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  • Cadavre exquis de Pénélope Bagieu

    cadavre exquis.jpgEditions Gallimard - 124 pages

    Présentation de l'éditeur : Zoé  un boulot pas drôle : elle est hôtesse d'accueil dans les salons de l'automobile ou du fromage et doit faire bonne figure, debout toute la journée avec des chaussures qui font mal aux pieds. Le jour où elle rencontre Thomas Rocher, écrivain à succès, la vie semble enfin lui sourire. Mais pourquoi Thomas ne sort-il jamais de son grand appartement parisien ? L'amour peut-il vivre en huis-clos ? Et quel est dans cette histoire le rôle d'Agathe, la belle, froide et machiavélique éditrice de l'écrivain ?

    D'un point de vue du trait, l'on reconnaît inconstestablement la griffe de Pénélope Jolicoeur. Mais d'un point de vue du contenu, l'on est bien loin - enfin ? - de la BD girly, de la chick' litt' dessinée. L'histoire est réellement excellente, pleine de rebondissements et au dénouement magistral. L'on en viendrait presque à regretter que ce ne soit pas un roman (uniquement parce qu'il offrirait un traitement plus inscrit dans la durée).

    Jusqu'à présent, Pénélope Bagieu était pour moi une people de la blogo avec un talent certain d'illustratrice lui ayant permis de faire de la BD (Ma vie est tout à fait fascinante et Joséphine 1 & 2) et de la pub. Cadavre exquis la consacre véritablement auteur. Chapeau.

  • Metronom' de Corbeyran et Grun

    Editions Glénat - 56 pagesmetronom.jpg

    Tome 1 : Tolérance zéro

    Quatrième de couv' : Dans un avenir proche, au sein d'une société totalitaire qui écrase l'individu au profit de la toute-puissance et du mensonge étatiques, une femme mène un combat pour découvrir les raisons de la disparition mystérieuse de son mari parti en mission spatiale...

    Préface de Enki Bilal : Ecrire de la science-fiction pure est presque devenu mission impossible : tout ce qu'avaient envisagé les grands textes fondateurs du XXe siècle est advenu, à l'exception du voyage dans le temps. C'est ce que dit en substance Pierre Christin, orfèvre en cette matière-là aussi. J'y souscris sans état d'âme, sans pour autant considérer le terrain définitivement asséché, notre monde se régénérant de manière obsessionnellement immuable, avec toujours les mêmes tares, les mêmes fautes, le même cynisme. Corbeyran et Grun pointent du bout du doigt ces zones qui font toujours mal, avec une conviction et une force dont le classicisme assumé est un véritable atout. Les matières écrites et peintes sont en fusion et en harmonie, ce qui, dans le genre, est assez rare. On entre de plain-pied dans une zone grise qui est, comme il se doit, notre miroir, et où l'on voit l'homme se débattre. Un monde à la fois proche et lointain, familier et inquiétant, traversé de crises successives mais fondamentalement immobile. C'était demain, ce sera hier, c'est clairement dit.

    Un premier opus très prometteur d'une série au coeur d'un régime liberticide qui combat, entre autres, "l'une des plus insidieuses formes d'incivisme : le suicide". Cet univers n'est pas sans rappeler celui d'Orwell dans 1984 mais n'a rien d'une redite ou d'un ersatz. "Catalogué" dans la catégorie SF, ce premier chapitre, ne serait-ce que par son titre, sonne pourtant très réaliste...

    Le graphisme très esthétique nous plonge parfaitement dans l'ambiance sombre d'une politique de l'écrasement de l'individu poussée à son paroxysme. Il est incontestablement d'inspiration bilalienne ; inspiration réussie puisque le maître a signé la préface.

    Le suspens est à son comble. A quand le tome 2 ?

