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Portrait de femme de Henry James

Editions 10/18 : 690 pagesportrait de femme.jpg

Quatrième de couv' : "Roman de l'écrivain américain Henry James (1843-1916), publié en 1880, Portrait de femme est son oeuvre le plus célèbre parce qu'elle possède de quoi intéresser le lecteur le plus superficiel en même temps que le lecteur le plus exigeant. James y conte en effet les aventures d'une jeune fille attrayante qui affronte la vie avec confiance, obtient quelques jolis succès et s'attire mainte sympathie assez honnête. Toutefois, trop de vanité finit par lui tourner la tête. Elle connaît le malheur, tente de s'en sortir, puis se soumet, par devoir, à la triste vie qu'elle s'est créée elle-même." Dictionnaire des oeuvres, Laffont-Bompiani

Alors là, mouais. Si je salue la capacité de l'auteur américain, naturalisé britannique, à compter véritablement parmi les écrivains de la littérature victorienne, je regrette et la forme et le fond.

Je m'attendais à un subtil mélange de Jane Austen et de Thomas Hardy. Je n'ai trouvé au final qu'une héroïne insupportable aux malheurs bien superficiels. Le tout dans un verbe trop soutenu et donc trop fatiguant à lire, même si certains passages sont un réel nectar linguistique. Je ne sais comment le livre ne m'est pas tombé des mains avant la fin.

Extraits :

Notre héroïne avait toujours passé pour une femme de ressource et en avait tiré un certain orgueil, mais elle errait autour du jardin clos des talents, des aptitudes et des réalisations de Madame Merle, du mauvais côté de l'enceinte. Elle se découvrit désireuse de rivaliser avec ces talents et d'imiter les vingt façons dont cette dame s'offrait en exemple. "Mon Dieu, que je voudrais être comme ça !" soupirait secrètement Isabel tandis que se déployaient successivement au grand jour les aspects raffinés de son amie ; elle comprit rapidement que la leçon lui venait d'une autorité magistrale et il ne lui fallut pas plus de temps pour se sentir, selon la formule consacrée, sous influence. "Où est le danger, aussi longtemps que l'influence est salutaire ? se demandait-elle. Plus on est sous bonne influence, mieux cela vaut. L'essentiel est de savoir où nous mènent nos pas, de comprendre où nous allons. Je n'y manquerai jamais, j'en suis sûre. Je n'ai pas à craindre de devenir trop docile ; n'est-ce pas justement mon défaut de ne pas l'être assez ?" On dit que l'imitation est la flatterie la plus sincère ; de fait, lorsque, partagée entre l'ambition et le désespoir, Isabel se sentait poussée à contempler bouche bée son amie, l'envie de briller comptait moins que de le désir de tenir la lampe pour Madame Merle. Elle l'aimait énormément mais était encore plus éblouie qu'attirée.

...

Malgré son besoin de savoir, Isabel répugnait d'instinct à tirer les rideaux et à explorer les coins obscurs. Dans son esprit, l'amour de la connsaissance coexistait avec la plus belle capacité d'ignorance.

...

- D'abord, dit Henrietta, tu t'imagines que tu peux mener une existence romantique, que tu peux vivre pour ton plaisir et pour celui des autres. Tu découvriras que c'est une erreur. Quelle que soit la vie que l'on mène, il fut y mettre son âme pour qu'elle soit une réussite ; et, à partir du moment où tu t'y efforces, la vie cesse d'être un roman, crois-moi, pour devenir une réalité brutale ! Et tu ne peux toujours te plaire à toi-même ; tu dois parfois contenter les autres. Cela, je l'admets, tu es prête à le faire mais une nécessité plus importante encore s'impose : tu dois souvent mécontenter les autres. Tu dois toujours à y être prête ; tu ne peux t'y dérober. Cela ne te va pas du tout ; tu aimes trop être admirée et que l'on pense du bien de toi. Tu crois que l'on peut échapper aux devoirs déplaisant en adoptant des opinions romantiques ; voilà ta grande illusion, ma chérie. Car c'est impossible. Il faut se préparer à déplaire dans la vie, souvent, à beaucoup de gens, et parfois aussi à soi-même.

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