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  • La délicatesse de David Foenkinos

    la délicatesse.jpgEditions Gallimard - 210 pages

    Présentation de l'éditeur : « François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, c’est parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse… - Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité ». La délicatesse a obtenu neuf prix littéraires et été traduit dans plus de quinze langues.

    Extrait :

    Définition du mot "délicat" selon le Larousse, car "délicatesse" ne suffit pas pour comprendre la délicatesse

    Délicat, e : adj. (lat. delicatus)

    1. D'une grande finesse ; exquis ; raffiné. Un visage aux traits délicats. Un parfum délicat.

    2. Qui manifeste de la fragilité. Santé délicate.

    3. Difficile à gérer ; périlleux. Situation, manoeuvre délicate.

    4. Qui manifeste une grande sensibilité, du tact. Un homme délicat. Une attention délicate.

    Péjoratif : Difficile à contenter. Faire le délicat.

    Ce roman est délicat (1). Il est plein de gens délicats (2 & 4) (d'autres moins) qui doivent affronter des situations émotionnellement délicates (3). Bref, il porte bien son nom. Mais pour faire ma délicate, je dirais que malgré le caractère plaisant de ce livre, je ne serais pas allée personnellement jusqu'à lui décerner dix prix littéraires. Parce que même si ce n'est pas désagréable à lire, c'est quand même assez mou. C'est joli, mais ça manque d'action.

  • Mr d'Emma Becker

    Editions Denoël - 477 pagesmr.jpg

    Présentation de l'éditeur : Parfois on extrait une écharde. Parfois on s'extrait d'une écharde. Le reste importe peu. Le reste n'est que ce long processus de désamour qui ramène toutes les petites filles à des rivages où elles désapprennent la douleur, la compromission, l'abnégation, le tourment - où les chagrins sont moins poignants et le plaisir moins dense. Ellie, vingt ans, mène une existence légère et insouciante jusqu'au jour où elle rencontre Monsieur, un chirurgien marié approchant de la cinquantaine. D'abord épistolaire, leur liaison prend son envol dans une chambre d'hôtel du quinzième arrondissement. Au gré de rencontres clandestines et d'appels téléphoniques fugaces, Ellie traversera plusieurs mois d'attente fiévreuse. Un engrenage passionnel dont elle tentera sans succès de se déprendre. Un roman-confession. Une description cruelle de la traversée du fantasme. Le désenchantement d'une Lolita contemporaine.

    Si je ne garde pas un souvenir impérissable du Lolita de Nabokov, il me semble pour le moins outrecuidant d'ériger ce Mr en une version féminine du classique. Si ce dernier aborde de manière subtile un sujet dérangeant, son pseudo-équivelant tout au plus ersatz made in putafrange n'est qu'un étalage de pornographie entrecoupée d'états d'âme post-adolescents. Alors certes, du haut de ses vingt-deux ans, l'auteur possède incontestablement une plume. Mais vivement qu'elle mûrisse. Cela dit, c'est rassurant, cela laisse entrevoir un vrai reste de naïveté sous de faux airs désabusés.

    Bonus : encore plus agaçante que le livre, l'interview.

    Extraits :

    - Je ne veux juste pas te ramasser à la cuillère. Mais va donc batifoler et te faire pincer les miches par Monsieur sous ton pyjama bleu horrible.

    - Tu me donnes ta bénédiction ? (...)

    - Full Bénédiction. Je vais le regretter quand tu auras les yeux tout mouillés, mais nous sommes des cigales : aucune clairvoyance quant à l'avenir. Ou plutôt si, clairvoyance complète. Mais on s'en bat la race. Deux secondes de plaisir pour deux semaines de malheur, c'est pas grave, on fonce dans le tas.

    ...

    Andréa et moi sommes de la race des paresseux : c'est même crevant de se donner la peine de tomber amoureux. Trop simple pour moi, aussi. Monsieur, c'est plus douloureux - et fatalement le jeu devient intéressant : je le sens entrer dans chaque pore de ma peau, tout mon corps s'en défendre comme d'un poison, en vain. Je crois que j'ai toujours aimé avoir mal avant que d'aimer les hommes à qui je devais cette douleur : tant que l'on s'en tient à rechercher des émotions, les personnes restent des vecteurs et importent relativement peu. Jusqu'à un certain point - et c'est là que je me suis fait piéger, comme toujours.

