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  • La théorie du complot #3

    Il ne sera pas dit que ma position de fille de doc m'empêchera de révéler l'atroce vérité qui entâche le corps médical dans son intégralité. Car oui, il est de mon devoir de dénoncer haut et fort cette conspiration généralisée des assermentés hypocrites.

    Patients du monde entier, je vous le dis : toutes les balances de toutes les spécialités de la médecine sont truquées. Voilà, c'est dit. La bonne nouvelle étant que nous pouvons tous considérer que nous pesons environ deux kilos de moins que ce que nous déclarent (voire nous reprochent) nos blouses blanches.

    A moins que l'origine du complot se situe au niveau des fabricants de balances à usage non professionnel et dans ce cas-là, c'est la lose pondérale...

  • La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    culture,littérature,livre,roman,biographie,religion,humourEditions Belfond - 306 pages

    Présentation de l'éditeur : Jeune époux et futur papa, Shalom pourrait être le plus heureux des hommes. Mais l'enfance peut commettre bien des ravages... Élevé dans la plus stricte orthodoxie juive, il en a gardé une vision très personnelle du "Tout-Puissant" et une paranoïa aiguë. Trente-cinq ans que cela dure. Trente-cinq ans d'une relation complexe, faite d'incompréhension et de pure terreur. Alors, à l'adolescence, Shalom s'est rebellé : gavage de hot dogs, lectures pornos... Et il a attendu, tremblant, le châtiment divin. Mais rien... Aujourd'hui, la grossesse de sa femme le laisse désemparé. Partagé entre son désir d'émancipation et sa peur maladive de Dieu, le voilà confronté à l'agonisante question : quel sort doit-il réserver au prépuce de son enfant ?

    Ce livre est une espèce d'autobiographie d'un homme profondément croyant et excessivement coupable en attente de son châtiment d'être non pratiquant voire contre-pratiquant. C'est plus largement une critique de la religion intensive, intolérante et aliénante déguisée sous un énorme blasphème. L'on peut aisément imaginer que Shalom Auslander rencontre "quelques" problèmes avec sa communauté en particulier, avec les religieux de toutes confessions en général. C'est drôle et un peu flippant. Et très instructif en ce qui concerne la religion juive dont j'ignorais l'extrême exigence.

  • La grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt

    Editions Actes Sud - 282 pagesla grand_mère de jade.jpg

    Présentation de l'éditeur : "Les livres furent mes amants et avec eux j'ai trompé ton grand-père qui n'en a jamais rien su pendant toute notre vie commune." Quand Jade, une jeune femme moderne, "enlève" sa grand-mère pour lui éviter la maison de retraite et fait habiter à Paris celle qui n'a jamais quitté la campagne, beaucoup de choses en sont bouleversées. A commencer par l'image que Jade avait de sa Mamoune, si bonne, si discrète... Une histoire d'amour entre deux femmes, deux générations, au dénouement troublant...

    Après La vie d'une autre qui m'avait particulièrement émue, il me tardait de découvrir une second roman de Frédérique Deghelt. Les différents prix (Solidarité, Chronos, des lycéens et apprentis de Bourgogne 2010) et la sortie poche de La grand-mère de Jade ont achevé de me convaincre (puisque besoin n'était pas). Et bien il est encore plus génial que ma première approche de l'auteur. L'on y parle d'amour filial, d'amour charnel, d'amour des lettres, bref d'amour tout court sous toutes ses formes. C'est beau, c'est bien imaginé, c'est bien écrit et ça vous fout une énorme claque à la fin tant le dénouement est inattendu. Bref, c'est un roman qui mérite qu'on parle de lui mais surtout qu'on le lise. Alors voilà, j'en parle : lisez-le !

    Extraits :

    Et comment pourrait-elle comprendre que lire, à mon époque, c'était avant tout dépenser de la lumière, perdre son temps à ne rien faire ?

    ...

    Ah ces romans ! Ces diableries de phrases qui vous emportent et ne vous lâchent plus ! Dès que la lecture m'a enlevée, j'ai eu besoin de conserver des mots, besoin de les recopier dans un cahier, comme si je mettais mes pas dans ceux des écrivains que j'aimais. (...) Quand j'ai rédigé mon premier cahier, je croyais que j'allais me mettre à recopier l'intégralité de certains ouvrages tant j'étais persuadée que tout y était important et se tenait d'une traite dans une écriture de lumière. Avec le temps, je suis arrivée à me modérer, à choisir l'extrait qui me disait ce que j'étais venue chercher ce jour-là. Quand il m'arrive de relire un livre quelques mois ou quelques années plus tard, ce n'est jamais la même phrase qui attire mon attention... Comme si la lecture d'autrefois était venue ce jour-là avec d'autres désirs, d'autres intentions.

    ...

    Toute révélation contient un acte d'amour mais est-ce bien ce que voit celui qui connaît désormais notre secret ?

