesure des moments de grâce. Chaque baiser posé sur lèvres avait valeur de serment. Jessica était mon sismographe et ma religion, une religion où le côté obscur des choses n'avait pas sa place, où la prophétie se résumait à un seul verset : je t'aime...

    ...

    Quelqu'un me souffla : "Je suis de tout coeur avec vous, docvteur." C'était gentil mais improbable. Que savait-il de ma solitude ? Ma douleur était trop personnelle pour être partagée ; elle me rendait insensible aux témoignages de sympathie, à ces usages qui ne reposent sur rien de concret. C'est un univers parallèle, le chagrin, un monde abominable où les mots les plus doux, les gestes les plus nobles s'avèrent dérisoires, inappropriés, gauches, mortels d'inanité. J'étais excédé par ces petites tapes compatissantes que l'on m'assenait et qui résonnaient en moi comme des coups de massue. Je suis de tout coeur avec vous, docteur... Pour combien de temps ?

    ...

    Je pense à ma vie d'autrefois, si captivante et facile qu'elle ressemble à une farce ; une vie aseptisée, chronométrée, réglée comme du papier à musique, qui commençait et se terminait tous les jours de la même façon : un baiser au réveil, un autre au retour du travail, un autre avant d'éteindre dans la chambre à coucher, avec des je t'aime au bout de chaque appel téléphoniques et à la fin de chaque SMS - bref, le bonheur ordinaire que l'on croit définitivement acquis, aussi incontestable que le fait accompli... Ah ! ce bonheur-là, la pierre philosophale, le rêve domestiqué, le paradis terrestre dont on est à la fois le dieu délétère et le démon privilégié... ce sacré bonheur qui repose sur pas grand-chose et qui, pourtant, supplante toutes les ambitions et tous les fantasmes... ce bonheur qui, en fin de compte, n'a que son illusion pour abri et que sa candeur pour alibi... Avais-je douté de sa vulnérabilité ? Pas un instant... Puis, un soir, un soir ordinaire, un soir qui ne fait que se substituer aux milliers de soirs qui l'ont précédé, tout bascule. Ce que l'on a bâti, ce que l'on comptait conquérir, pfuit ! s'évanouit d'un claquement de doigts. On s'aperçoit que l'on marchait sur un fil, en somnambule.

    ...

    - Aucune race n'est supérieure à une autre. Depuis la préhistoire, c'est toujours le rapport de force qui décide de qui est la maître et de qui est le sujet. Aujourd'hui, la force est de mon côté. Et même si je ne suis à tes yeux qu'un taré de nègre, c'est moi qui mène la danse. Aucun savoir, aucun rang social, aucune couleur de peau ne pèse devant une vulgaire pétoire. Tu te croyais sorti de la cuisse de Jupiter ? Je vais te prouver que tu n'es qu'un avorton comme nous tous, sorti d'un trou du cul. Tes titres universitaires comme ton arrogance de Blanc n'ont pas cours là où une simple balle suffit à confisquer l'ensemble des privilèges. Tu es né en Occident ? T'as de la chance. Maintenant, tu vas renaître en Afrique et tu vas comprendre ce que ça signifie.

    ...

    - Qu'est-ce qui t'autorise à nous traiter de sauvages ? Nous aurais-tu décrochés d'une liane ou d'un baobab ? J'aimerais bien savoir ce qui fait de nous des sauvages ? La guerre ? Les vôtres sont pires que les cataclysmes. La misère ? C'est à vous que nous la devons. L'ignorance ? Qui te fais croire que tu es plus cultivé que moi ? Je suis certain d'avoir lu plus de bouquins que toute ta famille réunie, et toi en tête. Je connais à la virgule près Lermontov, Blake, Hölderlin, Byron, Rabelais, Shakespeare, Lamarck, Neruda, Goethe, Pouchkine, s'enflamme-t-il en les énumérant sur ses doigts tandis que son ton gagne en crescendo... Alors, docteur Kurt Krausmann, qu'est-ce qui fait de moi un sauvage et de toi un civilisé ?

    ...

    Après avoir pleuré toutes les larmes de son corps, il se hisse sur un coude, se tourne vers moi et me montre ses dents abîmées dans un sourire aussi tragique qu'une capitulation.

    - Dieu ! que ça fait du bien de s'attendrir sur son sort de temps en temps.

    ...

