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  • Tamara Drewe de Posy Simmonds

    tamara drewe.jpgEditions Denoël - 133 pages

    Au commencement, il y a Beth et sa maison d'hôte pour écrivains. Tout est calme, paisible, propice à la création. Mais quand Tamara, une jeune chroniqueuse racontant sa vie dans la presse people (un peu comme Carry Bradshaw dans Sex & the city), avec son nez refait, ses mini-shorts et ses moues fatales débarque au village, c'est la panique dans la gent masculine : de l'auteur à succès au musicien frimeur en passant par le jardinier factotum, nul n'échappe au charme de cette Amazone londonienne du XXIe siècle. Cette zizanie s'opère sous l'oeil des jeunes désoeuvrés du coin qui ne vont qu'embrouiller les affaires déjà bien compliquées des adultes. Le drame semble inéluctable...

    Cette libre adaptation par Posy Simmonds du roman Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy (plus connu pour son tragique Tess d'Urberville) est d'une qualité exceptionnelle tant d'un point du vue de la forme que du fond. Cette satire de la middle class anglaise, en particulier du milieu littéraire, n'est ni un roman, ni une bande dessinée ; c'est un roman graphique alternant strips et récit. Cette mise en forme inhabituelle crée une atmosphère très particulière qui ne fait que renforcer le poids de ce marivaudage moderne. Une tragi-comédie acide unique !

    Pas étonnant que Stephen Frears ait choisi d'adapter cette oeuvre au cinéma (en salle depuis le 14 juillet).

  • La classe américaine

    Avec un titre pareil, je pourrais évoquer, comme certains s'en doute sûrement, Le grand détournement et proposer de visionner en particulier ça ou ça histoire de se poiler cinq minutes.

    L'utilisation du conditionnel indiquant naturellement au lecteur le plus subtil que telle n'est pas mon intention, l'interrogation naturelle est donc : laquelle est-elle ?

    L'on pourrait intuitivement déduire que je m'apprête alors à me la raconter. Ce qui n'est pas complètement faux. Mais en fait, ma véritable intention (même si l'idée est un peu de se la jouer) est de saluer deux auteurs dont j'ai apprécié le talent.

    Je veux parler de Kris (Les ensembles contraires) et d'Olivier Jouvray (Nous ne serons jamais des héros).

    Figurez-vous qu'après avoir chroniqué leurs bd respectives, ces deux auteurs ont eu la gentillesse de me remercier pour mes chroniques :

    Juste un petit mot pour te remercier du tien (de petit mot) au sujet des Ensembles contraires...

    Eric T. se joint à moi.

    Amitiés contraires ou pas, mais sincères...

    Kris.

    ...

    Un ami m'a prévenu de votre article et sincèrement, ça me touche beaucoup ! Merci vraiment. Je me permets juste une remarque, mais peut-être que ce n'est pas dit clairement dans l'album, le dernier pays par lequel ils passent n'est pas l'Alaska mais la Finlande ! ;-)

    Mes amitiés et à bientôt.

    Olivier Jouvray

    Moi, des mecs brillants qui restent en hallu' de voir leurs talents reconnus et dont l'humilité les laisse proches de leurs publics, ben je trouve ça choupi.

  • Rentrée littéraire : Demain j'aurai vingt ans d'Alain Mabanckou

    A paraître le 19 aoûtmabanckou.jpg

    Editions Gallimard - 382 pages

    Présentation de l'éditeur : Pointe-Noire, capitale économique du Congo, dans les années 1970. Le narrateur, Michel, est un garçon d'une dizaine d'années qui fait l'apprentissage de la vie, de l'amitié et de l'amour, tandis que le Congo vit sa première décennie d'indépendance sous la houlette de "l'immortel Marien Ngouabi", chef charismatique marxiste. Les épisodes d'ne chronique familiale truculente et joyeuse se succèdent, avec ses situations burlesques, ses personnages hauts en couleur : le père adoptif de Michel, réceptionniste à l'hôtel Victory Palace ; maman Pauline, qui a parfois du mal à éduquer son turbulent fils unique ; l'oncle René, fort en gueule, riche et néanmoins opportunément communiste ; l'ami Lounès, dont la soeur Caroline provoque chez Michel un furieux remue-ménage d'hormones ; bien d'autres encore. Mais voilà que Michel est soupçonné, peut-être à raison, de détenir certains sortilèges... Au fil d'un récit enjoué, Alain Mabanckou nous offre une sorte de Vie devant soi à l'africaine. Les histoires d'amour y tiennent la plus grande place, avec des personnages attachants de jeunes filles et de femmes. La langue que Mabanckou prête à son narrateur est réjouissante pleine d'images cocasses, et sa fausse naïveté fait merveille.

