Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« On est tous médecins du monde | Page d'accueil | Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi de M. Malzieu »

11/06/2010

Et les Hommes sont venus de Chris Cleave

et les hommes.jpgEditions du Nil - 341 pages

Quatrième de couv' : Echappée d'un centre pour réfugiés, perdue dans Londres, Petite Abeille, une adolescente nigériane, vient frapper à la porte de Sarah. Les deux femmes se connaissent à peine. Mais deux ans auparavent, au Nigéria, leurs chemins se sont croisés, et aucunes d'elles ne peut oublier ce qui est arrivé... Le secret qui les lie en cache un autre. De chapitre en chapitre, leurs voix alternées se répondent, reconstituent le puzzle du passé, jusqu'à la dernière révélation de Petite Abeille. Avec un suspense subtil, Chris Cleave dresse le portrait de deux femmes qui parviendront à trouver au coeur du tragique une part de merveilleux.

Une fois que l'on commence ce livre, impossible de le lâcher tant on souhaite savoir d'abord ce qui s'est passé, puis ce qui va se passer. Le parler et la psychologie des personnages sont d'une justesse rare. La détresse du migrant, du sans-papier et les difficultés auxquelles il est confronté est parfaitement exposée ; probablement encore en-deçà de la triste réalité.

Si le titre met les hommes à l'honneur, comme s'il pouvait éventuellement s'agir d'un véritable débarquement de princes charmants tant attendus, il n'en est rien. Le spécimen mâle l'est mis ; à mal j'entends. Tour à tour indifférent, lâche, tortionnaire ou encore égoïste, il est dépeint ici responsable, à tout âge, de tous les maux. Des femmes surtout.

Une histoire magnifique à lire avec un mouchoir à portée de main.

Extraits :

Vous n'êtes pas méchants. Vous êtes aveugles au présent, et nous, nous sommes aveugles à l'avenir. Au centre de rétention administrative, je souriais quand les employés m'expliquaient : Si vous êtes forcés de venir ici, chez nous, vous les Africains, c'est simplement que vous n'êtes pas capables d'avoir un bon gouvernement chez vous, là-bas. Je leur disais que, près de mon village, il y avait une large rivière, très profonde, avec des grottes sombres qui s'étaient creusées sous les berges et où vivaient des poissons pâles et aveugles. Il n'y a pas de lumière dans ces grottes, ce qui fait qu'au bout d'un millier de générations, le truc de la vision s'est évaporé de leur espèce. Vous voyez ce que je veux dire ? disais-je aux employés. Sans lumière, comment pouvez-vous conserver la vision des yeux ? Sans avenir, comment pouvez-vous conserver le vision du gouvernement ? Nous pourrions essayer de toutes nos forces, dans mon monde. Nous pourrions avoir un ministre de l'Heure du Déjeuner le plus diligent qui soit. Nous pourrions avoir un excellent Premier ministre des Heures les plus Tranquilles de la Fin d'Après-Midi. Mais quand vient le crépuscule - voyez-vous ? - notre monde disparaît. Il ne peut pas voir au-delà de la journée présente, parce que vous lui avez pris demain. Et comme vous avez demain sous les yeux, vous ne pouvez pas voir ce qui se fait aujourd'hui.

17:54 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature anglaise, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it!

Commentaires

Bonjour,

je découvre par hasard votre blog en cherchant d'autres avis sur ce roman... je fais décidemment partie des rares égaré(e)s qui n'ont pas aimé.
Du tout.
Ah les goûts et les couleurs ;)

x

Écrit par : Amélie | 13/06/2010

Répondre à ce commentaire

Bon, je ne suis pas une lectrice de presse féminine et suis bien mauvaise ménagère de moins de 50 ans... Mais j'ai aimé, c'est vrai. Malgré, comme votre analyse le souligne, le côté manichéen hommes = méchant, femmes = victimes ; analyse très juste qui m'a à peine effleurée parce que j'ai davantage porté mon attention sur les aspects tragédie africaine, clivages nord/sud, horreur des conditions de tous les exilés du monde... qui me touchent profondément.
Mais je dois bien avouer que j'aime aussi entendre dire du mal des hommes, voir mises en exergue leurs bassesses... Surtout par un homme :) Faiblesse de femme !
Et heureusement que tous les goûts sont dans la nature.

Écrit par : charlotte à Amélie | 14/06/2010

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.