    - Je n'ai pas choisi la violence. C'est la violence qui m'a recruté. De mon plein gré ou à mon insu, peu importe. Chacun fait avec ce qu'il a. Je n'en veux à personne en particulier et, par conséquent, je ne vois pas comment ne pas loger tout le monde à la même enseigne. Pour moi, Blanc ou Noir, innocent ou coupable, victime ou bourreau, c'est du pareil au même. Je suis trop daltonien pour distinguer le bon grain de l'ivraie. Et puis, c'est quoi le bon grain, et c'est quoi l'ivraie ? Ce qui est bon pour les uns est mauvais pour les autres. Tout dépend de quel côté on se trouve. Nul besoin d'éprouver du regret ou du remords. Qu'est-ce que ça change lorsque le mal est fait ? Petit, j'avais peut-être un coeur, aujourd'hui il est calcifié. Quand je porte ma main à ma poitrine, je ne perçois que la colère en train de sourdre en moi. Je ne sais pas m'émouvoir puisque personne n'a eut pitié de moi. Je ne suis que le support de mon fusil, et j'ignore qui, de moi ou de mon fusil, commande l'autre.

    ...

    Comment ai-je pu croire que certaines choses étaient sans importance, qu'il m'était permis de n'en avoir cure ?... Que ne donnerais-je pour retrouver les gestes simples de tous les jours, les petits plaisirs et les petits soucis qui conféraient à mon existence un relierf singulier ? Que ne donnerais-je pour retrouver ma boîte aux lettres, les factures qui m'indisposaient, les prospectus que je balançais à la poubelle sans daigner regarder ce qu'ils contenaient ? Les esplanades me manquent, les berges du Main me manquent, le brouhaha des bistros me manque ; tout me manque : le déferlement placide des foules sur les grands boulevards, les files d'attente devant les salles de cinéma, le vendeur à la sauvette sur les places bourrées de touristes, mon cabinet, mes patients, mon voisin, le chien de mon voisin dont les jappement perturbaient mes lectures, mon canapé où reposent tant de merveilleux souvenirs, ma canette de bière transpirant de fraîcheur, mon ordinateur ouveur sur des mails en suspens, jusqu'aux spams récurrents que je n'ai jamais réussi à déjouern - enfin tous ces fragments de vie qui, emboîtés les uns aux autres, faisaient de mon existence une fête insoupçonnée... Désormais, le jour se lève par pure formalité.

    ...

    - Vous n'êtes qu'un monstre.

    - C'est à votre honneur, monsieur le civilisé. Nous avons tout appris des vôtres. Et dans ce genre de pratiques, je ne pense pas que l'élève puisse surpasser le maître.

    ...

    pages 216 à 220

    ...

    La vie est une succession d'ambiguïtés et de bravades. On y apprend tous les jours, et tous les jours on efface son ardoise pour un nouvel exercice. En réalité, il n'y a pas de vérité irréfutable, il n'y a que des certitudes. Lorsque l'une s'avère être infondée, on s'en forge une autre et on s'y verrouille contre vents et marées. La survivance est un naufrage dont le salut repose sur l'entêtement et non sur la providence.

    ...

    "Pour qu'un coeur continue de battre la mesure des défis, il lui faut pomper dans l'échec la sève de sa survivance."

    ...

    "Qu'a-t-on vraiment appris de ce que nous croyons savoir ? Des habitudes ? Des automatismes ? Le travail pendant la semaine, et la trève pendant les jours de congè ? Que connaît-on des gens que nous saluons le matin et qui sortent de notre quotidien dès qu'il disparaîssent au coin de la rue ? Si vivre se limitait à exister pour soi, qu'aurais-je de plus que les arbres qui se dénudent en hiver et se couvrent au printemps tandis que je fais l'inverse ?"

    ...

    Ah ! l'Homme, ce prodige réfractaire à ses chances et fasciné par l'échafaud de ses vanités, sans cesse écartelé entre ce qu'il croit être et ce qu'il voudrait être, oubliant que la plus simple façon d'exister est de demeurer soi-même, tout simplement.

  • Rentrée littéraire : J'ai déserté le pays des braves de S. Vinson

    j'ai déserté le pays des braves.jpgA paraître le 18 août 2011

    Editions Plon - 198 pages

    Présentation de l'éditeur : Une jeune avocate, qui défend des entreprises accusées de licenciements abusifs, est brutalement rattrapée par ses rêves d'une enfance passée à Djibouti, le pays d'Arthur Rimbaud, d'Henri de Monfreid, des aventuriers et des pirates... Elle s'effondre en pleine audience. Elle prend alors conscience de tout ce qu'elle a renié depuis qu'elle a quitté le pays de son enfance.

