Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Mr d'Emma Becker

Editions Denoël - 477 pagesmr.jpg

Présentation de l'éditeur : Parfois on extrait une écharde. Parfois on s'extrait d'une écharde. Le reste importe peu. Le reste n'est que ce long processus de désamour qui ramène toutes les petites filles à des rivages où elles désapprennent la douleur, la compromission, l'abnégation, le tourment - où les chagrins sont moins poignants et le plaisir moins dense. Ellie, vingt ans, mène une existence légère et insouciante jusqu'au jour où elle rencontre Monsieur, un chirurgien marié approchant de la cinquantaine. D'abord épistolaire, leur liaison prend son envol dans une chambre d'hôtel du quinzième arrondissement. Au gré de rencontres clandestines et d'appels téléphoniques fugaces, Ellie traversera plusieurs mois d'attente fiévreuse. Un engrenage passionnel dont elle tentera sans succès de se déprendre. Un roman-confession. Une description cruelle de la traversée du fantasme. Le désenchantement d'une Lolita contemporaine.

Si je ne garde pas un souvenir impérissable du Lolita de Nabokov, il me semble pour le moins outrecuidant d'ériger ce Mr en une version féminine du classique. Si ce dernier aborde de manière subtile un sujet dérangeant, son pseudo-équivelant tout au plus ersatz made in putafrange n'est qu'un étalage de pornographie entrecoupée d'états d'âme post-adolescents. Alors certes, du haut de ses vingt-deux ans, l'auteur possède incontestablement une plume. Mais vivement qu'elle mûrisse. Cela dit, c'est rassurant, cela laisse entrevoir un vrai reste de naïveté sous de faux airs désabusés.

Bonus : encore plus agaçante que le livre, l'interview.

Extraits :

- Je ne veux juste pas te ramasser à la cuillère. Mais va donc batifoler et te faire pincer les miches par Monsieur sous ton pyjama bleu horrible.

- Tu me donnes ta bénédiction ? (...)

- Full Bénédiction. Je vais le regretter quand tu auras les yeux tout mouillés, mais nous sommes des cigales : aucune clairvoyance quant à l'avenir. Ou plutôt si, clairvoyance complète. Mais on s'en bat la race. Deux secondes de plaisir pour deux semaines de malheur, c'est pas grave, on fonce dans le tas.

...

Andréa et moi sommes de la race des paresseux : c'est même crevant de se donner la peine de tomber amoureux. Trop simple pour moi, aussi. Monsieur, c'est plus douloureux - et fatalement le jeu devient intéressant : je le sens entrer dans chaque pore de ma peau, tout mon corps s'en défendre comme d'un poison, en vain. Je crois que j'ai toujours aimé avoir mal avant que d'aimer les hommes à qui je devais cette douleur : tant que l'on s'en tient à rechercher des émotions, les personnes restent des vecteurs et importent relativement peu. Jusqu'à un certain point - et c'est là que je me suis fait piéger, comme toujours.

Les commentaires sont fermés.