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12/09/2010

Rentrée littéraire : Passé sous silence d'Alice Ferney

Editions Actes Sud - 204 pagespassé sous silence.jpg

Présentation de l'éditeur : Passé sous silence est le récit, en forme de conte historique, d'un événement réel de la seconde moitié du XXe siècle. Les dates, lieux, noms de personnes ont été effacés, mais les choses dites l'ont été et les fait sont authentiques : dans un moment décisif de notre histoire s'affrontent deux visions de l'honneur et du service de l'Etat. Entre la Terre du Sud et le Vieux Pays, une guerre d'indépendance s'éternise. Pour la finir, le Vieux Pays rappelle au pouvoir son chef le plus prestigieux. Une fois investi, le souverain n'agit pas comme on l'attendait. Contre ce pouvoir, un jeune officier mène une conjuration jusqu'à l'attentat. Sain et sauf, le chef de l'Etat accordera-t-il sa grâce ? Pour raconter ce moment singulier où un héros s'est retrouvé juge et partie, Alice Ferney convoque tour à tour les pensées des deux protagonistes. Une documentation méticuleuse et une précieuse prise en compte des mécanismes psychologiques lui donnent l'audace de soulever la chape du silence. Avec la volonté ardente d'exhumer une injustice, et sans jamais juger, Alice Ferney essaie de comprendre ce qui, dans des temps troublés, a pu mener un homme à mourir et un autre à condamner. Elle touche en vérité le point focal d'un drame national qui irradie encore. Et fait entendre, avec un efficacité saisissante, la voix du romancier face à l'Histoire.

Certains ne trouvent pas ce roman à la hauteur d'Alice Ferney et estiment que la façon de traiter le sujet est un peu tiré par les cheveux au regard de l'Histoire. Mais pour une lectrice telle que moi qui ne connaît que de loin la guerre d'Algérie et l'attentat du Petit Clamart, ce roman est une vraie prouesse et la plongée dans la psychologie des protagonistes est captivante. Les gaullistes convaincus ne manqueront pas de blêmir à cette représentation peu flatteuse de leur héros et à la quasi-glorification du responsable de la tentative de coup d'Etat. Les autres seront comme moi révoltés qu'un homme n'ayant pas tiré et n'ayant pas tué fut condamné à mort à la suite d'un procès arbitraire supervisé par l'ego du Général. De quoi diviser les opinions. Mais il ne laisse en aucun cas indifférent et rien qu'en cela, c'est une réussite.

20:24 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Culture, Littérature française, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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