  • Appt. 44 de Dara

    culture,littérature,bande dessinée,BD,manga,livreEditions Ankama - 148 pages

    Présentation de l'éditeur : Un appartement, quatre colocataires, deux chats... Saurez-vous démasquer l'alien ? Quatre jeunes inconnus emménagent en colocation à Paris. Le moral est au beau fixe, mais il se passe des choses étranges... Chats marchant au plafond, somnambulisme ou autres apparitions de kouign amann... Mais qui est l'intrus venu semer le trouble dans cet appartement ?

    L'auteur est Français et le sens de lecture se fait dans le sens conventionnel occidental, pourtant, il s'agit bel et bien d'un manga. A quoi le reconnaît-on ? Tout d'abord à son graphisme mais j'ajouterais, d'un point de vue extrêmement partial et subjectif, à la vacuité de l'histoire et aux personnages clichés. Pour autant, ça se lit. Disons que c'est un bon intermède entre deux lectures plus conséquentes tant au point du vue du fond que de la forme. Malheureusement, contrairement à ses homologues japonais, l'auteur (l'éditeur ?) ne "respecte" pas le rythme relativement rapide des parutions de ce genre. Ce premier tome d'une série annoncée de quatre a déjà paru depuis plus de huit mois et aucune annonce concernant la sortie du second. Mauvaise stratégie je pense.

  • Le tueur de Luc Jacamon et Matz

    Editions Casterman

    Tome 1 - Long feu - 62 pages

    Tome 2 - L'engrenage - 64 pages

    Tome 3 - La dette - 56 pages

    Tome 4 - Les liens du sang - 56 pages

    Tome 5 - La mort dans l'âme - 56 pages

    Tome 6 - Modus vivendi - 56 pages

    Tome 7 - Le commun des mortels - 56 pages

    Tome 8 - L'ordre naturel des choses - 56 pages

    Présentation de l'éditeur : Le tueur. Un homme solitaire et froid, méthodique et consciencieux, qui ne s'embarrasse pas de scrupules ni de regrets. Alors qu'il guette sa prochaine victime, nous partageons ses pensées, nous apprenons à le connaître, nous découvrons sa vie à travers de nombreux flash-back. Plus l'attente dure et plus il s'énerve, il nous entraîne dans des abîmes de violence, jusqu'à l'explosion finale. Mais les cartes seraient-elles truquées ? Gare aux éclaboussures...

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    Ce thriller est le monologue intérieur d'un psychopathe. Tout d'abord simple tueur à gage exécutant des contrats "basiques" pour de l'argent, il est progressivement entraîné, bien involontairement, dans des sphères politiques. Au-delà du suspens bien inhérent à ce type de vocation, c'est la dimension psychologique qui est particulièrement intéressante dans cette série. Les réflexions de cet assassin sur l'âme humaine sont parfois tellement justes que l'on en vient à éprouver sympahie et compréhension pour ce personnage et presque à trouver une certaine légitimité à ses actes.

    Une "autobiographie" palpitante vraiment originale.

  • Purge de Sofi Oksanen

    Editions Stock - 395 pagespurge.jpg

    Présentation de l'éditeur : En 1992, l’Union soviétique s’effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes. Ainsi, lorsqu’elle trouve Zara dans son jardin, une jeune femme qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte. Ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille va se révéler, en lien avec le passé de l’occupation soviétique et l’amour qu’Aliide a ressenti pour Hans, un résistant. La vieille dame va alors décider de protéger Zara jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix. Sofi Oksanen s’empare de l’Histoire pour bâtir une tragédie familiale envoûtante. Haletant comme un film d’Hitchcock, son roman pose plusieurs questions passionnantes : peut-on vivre dans un pays occupé sans se compromettre ? Quel jugement peut-on porter sur ces trahisons ou actes de collaboration une fois disparu le poids de la contrainte ? Des questions qui ne peuvent que résonner fortement dans la tête des lecteurs français.

    Ce Prix Fémina du roman étranger - également couronné par le 9e Prix du roman Fnac et le Prix du livre européen - est autrement plus justifié que son équivalent français. Je n'irai pas pour autant dire que j'ai adoré - un peu trop sombre par rapport à mes envies du moment - mais ce livre vaut le détour. L'écriture est vraiment singulière, le suspens est insoutenable et la plongée dans ce pan de l'histoire relativement inconnue (enfin pour ma part) est passionnante. Des portraits de femmes sans concession.