    Mabanckou compte parmi les grosses pointures de cette rentrée littéraire qui ne laisse que peu de place aux nouveaux talents. Je découvre quant à moi pour la première fois l'écriture de cet écrivain congolais enseignant la littérature francophone à l'université de Californie, Los Angeles (UCLA).

    C'est une tranche d'histoire dans une tranche de vie que nous offre l'auteur. C'est frais, très plaisant à lire même si je reste un petit peu sur ma faim. Malgré une narration facétieuse, il manque un petit quelque chose d'indéfinissable. Comme la sensation d'avoir plongé dans un carnet intime et d'avoir été interrompu en cours de lecture.

    Agréable mais pas incontournable.

  • Rentrée littéraire : La couleur des sentiments de Kathryn Stockett

    couleurs de sentiments.jpgA paraître le 1 septembre

    Editions Jacqueline Chambon - 526 pages

    Présentation de l'éditeur : Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher de travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonne noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la tolérance. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

    Voilà incontestablement un roman à ne pas manquer dans le cru littéraire 2010. Ce récit à trois voix, premier roman devenu véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est saisissant. Superbe. L'on est replongé dans une bien triste époque où, malgré tout subsistait, tapie dans l'ombre, l'humanité. D'inspiration auto-biographique, ce roman n'en est que plus touchant.

    Dans un tout autre style, je souhaite que le succès de ce premier livre soit à la mesure du premier de Jean-Claude Guenassia (Le Club des incorrigibles optimistes), tant la qualité globale de ce chef-d'oeuvre (écriture, suspens, émotions, documentation...) appelle à une reconnaissance bien méritée.

  • Les vieilles de Pascale Gautier

    Editions Joëlle Losfeld - 194 pagesles vieilles.jpg

    Présentation de l'éditeur : Il y en a une qui prie, une autre qui est en prison, une autre encore qui parle à son chat, et certaines qui regardent les voisines du haut en buvant leur thé infect. Leurs maris ont tous disparu. Elles sont vieilles, certes, mais savent qu'elles pourraient bien rester en vie une ou deux décennies encore, dans ce pays où il n'est plus rare de devenir centenaire. Alors elles passent leur temps chez le coiffeur, à boire et à jouer au Scrabble, à essayer de comprendre comment fonctionne un téléphone, à commenter les faits divers, à critiquer leur progéniture qui ne vient pas assez, à s'offusquer de l'évolution des moeurs... Elles savent que le monde bouge, et qu'elles devraient changer leurs habitudes, mais comment faire, à leur âge ? Aussi, l'arrivée de Nicole, une "jeunesse" qui entame tout juste sa retraite, et l'annonce d'une catastrophe imminente, vont perturber leur quotidien. Ce nouveau roman de Pascale Gautier est irrésistible par sa fraîcheur, sa volonté de prendre avec humour le contre-pied de certaines idées reçues sur la vieillesse. On y retrouve avec délectation la causticité et la liberté de ton qui caractérisent ses textes précédents.

    Une couverture sympathique, une quatrième de couv' engageante et le commentaire d'une collègue libraire l'ayant soit disant lu et le trouvant soit disant désopilant m'ont convaincu de le recommander à des clients voulant l'offrir à des personnes âgées sans vouloir les vexer et de l'offrir moi-même à ma maman pour son anniversaire.

    Conclusion : ne plus croire ma collègue, ne parler que des livres que j'ai vraiment lus, me rattraper en faisant un vraiment super cadeau à ma maman la prochaine fois.

    Ce livre est horriblement triste, cynique, désespérant, pas drôle du tout. C'est un réel affront que d'offrir ça à une personne d'un certain âge. L'on assiste à un défilé de vieilles et quelques rares vieux plus déprimants les uns que les autres. Cet entremêlement de portraits n'est même pas agréable à lire. C'est lent, c'est dépourvu d'action. C'est limite sordide.

    Beurk !