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  • Tous mes voeux d'Anne Weber

    Editions Actes Sud - 143 pagestous mes voeux.jpg

    Quatrième de couv' : L'amour, tout le monde en parle, presque tout le monde le fait, et nul n'est à l'abri de ses extravagances. Au départ, un homme au passage duquel personne ne se retourne dans la rue, un être pâle, exagérément discret et qui paraît, pour tout dire, parfaitement insignifiant. Mais contre toute attente, cet homme se révèle être l'incarnation du prince charmant : épris d'amour, attentionné, courtois, bref, il est l'homme que l'héroïne, car il y en a une, attendait. Tous leux voeux ne seront pas exaucés pour autant. Le jeu subtil de l'écrivain confirmée qu'est Anne Weber, ainsi que sa légèreté pour relater des choses graves, transforment cette chronique d'un amour explosif en une oeuvre romanesque raffinée et profonde. Et si la vengeance était un plat qui se mange en riant ? Tous mes voeux est un conte cruel plein de surprises, d'esprit et de lumière.

    Mouais... Forcément, l'éditeur n'allait pas mettre sur la jaquette "bullshit". Mais pour moi, ce roman est plat, n'a rien d'original, si ce n'est un pseudo-procédé narratif que l'auteur partage avec l'héroïne de son roman raté qui a fini à la poubelle. Sinon, ce n'est que l'histoire banale d'une femme qui se fait avoir par un homme marié ou qui se laisse avoir tellement elle a des oeillères. L'histoire de deux tâches quoi. L'on observe la bêtise et la bassesse des deux parties sans que rien de fantasque ne vienne casser le scénario vieux comme Erode.

    Ce n'est pas forcément dans les vieux pots que l'on fait les meilleures confitures...

  • Un écart de conduite de Michèle Halberstadt

    écart.jpgEditions Albin Michel - 144 pages

    Présentation de l'éditeur : Doit-on payer toute sa vie un délit mineur commis du temps de sa jeunesse ? Une vie exemplaire peut-elle racheter les faits passés ? En 1974, Laura, 19 ans, est condamnée à six ans de prison pour trafic de drogue (elle n'a pas voulu livrer les vrais commanditaires) mais son grand-père la fait évader. Vivant dans la peur d'être découverte, elle change de nom, enfouissant en elle le lourd secret. En 1995, mariée, mère de famille exemplaire, elle voit resurgir dans sa vie le directeur de la prison de Pau... Un étrange destin de femme traquée qui vit dans le mensonge, la double vie, la peur et le silence (on pense à cette Française rattrapée au Mexique par Interpol pour un braquage commis 24 ans auparavant, ou à cette ancienne des Brigades Rouges, devenue assistante sociale). Michèle Halberstadt sait parfaitement évoquer, sans effets ni pathos, la souffrance, sa résonance intérieure, les non-dits qui enferment plus que les verrous, la mélancolie de devoir vivre sans partager l'essentiel de soi et la culpabilité devenue une seconde peau.

    A tous les enthousiasmés par ce résumé, sachez que vous ne pourrez vous procurer ce livre que mercredi. Car si la profession de libraire est davantage proche de celle de manutentionnaire que de celle de conseiller littéraire, elle a certains avantages non négligeables tels la réception de "SP", c'est-à-dire des "services de presse", autrement dit, des livres en avant-première... Ils ne disposent généralement pas de la couverture définitive, ils sont souvent bourrés de fautes car il s'agit souvent d'épreuves non corrigées... Mais qu'importe, ils remplissent sans discrimination - et gratuitement ! - ma bibliothèque.

    Ce roman à paraître est donc un peu court à mon goût mais extrêment bien écrit, très juste, très touchant. Il présente de manière simple et authentique comment le temps de l'insouciance peut marquer de manière indélébile la vie entière et que les condamnations les plus sévères ne sont pas toujours celles de la justice.

    Extraits :

    Elle se revoyait haussant les épaules, impatiente comme elle l'était encore il y a si peu de temps (...). Cette adolescente ombrageuse qu'un rien agaçait, qui ne ménageait personne mais se vexait à la moindre remarque émise, c'était le Laure d'avant, encore pétrie d'enfance, celle qui voyait la vie sur un mode binaire, les bons et les méchants, les intelligents et les crétins, les amis pour la vie et le reste du monde. Elle s'énervait pour un détail, sanglotait pour pas grand-chose, jugeait dénués d'intérêt ceux qui ne pensaient pas comme elle et avait sur l'existence un avis définitif, ne pouvant envisager que le temps puisse façonner différemment sa vision du monde.

    Elle se souvenait de cette liberté de ton et de pensée, de cette arrogance de la jeunesse qui compense la peur de l'avenir par une attitude bravache, pour qui l'insolence est une vertu. Elle avait été cette adolescente susceptible qui compensait son manque d'assurance par une agressivité qu'elle dégainait plus vite que son ombre, réactive, sur la défensive. Comme elle lui semblait loin !

  • 3 instincts de Julien Parra

    Emmanuel Proust Editions - 144 pages3 instincts.jpg

    Quatrième de couv' : Instinct de survie ou instinct de mort ?... Quels liens unissent un flic dans le coma, une femme sadique et un lycéen presque sans histoire ?... Sinon 3 instincts indomptables, qui vont les amener à se retrouver aux limites de la conscience. Dans ce thriller où chaque personnage est sous tension, bienvenue dans l'ultra-violence, aussi angoissante que surprenante. Digne d'un Orange mécanique...