    Premier flop de la rentrée littéraire. Je ne suis allée jusqu'au bout que parce l'ouvrage n'était pas trop conséquent. J'en retiens l'histoire d'une femme avocat qui ne s'épanouit pas dans son travail, qui pète les plombs, qui nous raconte son séjour en hôpital psychiatrique et qui retourne sur la terre de son enfance voir si elle y est, longtemps parce qu'elle a la chance d'être entretenue par papa et puis qui revient. Mais je n'arrive pas à comprendre le pourquoi de l'histoire, le message, l'intérêt. Typiquement le genre de choix éditorial qui me laisse abasourdie. Et que j'aimerais que l'on m'explique. Carnet d'adresses ou suis-je vraiment complètement passée à côté ?

  • Peste de Chuck Palahniuk

    Editions Denoël - 433 pagesculture,littérature,livre,citation,sf,etats-unis,usa

    Présentation de l'éditeur : Mais qui est donc Buster Casey, alias Rant ? Dans un futur où une partie de la population est " diurne " et l'autre " nocturne " selon un couvre-feu très strict, Peste prend la forme d'une biographie orale faite de rapports contradictoires émanant de témoins qui ont connu le mystérieux Buster de près ou de loin. Garçon aux moeurs étranges, friand de morsures animales en tous genres pour certains, génial tueur en série ou répugnant individu pour d'autres, le véritable Buster Casey semble, au fil des récits, de plus en plus insaisissable et protéiforme. De quoi alimenter le mythe... Évangile subversif et grotesque où le rire donne la réplique à l'horreur, Peste décrit un monde qui marche sur la tête, où la vie est à mourir d'ennui et la mort positive et créatrice. Chuck Palahniuk explore, encore et toujours, les tréfonds de la vie moderne et dresse le portrait en creux d'une Amérique en mal de repères.

    Ce livre m'a été prêté par un bon client de la librairie avec qui j'ai en commun une véritable passion pour John Irving. Un peu étonnée de cette recommandation, j'ai mis un temps fou à me plonger dans ce livre de l'auteur du célèbre Fight Club, peu férue du registre littéraire. Et puis, je me suis fait un peu violence et quelle surprise ! J'ai adoré.

    D'abord le style est génial. Si je ne suis pas adepte de la biographie, celle-ci - aussi fictive soit-elle - est présentée sous forme de micro-interviews qui rendent le genre bien plus vivant que le schéma habituel.

    Par ailleurs, je suis souvent peu séduite voire dérangée par le trop grand écart entre les mondes proposés par la fiction ou la fantasy et la réalité. Or, ici, l'on est vraiment ancré dans un monde très proche du nôtre, si ce n'est quelques détails qui passent presque inaperçus au début ou qui ne gênent pas la compréhension mais qui s'éclaircissent au fur et à mesure de la lecture.

    Enfin, je me suis régalée de la documentation de l'auteur (cf extraits) qui donnent follement envie d'en savoir plus sur le manque d'éthique scientifique, particulièrement américain.

    En bref, de grosses réserves a priori, une excellente expérience a posteriori. Atypique, intrigante, cynique, cette fiction vaut vraiment le détour.

    Extraits :

    Echo Lawrence (chauffarde) : Ecoutez, un truc que Rant disait aux gens : "Tu es un être dfférent pour chaque personne que tu rencontres." Et parfois, Rant disait : "Tu n'existes jamais que dans le regard des autres." Et si vous voulez graver une inscription sur sa tombe, sa phrase préférée était : "Ton avenir de demain ne sera pas le même que ton avenir d'hier."

    ...

    Dr Phoebe Truffeau : Alors même que le virus commence de se multiplier et de se répandre par les nerfs sensoriels et moteurs, le sujet contaminé peut ne développer aucun symptôme pendant des mois, alors qu'il abrite la maladie et contamine d'autres sujets. Ce scénario du porteur sain semble être le cas en ce qui concerne le supposé superagent contaminant Buster Casey.

    Non, les épidémiologistes n'utilisent pas le terme de "sujet zéro". Tous sujets reponsables de dix contaminations ou plus sera à présent appelé superagent contaminant. Ce que Mary Mallon, "Mary Typhoïde", était à la typhoïde, ce que Gaétan Dugas était au sida, Liu Jian-lun au SRAS, Buster Casey l'est devenu pour la rage.

    ...