  • Les derniers jours d'un immortel de Bonneval & Vehlmann

    derniers jours.jpgEditions Futuropolis - 150 pages

    Présentation de l'éditeur : Depuis l'Incal, on sait que la science-fiction ne se limite pas au space opéra mais peut aussi être conte philosophique. Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval relèvent le défi avec brio, évoquant avant tout les pauvres humanoïdes que nous sommes, privilégiant les évolutions, révolutions, mutations psychologiques et philosophiques, aux progrès technologiques. Dans un futur lointain, l'univers a révélé de nombreuses autres civilisations, regroupées dans la «Communauté Universelle». Des espèces, très différentes les unes des autres, cohabitent tant bien que mal. Elijah fait partie de la «Police Philosophique» et doit, à ce titre, régler les conflits qui se produisent, le plus souvent dus à une méconnaissance de l'Autre. Une guerre intestine a d'ailleurs éclaté entre les Ganédons et les Aleph 345. La cause : un crime vieux de plusieurs milliers d'années, ayant provoqué une colère immémoriale qui resurgit et met en péril l'équilibre même de l'univers. La menace est réelle et effroyable. Elijah doit immédiatement en faire sa priorité, sans pour autant abandonner les dossiers en cours. Contre son gré et ses convictions, il se crée un second «écho», sorte de clone dans lequel sont implantées ses données personnelles. Faut ce qu'il faut ! Pourtant, interrogations et doutes de plus en plus prégnants l'assaillent. La décision de son ami de toujours (c'est-à-dire depuis des siècles !) de mettre fin à ses jours n'est pas étrangère à ce mal être. Pourquoi décider de mourir quand on peut vivre éternellement, en excellente santé, avec l'apparence que l'on souhaite et que l'on peut modifier à sa convenance ? Mais justement, dans un monde où la mort n'existe quasiment plus, où la procréation est strictement limitée, que devient la VIE ? Sans son pendant, peut-elle encore avoir un sens ?

    Si science-fiction rime avec action, c'est ici beaucoup plus avec réflexion. Vivre éternellement mais s'oublier pan après pan ? Vivre dans un monde où il faut sans cesse concilier les différentes communautés universelles alors qu'aujourd'hui les seules terriennes s'en montre si difficilement capables ? Autant de questions auxquelles chacun apportera sa réponse... après avoir découvert celle d'Elijah sous le lavis noir aérien et géométrique très sixties/seventies de Gwen de Bonneval, au fil de l'intrigue de Fabien Vehlmann. Un véritable conte philosophique sur la mémoire, l'amitié, l'amour et le sens de l'existence.

    Nous avons beau être devenus immortels, tout reste toujours une question de temps.

  • La fille invisible de Villeneuve & Rocheleau

    Editions Glénat Québec - 48 pagesfille invisible.jpg

    Quatrième de couv' : A la rentrée, la grosse conne sera morte. La grosse conne, c'est Flavie, quinze-ans-presque-seize. Jeune fille à la fois timide et curieuse, Flavie croit pourtant qu'elle est une catastrophe sur deux pattes, un désastre ambulant. Au début de l'été, elle décide de se prendre en mains afin de devenir une nouvelle Flavie : une saine alimentation, plus de desserts et une heure de jogging par jour. C'est le début d'une chute vertigineuse. D'abord du poids de Flave, puis de son existence toute entière.

    Bien que passablement traité en raccourci et de façon quelque peu optimiste au regard de la réelle difficulté à guérir vraiment, cette BD aborde le thème de l'anorexie chez les jeunes filles, victimes de leurs souffrances intérieures bien plus que des diktats de la mode.

    Il s'agit plus d'un livre à mettre entre les mains des malades pour tenter de leur donner une lueur d'espoir qu'entre les mains de l'entourage faute d'une réelle dimension pédagogique.

  • Miss Charity de Marie-Aude Murail

    Miss_Charity.jpgEditions l'école des loisirs - 563 pages

    Charity est une fille. Une petite fille. Elle est comme tous les enfants : débordante de curiosité, assoifée de contacts humains, de paroles et d'échanges, impatiente de créer et de participer à la vie du monde. Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880, ça doit se taire et ne pas trop se montrer, sauf à l'église, à la rigueur. Les adultes qui l'entourent ne font pas attention à elle, ses petites soeurs sont mortes. Alors Charity se réfugie au troisième étage de sa maison en compagnie de Tabitha, sa bonne. Pour ne pas devenir folle d'ennui, ou folle tout court, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare oar coeur et dessine inlassablement des corbeaux par temps de neigen avec l'espoir qu'un jour quelque chose va lui arriver...

    Cette magnifique histoire inspirée de la vie de Beatrix Potter dont j'ai lu moult livres étant petite (Pierre Lapin, Tom Chaton...) a beau être de la littérature française, les inconditionnels de la littérature victorienne ne manqueront pas de l'apprécier. Les thèmes de la bonne société anglaise, de ses rituels et de l'émancipation des femmes, pour n'en citer que trois, nous font immanquablement penser à Jane Austen - entre autres - ; l'on y croise Oscar Wilde et George Bernard Shaw... L'ensemble est tout à fait délicieux, déjà volumineux et pourtant trop court tant on est absorbé par ce récit.

    Ce chemin de vie tout à fait passionnant est à mettre entre les mains des jeunes à partir de 13 ans mais sans limite d'âge. Fortement conseillé aux chères têtes blondes qui disent s'ennuyer et se plaignent de leur morne existence ainsi qu'à tout les autres. Cette oeuvre de la littérature jeunesse (et adulte donc) fait partie des must read, non seulement pour sa qualité mais également pour son impact sur les lecteurs, bien loin des histoires tordues qui envahissent les présentoirs de librairie. N'oublions pas que les livres aussi forgent la jeunesse.