    Âmes sensibles, s'abstenir. Car c'est du trash... mais bien ficelé. Donc rien à voir avec de la violence gratuite. Ceci est un vrai thriller, avec du vrai suspens et un vrai dénouement dedans. Construit comme un puzzle, ce triptyque comment par la fin pour dénouer peu à peu les fils de l'intrigue. Les dessins magnifiques ne sont pas sans rappeler la culture manga et le sens de la scénarisation de l'auteur est juste bluffante.

  • Bien des choses de François Morel et Pascal Rabaté

    bien des choses.jpgEditions Futuropolis - 180 pages

    Présentation de l'éditeur : Quand Pascal Rabaté décide d'illustrer le texte du dernier spectacle de François Morel, il y a comme une forme d'évidence. Il faut dire que ces deux auteurs partagent le même goût de la chronique familiale, observant avec malice, mais sans moquerie, les gens ordinaires. À travers les cartes postales que s'envoient consciencieusement les Rouchon et les Brochon de leurs vacances, se tisse une vie qui se rêve idéale mais où se dévoile, entre les lignes, tous les rituels minuscules qui font le sel de la vie... Tout au long du siècle dernier, le vingtième, l'une des traditions estivales consistait à s'adresser des mots écrits à la main sur des petits bouts de carton. La carte postale jouait franc jeu, s'exposant à la vue de tous. Elle ne cultivait pas le secret. Elle faisait étalage de son bonheur, s'amusant à susciter la jalousie. Au verso, on pouvait profiter d'une vue en couleurs : le casino de Royan, la promenade des anglais ou un coucher de soleil sur Pornichet. D'autres fois, c'était un âne ou une vache ou un verrat avec un soutien-gorge... La légende disait « vachement bonnes vacances ! », « Bonne ânée! » ou « Ben mon cochon ! ». On savait rire. Généralement, pour les rédiger, on profitait d'une journée de pluie, d'un matin sans soleil. Quand enfin, on avait réussi à s'en débarrasser dans une boîte jaune des PTT, on était quitte, de la corvée des cartes postales, jusqu'à l'année prochaine. Comme dans les romances, l'optimisme était de mise sur les cartes postales : le ciel toujours bleu, la mer toujours belle, les vacances toujours bonnes (quoique trop courtes). On ignorait les insolations, les méduses, les moustiques, les attentes dans les aéroports, les routes surchargées, le retard des trains, les locations décevantes, les grains de sable dans les chaussures et les fourmis dans la salade... Sur les cartes postales, simplement, la vie se rêvait idéale. C'est vrai après tout, qu'est-ce qu'on s en fout ? Une carte postale, c'est juste un peu de rêve qui passe...

    Qu'il est loin le temps des relations épistolaires ! Mais ce petit bijou de correspondances est tellement drôle, parfois émouvant, qu'il nous convaincra peut-être de reprendre la plume...

  • ... à la folie de Sylvain Ricard et James

    Editions Futuropolis - 142 pagesà la folie.jpg

    Présentation de l'éditeur : Sylvain Ricard et James racontent l'histoire ordinaire d'un couple qui va s'enfoncer dans la violence conjugale. À la folie est un récit à deux voix. Les personnages, la femme et l'homme racontent la situation telle qu'ils la vivent, presque sans acrimonie. Un récit qui n'occulte pas pour autant la violence physique et psychologique. Voici l'histoire d'un petit couple " ordinaire " qui s'aime un peu, beaucoup, à la folie... Ils se sont rencontrés, il y a quelques années et se sont rapidement mariés. L'homme gagne bien sa vie, la femme n'aura pas besoin de travailler. Pourtant un jour, cette harmonie se brise. Une bête dispute, rien de spécial explique-t-elle. Mais cette dispute entraîne les premiers coups. Leur vie bascule et l'horreur s'installe au quotidien. La femme se tait. Elle finit même par accepter cette situation, voire excuser son mari. Peu à peu, les proches de la femme s'aperçoivent de la situation. Chacune y va de son conseil. Pour son amie, il faut porter plainte auprès de la police. Pour sa mère, la violence masculine est purement hormonale. Ils se calment dès que les femmes accordent quelques " petites attentions " aux hommes. Jusqu'au jour où la femme ne peut plus supporter cette situation atroce...

    Bien souvent divertissante, la bande dessinée est parfois dure. C'est le cas ici sur le thème de la violence conjugale. Dans ce récit à deux voix, celle d'un couple. Une union d'étrangers mariés trop vite qui s'est enfoncée, tout doucement, insidieusement, dans la violence physique et psychologique.

    Dans ce récit d'une vie presque ordinaire, l'on découvre comment l'horreur s'intalle au quotidien, comment l'entourage peut réagir en de pareilles circonstances, comment l'homme passe encore trop souvent entre les mailles du filet pour ce type d'agissements et combien, tout ceci réuni, rend à la femme battue le chemin difficile pour s'en sortir alors qu'elle est déjà dépendante de son bourreau qui sait si bien jouer la victime pour se déculpabiliser. Comme un bon gros connard quoi. Comme "une bête", si l'on s'en tient au graphisme, même si je pense que cela diffame l'animal dont "l'humanité" semble chaque jour plus supérieure à celle de l'homme - qui a donc lui-même défini les notions d'humanité et d'animalité.

    Cette bd, dont on ignore tout avant d'en commencer la lecture, me fait penser que je trouve vraiment dommage que le neuvième art se dote si rarement d'une quatrième de couv'.