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Rouge dans la brume de Gérard Mordillat

culture,littérature,livre,roman,rentrée littéraireEditions Calmann-Lévy - 435 pages

Présentation de l'éditeur : Carvin, la trentaine, est ouvrier mécanicien dans une usine du Nord. Sa femme Chantal rêve de confort et de soleil. Ne supportant plus la dureté de leur vie ni les luttes quotidiennes, elle le quitte et emmène avec elle Océane, leur fille de quatre ans. Anath, la trentaine elle aussi, est DRH dans l’usine où travaille Carvin. Elle est mariée à un professeur d’université qui lentement s’éloigne d’elle, perdu dans les livres, l’alcool et d’inavouables secrets. Rien ne semblait devoir rapprocher Carvin et Anath. Un monde les séparait. Mais quand l’usine est brutalement fermée par ses actionnaires américains, qui rayent de la carte presque 400 emplois, la tempête qui se lève unit leurs destins. Les ouvriers s’insurgent, occupent le site, incendient le stock, les ateliers, les camions de ceux qui voulaient déménager les machines. La révolte se propage à une deuxième usine, puis à une troisième, portée par l’espoir que le pays tout entier s’embrase. C’est au cœur du brasier qu’Anath et Carvin se découvrent. Contre toute attente, contre toute raison, c’est dans la lutte que naît leur amour. L’un et l’autre n’ont plus rien à perdre, mais une vie à gagner. Sont-ils fous, criminels, insensés ? Ont-ils une chance de triompher ? Qu’importe ! Dans la folie du temps présent, ils auront su dire non. Ils auront fait entendre leur voix.

Si la littérature française n'est pas celle vers laquelle je me dirige d'instinct, c'est pourtant elle que j'ai choisie pour faire mon premier pas dans la rentrée littéraire de ce début d'année. Aucun regret puisque l'auteur de Les vivants et les morts (adapté avec succès pour France 2 et Arte) nous offre un roman social palpitant qu'on ne lâche plus à condition de s'accrocher les quelque soixante premières pages peu convaincantes.

Un livre que certains ne manqueront pas de qualifier de gaucho mais qui saura exalter le plus grand nombre je l'espère même si le romancier, davantage observateur que conteur, ne tombe pas dans la happy end utopique, éternellement convoitée, historiquement toujours râtée. Jusqu'à quand ?... Le final de cette lutte, même s'il n'est pas celui escompté, n'en est pas moins beau. Les personnages bruts aux verbes hauts sentent le vrai gens, la vraie vie. Ce roman n'est pas simplement crédible, il est ancré dans la réalité. Une justesse qui mérite d'etre saluée et qui prouve, si besoin était, que la lutte des classes n'a rien de démodé.

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