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29/03/2010

Un écart de conduite de Michèle Halberstadt

écart.jpgEditions Albin Michel - 144 pages

Présentation de l'éditeur : Doit-on payer toute sa vie un délit mineur commis du temps de sa jeunesse ? Une vie exemplaire peut-elle racheter les faits passés ? En 1974, Laura, 19 ans, est condamnée à six ans de prison pour trafic de drogue (elle n'a pas voulu livrer les vrais commanditaires) mais son grand-père la fait évader. Vivant dans la peur d'être découverte, elle change de nom, enfouissant en elle le lourd secret. En 1995, mariée, mère de famille exemplaire, elle voit resurgir dans sa vie le directeur de la prison de Pau... Un étrange destin de femme traquée qui vit dans le mensonge, la double vie, la peur et le silence (on pense à cette Française rattrapée au Mexique par Interpol pour un braquage commis 24 ans auparavant, ou à cette ancienne des Brigades Rouges, devenue assistante sociale). Michèle Halberstadt sait parfaitement évoquer, sans effets ni pathos, la souffrance, sa résonance intérieure, les non-dits qui enferment plus que les verrous, la mélancolie de devoir vivre sans partager l'essentiel de soi et la culpabilité devenue une seconde peau.

A tous les enthousiasmés par ce résumé, sachez que vous ne pourrez vous procurer ce livre que mercredi. Car si la profession de libraire est davantage proche de celle de manutentionnaire que de celle de conseiller littéraire, elle a certains avantages non négligeables tels la réception de "SP", c'est-à-dire des "services de presse", autrement dit, des livres en avant-première... Ils ne disposent généralement pas de la couverture définitive, ils sont souvent bourrés de fautes car il s'agit souvent d'épreuves non corrigées... Mais qu'importe, ils remplissent sans discrimination - et gratuitement ! - ma bibliothèque.

Ce roman à paraître est donc un peu court à mon goût mais extrêment bien écrit, très juste, très touchant. Il présente de manière simple et authentique comment le temps de l'insouciance peut marquer de manière indélébile la vie entière et que les condamnations les plus sévères ne sont pas toujours celles de la justice.

Extraits :

Elle se revoyait haussant les épaules, impatiente comme elle l'était encore il y a si peu de temps (...). Cette adolescente ombrageuse qu'un rien agaçait, qui ne ménageait personne mais se vexait à la moindre remarque émise, c'était le Laure d'avant, encore pétrie d'enfance, celle qui voyait la vie sur un mode binaire, les bons et les méchants, les intelligents et les crétins, les amis pour la vie et le reste du monde. Elle s'énervait pour un détail, sanglotait pour pas grand-chose, jugeait dénués d'intérêt ceux qui ne pensaient pas comme elle et avait sur l'existence un avis définitif, ne pouvant envisager que le temps puisse façonner différemment sa vision du monde.

Elle se souvenait de cette liberté de ton et de pensée, de cette arrogance de la jeunesse qui compense la peur de l'avenir par une attitude bravache, pour qui l'insolence est une vertu. Elle avait été cette adolescente susceptible qui compensait son manque d'assurance par une agressivité qu'elle dégainait plus vite que son ombre, réactive, sur la défensive. Comme elle lui semblait loin !

09:19 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature française, Livre, Roman, Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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