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07/02/2011

Sang mêlé ou ton fils Léopold d'Albert Russo

culture,littérature,livre,afrique,roman,identitéEditions Ginkgo - 201 pages

Présentation de l'éditeur : Elisabethville, Congo belge, fin des années cinquante. Léopold Kitoko Wilson, le jeune métis, adopté par Harry Wilson "un Blanc" et Mama Malkia, la nourrice, africaine au cœur d'or et "forte gueule" forment une famille improbable et singulière. Roman à trois voix, Sang mêlé aborde avec délicatesse et réalisme l'univers colonial tel que le vivent les trois protagonistes. Il nous parle de la quête d'identité de Léo, pris entre deux mondes. Il nous parle aussi de l'homosexualité de Harry, cause de son exclusion du cercle des colons. Il nous parle de Mama Malkia, plus tout à fait africaine, mais noire aux yeux de tous. Il nous parle aussi de la décolonisation et évoque de manière saisissante l'atmosphère du Congo belge à la veille de l'indépendance. Chacune de ces voix nous parle de la difficulté à vivre sa différence. Chacune de ces voix nous livre sa vision de l'époque coloniale dans un questionnement sans outrance mais, sans compromis.

Pour sa nouvelle édition, Babelio a contribué à enrichir mon panthéon de littérature africaine (une nouvelle fois après Tant que je serai noire et Bamako climax). Je pensais être plongée dans les questionnements du métissage et une partie de l'histoire zaïroise mais c'est davantage le point de vue du père adoptif blanc et homosexuel qui est traité au travers de cette chronique à troix voix. Mais si les "promesses" de la jaquette sont assez survolées, l'ensemble reste très agréable à lire - même si l'émotion n'est pas envahissante - bien que le tout me semble manquer de crédibilité dans le contexte historique. Un tel trio n'aurait certainement pas vécu de cette façon dans une telle tranquillité. Quoi qu'il en soit, j'ai passé un agréable moment à la lecture de ce roman, même s'il n'est pas incontournable.

Extrait :

Pourquoi utilise-t-il le terme de café-au-lait ? Il aurait préféré n'appartenir qu'à une seule race. Mais c'est comme ça que je l'aime. Nous voyageons à travers le ciel, un jour nous débarquerons sur la lune, on se parle à des milliers de kilomètres grâce au téléphone et on écoute les nouvelles pour apprendre ce qui se passe à l'autre bout du monde. Les gens se prétendent modernes, alors qu'au fond d'eux-mêmes, ils sont pathétiquement rétrogrades. Ils voient le métis, le juif, l'hindou et ils ne perçoivent pas l'être humain. C'est dans le brassage des cultures, dans les mélanges des races, que repose notre avenir. Mon Léo, tu es l'homme de demain, mais évidemment ils ne sont pas prêts pour toi. Quand donc retrouverons-nous la tolérance de l'Egypte antique ?

Ai-je été trop égoïste, orgueilleux ou simplement naïf en pensant que, par l'adoption de Léo, je pourrais changer quelque chose à la société ?

J'ai probablement été tout cela. Mais personne ne pourra me faire regretter ce choix. Oui, j'ai pris un risque immense et il me faudra beaucoup de courage. C'est parfois effrayant , mais Léo est tout ce pour quoi je me bats.

10:37 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature congolaise, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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