    Dr Phoebe Truffeau (épidémiologiste) : Il existe un précédent dans l'Histoire. En 1763, durant la guerre qui opposa les Britanniques aux Français pour la possession de territoires sur le continent nord-américain, l'immense population des indigènes américains se rangea en majorité du côté des Français. Dans un geste d'apaisement, en apparence, les Britanniques leur fournirent des couvertures utilisées précédemment dans les hôpitaux pour soigner les malades atteints de variole. Sans aucune défence naturelle contre la Variola major, d'innombrables Indiens d'Amérique moururent ainsi.

    ...

    Dr Phoebe Truffeau : En 1932, une étude gouvernementale identifiait à peu près quatre cents Afro-Américains comme porteurs de la syphilis. Plutôt que de les traiter, les responsables ont laissé l'épidémie se propager pendant quarante ans, afin d'étudier les différents schémas de contamination et d'autopsier les victimes au fur et à mesure. Connue sous le nom de "l'expérience de Tuskegee", cette étude menée par le ministère de la Santé publique américain ne prit fin qu'en 1972, quand un protagoniste, scandalisé, passa l'information au Washington Evening Star.

    ...

    Dr Phoebe Truffeau : En 1940, on inocula en secret la malaria à quatre cents prisonniers incarcérés dans la région de Chicago, pour que les officiels de la Santé publique puissent tester de nouveaux traitements contre cette maladie.

    ...

    Dr Phoebe Truffeau : Au milieu des années 60, l'anthropologiste américain James Neel inoculait aux membres de la tribu Yanomani, au Venezuela, le virus de la rougeole, sous une forme particulièrement virulente. Neel et son équipe de chercheurs, au lieu de traiter les malades, étudièrent la manière dont évoluait le mal dans la population, parmi laquelle des milliers d'individus moururent, afin de tester une théorie eugéniste controversée.

    ...

    Neddy Nelson : Savez-vous qu'avant ces abominables expérimentations à Auschwitz, le Dr Joseph Mengele était un anthropologiste extrêmement respecté ? Savez-vous que Mengele avait voyagé en Afrique pour y collecter du sang humain et des échantillons de virus ? Que le rêve de sa vie était d'identifier des facteurs prouvant qu'il existe une différence entre les races humaines ? Et ensuite, de créer un épidémie ciblée, raciale ?

    Savez-vous que nombre des découvertes de Mengele sont parvenues aux Etats-Unis sous le nom "d'Opération paperclip", sur quoi la CIA a blanchi et donné une nouvelle identité aux scientifiques nazis s'ils acceptaient de poursuivre les recherches.

    ...

    Neddy Nelson : Avez-vous lu le rapport Kissinger, censé avoir été remis au Conseil national de sécurité en 1974 ? Celui dans lequel Henry Kissinger prévient que la plus grande menace pour les Américains est la surpopulation dans les pays du tiers-monde ? Qu'est-ce que ça dit, déjà ? Qu'on a besoin des ressources minérales et naturelles de l'Afrique ? Que ces républiques bananières vont bientôt se casser la figure au fur et à mesure que leur population augmente ? Que le seul moyen qu'aura l'Amérique pour assurer sa prospérité et sa stabilité sociale, ce sera de dépeupler le tiers-monde ?

    Et il faudrait être surpris que le sida soit apparu vers 1975 ?

    Comprenez-vous bien ce qu'implique le mot de "dépeupler" ?

    ...

    Neddy Nelson : Ca ne vous semble pas bizarre, qu'un rapport gouvernemental prône le dépeuplement de l'Afrique, et qu'en l'espace de vingt-cinq ans des générations entières soient décimées ? Ca ne vous semble pas suspect, que d'anciennes colonies européennes possédant d'immenses richesses naturelles telles que l'or et les diamants, des pays comme le Botswana, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud, aient été les plus violemment touchés par l'épidémie de sida ?

  • Rentrée littéraire : L'envie de Sophie Fontanel

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    A paraître le 18 août 2011

    Editions Robert Laffont - 161 pages

    Présentation de l'éditeur : "Pendant une longue période, qu'au fond je n'ai à coeur ni de situer dans le temps, ni d'estimer ici en nombre d'années, j'ai vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l'absence de vie sexuelle. Encore faudrait-il que ce terme soit le bon, si l'on considère qu'une part colossale de sensualité a accompagné ces années, où seuls les rêves ont comblé mes attentes ? mais quels rêves ?, et où ce que j'ai approché, ce n'était qu'en pensée - mais quelles pensées. Sur ce rien qui me fut salutaire, et dans lequel j'ai appris à puiser des ressources insoupçonnées, sur ce qu'est la caresse pour quelqu'un qui n'est plus caressé et qui, probablement, ne caresse plus, sur l'obsession gonflant en vous et dont on dit si bien qu'elle vous monte à la tête, sur la foule résignée que je devine, ces gens que je reconnais en un instant et pour lesquels j'éprouve tant de tendresse, je voulais faire un livre."

