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Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi de K. Pancol

les écureuils.jpgEditions Albin Michel - 848 pages

Présentation de l'éditeur : Souvent la vie s’amuse. Elle nous offre un diamant, caché sous un ticket de métro ou le tombé d’un rideau. Embusqué dans un mot, un regard, un sourire un peu nigaud. Il faut faire attention aux détails. Ils sèment notre vie de petits cailloux et nous guident. Les gens brutaux, les gens pressés, ceux qui portent des gants de boxe ou font gicler le gravier, ignorent les détails. Ils veulent du lourd, de l’imposant, du clinquant, ils ne veulent pas perdre une minute à se baisser pour un sou, une paille, la main d’un homme tremblant. Mais si on se penche, si on arrête le temps, on découvre des diamants dans une main tendue… Et la vie n’est plus jamais triste. Ni le samedi, ni le dimanche, ni le lundi…

Après Les yeux jaunes de crocodiles et La valse lente des tortues, Katherine Pancol nous régale avec le troisième volet de cette merveilleuse saga. C'est LA lecture de l'été à ne pas manquer. D'aucuns, réputés pour ne pas supporter les succès de masse, disent que l'auteur rallonge la sauce, que ses personnages sont complètement surréalistes et j'en passe. Mais qui a dit que la littérature ne devait présenter que des protagonistes ancrés dans la réalité ? La lecture n'est-elle pas aussi l'évasion au gré de l'imagination de l'écrivain ? Les premiers tomes étaient certes propices à l'identification. Ici, la fiction s'immice et c'est très plaisant.

Pour reprendre une citation de Colette, utilisée dans ce tome mais dont j'userai pour qualifier la plume de l'auteur :

Avec les mots de tout le monde, écrire comme personne.

C'est ce qui fait les auteurs inoubliables tels Irving, Pennac et tant d'autres, pour notre plus grand plaisir.

Extraits :

J'ai vingt ans, je veux être libre, indépendant. Faire ce que je veux de ma vie. Et surtout, surtout que tu ne t'en occupes plus. Laisse-moi vivre, m'égratigner, m'user, me former, me déformer, me réformer, laisse-moi faire l'élastique avant de prendre la place qui me conviendra.

...

On a souvent tendance à croire que le passé est le passé. Qu'on ne le reverra plus jamais. Comme s'il était inscrit sur une ardoise magique et qu'on l'avait effacé. On croit aussi qu'avec les années, on a passé à la trappe ses erreurs de jeunesse, ses amours de pacotille, ses échecs, ses lâchetés, ses mensonges, ses petits arrangements, ses forfaitures.

On se dit qu'on a bien tout balayé. Bien tout fait glisser sous le tapis.

On se dit que le passé porte bien son nom : passé.

Passé de mode, passé d'actualité, dépassé.

Enterré.

On a commencé une nouvelle page. Une nouvelle page qui porte le beau nom d'avenir. Une vie qu'on revendique, dont on est fier, une vie qu'on a choisie. Alors que, dans le passé, on ne choisissait pas toujours. On subissait, on était influencé, on ne savait pas quoi penser, on se cherchait, on disait oui, on disait non, on disait chiche sans savoir pourquoi. C'est pour cela qu'on a inventé le mot "passé" : pour y glisser tout ce qui nous gênait, nous faisait rougir ou trembler.

Et puis un jour, il revient.

Il emboutit le présent. S'installe. Pollue.

Et finit même par obscurcir l'avenir.

...

Il y a des gens avec qui l'on passe une grande partie de sa vie et qui ne vous apportent rien. Qui ne vous éclairent pas, ne vous nourrissent pas, ne vous donnent pas d'élan. Encore heureux qu'ils ne vous détruisent pas à petit feu en s'accrichant à vos basques et en vous suçant le sang.

Et puis...

Il y a ceux que l'on croise, que l'on connaît à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demie-heure et changent le cours de votre vie.

...

Vouloir oublier quelqu'un, c'est y penser tout le temps.

...

La foi en la vie, c'est de croire (...) qu'il y a une place pour toi derrière le brouilard. En ce moment, tu penses que tu es tout petit, sans importance, mais quelque part, derrière tout ce gris, une place t'es réservée, où tu seras heureux... Alors ne juge pas ta viie par rapport à ce que tu es aujourd'hui, juge-là en pensant à cette place que tu vas finir par occuper si tu cherches vraiment sans tricher...

...

A quoi ça sert de vivre, alors..., se demanda-t-il, si on ne vit pour rien ? Si vivre, c'est simplement ajouter un jour à l'autre et se dire comme tant de gens qu'on ne voit pas le temps passer... En un éclair, il entrevit l'image d'une vie lisse, platequi fonçait dans le vide et une autre pleine de bosses et d'incertitudes où l'homme s'engageait, se battait pour tenir debout. Et, étrangement, c'était le première qui engendrait en lui la terreur...

...

Il faut secouer la vie autrement elle nous ronge.

...

Lorsque l'home aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d'eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, alors il se rendra compte que l'argent n'est pas comestible.

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