    ...

    Tu vois, dans la vien on ne dit pas tout ce qu'on pense, on ne pense pas tout ce qu'on dit et l'on ne fait pas non plus tout ce qu'on croit.

    ...

    Elle y serait bien retournée pour y mourir aussi tant la mort de ce frère chéri lui fut insupportable. Fine mouche, sa mère l'avait rattrapée par le col de sa veste et recrutée d'office pour l'aider à accoucher une femme. Avec les yeux pleins de larmes, elle lui avait dit en lui collant le nourrisson à peine né dans les bras : La mort, c'est la vie aussi. La guerre t'a pris ton frère qui était mon seul fils. La vie est une salope qu'il faut chérir de toutes tes forces. Vis ma fille, prends le bonheur dans chaque instant et pleure les morts sans les rejoindre si ce n'est pas encore ton heure, c'est la moindre des dignités.

    ...

    Dès l'emballage, pas de doute sur le contenu : un livre, épais. Oui, mais lequel ? me disais-je en le glissant hors du papier tandis qu'elle guettait ma réaction. Orgueil et préjugés, suivi de Raison et sentiments de Jane Austen, dans une magnifique collection en cuir. Je ne me souvenais plus d'avoir dit que j'avais envie de découvrir cet auteur que je ne connaissais pas. Tu as de la chance de ne pas les avoir encore lus, m'a lancé Jade avec cette envie impossible qu'à toute lectrice de redécouvrir pour la première fois ce qu'elle a déjà aimé.

    ...

    Vivre dans la peur, c'est vivre à moitié, prendre la rue du plus tard, c'est arriver à la place du jamais. Dire non à ses désirs profonds de vie, c'est dire oui à ses aspirations de mort. On ne regrette jamais qye ce qu'on n'a pas choisi. On regrette la chance qu'on a laissée passer...

  • Chito Grant de Jean-Blaise Djian et David Etien

    Etienne Proust Editions

    Tome 1 - Pablo Ortega, mon père - 48 pages

    Tome 2 - Les frères Palance - 48 pages

    Tome 3 - Passé recomposé - 48 pages

    Présentation de l'éditeur : Le borgne Chito Grant a un vieux compte à régler avec la ville qui lui a enlevé son père adoptif, sa seule famille. Et ce n'est pas la pulpeuse "Texas", la reine de cette ville, qui va l'impressionner. Seulement Grant ne se doute pas qu'en pénétrant sur les terres de cette femme richissime, c'est son passé qu'il va rencontrer...

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    La bande dessinée a vraiment ceci de particulier qu'elle arrive à vous faire aimer des genres qui n'ont habituellement pas vos faveurs. S'il en allait ainsi pour moi du polar, je sais désormais, grâce à cette trilogie, qu'il en est de même pour le western. Cette saga du far west à la Sergio Leone vous tient en haleine jusqu'à la dernière page grâce à une intrigue complexe savamment menée. Le dessin n'est pas en reste, il est tout simplement magnifique.

  • Il était une fois en France de Fabien Nury et Sylvain Vallée

    Editions Glénat

    Tome 1 - L'empire de Monsieur Joseph - 48 pages

    Tome 2 - Le vol noir des corbeaux - 59 pages

    Tome 3 - Honneur et police - 55 pages

    Tome 4 - Aux arme, citoyens ! - 64 pages

    Présentation de l'éditeur : Il était une fois en France conte l’histoire de Joseph Joanovici, juif roumain devenu l’homme le plus riche de France pendant l’occupation. Ferrailleur, collabo, résistant, il fut pour certain un criminel, pour d’autres un héros. Intelligence avec l’ennemi, corruption de fonctionnaires, contrebande, enrichissement personnel et même meurtre, c’est le cheminement de ce personnage ambigu baptisé le “roi de Paris” par ceux qui ont croisé sa route, que relate avec justesse cette saga au thème délicat.

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    Cette saga historico-romancée prévue en six tomes (à raison d'un par an) est tout simplement passionnante. Si les aller-retours temporels du scénario ne facilitent pas toujours la compréhension au début, l'on est vite dans le bain.

    A la manière d'American History X, les auteurs nous confrontent à l'ambivalence des ressentis. Difficile de ne pas être subjugué par le talent d'un homme qui, parti de rien, a réussi mieux que personne et qui a sauvé des centaines de vie. Mais qui par ailleurs a collaboré, volé, tué. Cette série nous apprend que ce sont davantage les intentions que les actes qui doivent être jugés. Les dimensions humaines et historiques sont captivantes et formidablement relatées. Pas étonnant que les différents titres dont on ne peut qu'attendre avec impatience la suite ait été couronnés des Prix Saint-Michel du meilleur album francophone en 2009, Prix des lecteurs du Parisien/Aujourd'hui en France en 2010 et Prix de la Série à Angoulême en 2011.