    Déjà l'an passé, la quatrième de couv' du roman Grandir de Sophie Fontanel avait retenu mon attention, mais avec les quelque 700 livre paraissant chaque année à cette même période, il était finalement passé à la trappe. Rattrapage cette année à la découverte d'une auteur à la plume aux allures introspectives.

    La femme qui se confie à nous dans ce livre nous avoue que pendant des années, son corps n'a plus supporté qu'on le secoue, sa tête ne voulait plus dire oui quand sa peau disait non, bref, qu'elle n'a plus eu le plus petit soupçon de vie sexuelle et comment cette particularité inavouable dans une société qui semble préférer le n'importe quoi charnel au rien l'a mise au ban de la considération de son entourage.

    Avec beaucoup de pudeur, d'acuité et d'humour, Sophie Fontanel nous offre un courageux roman aux allures de témoignage qui permettra à de nombreuses femmes et sûrement quelques hommes de se sentir moins coupables d'écouter leur moi profond plutôt que les diktats d'on ne sait qui on ne sait pourquoi selon lesquels le sexe est ab-so-lu-ment in-dis-pen-sable.

    Par le prisme de la sexualité ici, l'on ne peut ne pas penser à comment la société a comblé les besoins, ne laissant place qu'à l'envie et comment cette surabondance d'envies comblées a supprimé le désir. D'où des générations de plus en plus blasées, désabusées...

    Avec une écriture très agréable, Sophie Fontanel nous invite à réfléchir sur nous et sur Nous. Et c'est ce que l'on fait immanquablement pendant et après ce très beau "roman". Un premier pas plus que satisfaisant dans la rentrée littéraire à venir.

  • Seuls de Gazzotti et Vehlmann

    Editions Dupuis

    Tome 1 - La disparition - 48 pages

    Tome 2 - Le maître des couteaux - 48 pages

    Tome 3 - La clan du requin - 48 pages

    Tome 4 - Les cairns rouges - 48 pages

    Tome 5 - Au coeur de Maelström - 48 pages

    Tome 6 - La quatrième dimension et demie - 48 pages

    Présentation de l'éditeur : Ils sont cinq... mais ils sont seuls. Il y a d'abord Yvan, 9 ans, l'artiste rigolo et carrément lâche. Il y a ensuite Leïla, 12 ans, la garçonne énergique et optimiste. Viennent ensuite Camille, 8 ans, la naïve généreuse et moralisatrice et Terry, 5 ans et demi, le gamin turbulent et attachant. Et puis, il y a aussi Dodji, 10 ans, l'ours au grand coeur. Ces cinq enfants se réveillent un matin et constatent que tous les habitants de la ville ont mystérieusement disparu. Que s'est-il passé ? Où sont leurs parents et amis ? Ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans une grande ville vide et vont devoir apprendre à se débrouiller... seuls !

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    Parce que j'ai reçu en librairie un box plus que fourni de cette série à l'occasion de la sortie du tome 6, je me suis dit qu'il serait bon que je la lise enfin afin d'avoir les arguments pour la vendre massivement. Convaincue a priori que j'allais passer un simple bon moment en lisant une gentillette petite histoire pour la jeunesse, je me suis surprise à dévorer d'une traite les six tomes de ce thriller fantastique.

    Si les premier et cinquième opus se sont vus décerner, à juste titre, le Prix jeunesse 9/12 ans du Festival d'Angoulême 2007 et 2010, je pense toutefois que la série peut se révéler un peu trop angoissante pour certains jeunes lecteurs. Pour les moins sujets aux terreurs nocturnes comme pour les adultes, cette saga est un réel plaisir. Suspens à gogo et frissons garantis. Pourquoi tout le monde a disparu ? Quels sont tous ces évènements étranges ? De nombreux éléments de réponse déjà dans ces six premiers albums mais la question reste entière puisque la série est en cours.

    Pour les fans : un site dédié mais surtout, un jeu pour tenter de devenir le prochain héros de la série.