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La nonne et le brigand de Frédérique Deghelt

la nonne et le brigand.jpgEditions Actes Sud - 409 pages

Présentation de l'éditeur : En reposant le recueil, elle effleura une couverture de cuir, crut d'abord qu'il s'agissait d'un carnet de correspondance mais ne put s'empêcher de l'ouvrir. C'était l'emballage d'un cahier dont les pages étaient couvertes d'une petite écriture ronde presque enfantine. Je ne savais pas ce que c'était l'amour, alors sans ce savoir je n'étais qu'une petite chose lancée sur les routes et sans arme pour affronter la vie. Il n'y avait que cette phrase sur la première page, écrite à l'encre bleue, presque délavée. Lysange eut comme le sentiment que ces phrases s'adressaient directement à elle et cela lui ôta tout scrupule pour commencer à lire ce qui avait tout l'air d'être un journal de bord.

C'est l'histoire d'une femme, Lysange, qui découvre le journal intime d'une certaine Soeur Madeleine qui parle d'un homme loin d'être un saint, un certain Angel. Ayant adoré La vie d'une autre et encore plus La grand-mère de Jade, c'est avec gourmandise que je me suis lancée dans la lecture de ce nouveau roman de Frédérique Deghelt.

Une lecture en trois temps. Le premier, l'impatience. Parce qu'il faut tout de même attendre la page 107 pour amorcer la lecture du journal de la nonne. Le second, l'agacement. Parce qu'une fois la page 107 passée, les chapitres alternent entre le carnet de cette nonne et les réflexions de la lectrice du carnet sur sa propre vie, or l'on ne voudrait lire que la vie de Madeleine et les pensées amoureuses de Lysange, si elles sont magnifiques au début, sont vite pesantes. Le troisième, la délectation. Parce que passé le cap de l'agacement, l'on est emporté par les deux existences, tant celle de Madeleine que celle de Lysange. Et comme à son habitude, l'auteur sait nous réserver un final aussi inattendu que délicieux. Pour conclure donc, un très beau livre, dans le lignée de la bibliographie de l'écrivain.

Extraits :

J'ai connu un homme dans un aéroport qui est une sorte de réponse à mes questions, un homme qui d'un regard me bouleverse et me fait rencontrer les incohérences de mes désirs les plus enfouis. J'ai connu un homme comme jamais je n'en avais rencontré. Je me replonge avec délice dans des images si folles qu'elles ont maintenant l'air nées de mon imagination. Fiction totale. Magie du souvenir qui agit comme un anesthésiant de la vraie vie. Et de tout ce qui y ressemble... Aurais-je pu nous éviter ?

...

Ce qu'on vit n'a pas de sens, je me le dis souvent et, contrairement à ce que les autres croient, cela donne une signification immense à l'instant présent. Quand on peut se dire sur un simple regard, sans toi je suis sans vie, alors on sait que quelque chose est train d'arriver qui au mieux va nous illuminer, au pire nous changer. Etre à ce point enchanté, c'est à la fois merveilleux et terrible.

...

Vous croyez vous donner, mais vous n'êtes à personne. Votre égoïsme vous oblige à être libre. Je vous aime ainsi. Le savoir me permet de vous aimer en vous comprenant. Je ne répondais rien. Je croyais même qu'il disait n'importe quoi. Mais j'avais pris l'habitude d'engranger les remarques de mes amants. Je pensais que les hommes qui nous aiment nous voient malheureusement très bien et qu'il faut retenir ce qu'ils disent de nous ; les douces remarques comme les plus sévères. Au bout de la vie peut-être, et grâce à leur regard, on pourrait se connaître un peu.

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