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  • J'étais l'origine du monde de Christine Orban

    Editions Albin Michel - 138 pagesorban.jpg

    Quatrième de couv' : "Que pouvait-il me demander de plus ? L'inimaginable, il l'a pourtant imaginé. Il ne m'a pas dit : 'Je veux peindre ton sexe, les jambes ouvertes.' Non, ce fut dit différemment. Mais dit. Comment a-t-il osé ? Comment ai-je pu accepter ?" En 1866, Gustave Courbet peignait "L'origine du monde", oeuvre sulfureuse et teintée de mystère, longtemps tenue à l'abri des regards indiscrets. Christine Orban fait revivre sous sa plume Joanna Hifferman, modèle imaginaire de ce tableau unique, fruit d'une démarche artistique poussée à l'extrême et de la folie amoureuse d'un homme. Après avoir livré son corps, c'est le trouble d'un choix que la femme vient exposer crûment. Que sont la honte et la pudeur face au génie ?

    En novembre 2006, le voisinage de la Galerie Helenbek de Nice a fait interdire l'exposition en vitrine d'un tableau hommage à Gustave Courbet, représentant un sexe féminin. Les assauts de pudeur de la population niçoise face à cette oeuvre ont bien démontré que le temps, dont on dit qu'il efface les blessures, n'agit pas de même avec la pruderie, la pudibonderie des âmes puritaines. Je conseille vivement à ces retardataires d'un bon siècle dont l'esprit est le plus mal placé, tout autant qu'aux autres, la lecture de ce magnifique livre qui dépeint une fiction que je me plais à imaginer vraie, en véritable amoureuse de la passion et non de la pornographie.Le démon des mots Charlotte Sapin

    Extraits :

    La nuit tombait, je me suis éloignée de quelques pas vers la mer plate des fins de journée, un vent léger jouait avec ma robe et mes cheveux. Gustave m'a suivie et il est resté à mes côtés à regarder l'horizon comme moi. Après un long silence, il m'a dit : "Je vais vous aimer." Et il est reparti près du feu.
    L'Origine de monde est-elle née, dans son esprit, ce soir-là ?

    Il m'a laissée seule avec ces mots ; à moi de décider l'usage que je voulais en faire. A moi de savoir si je voulais être aimée par lui ou pas.

    L'amour m'effraie. On monte très haut dans le ciel et on n'est jamais sûr de rien, juste de la chute. J'avais donné ma candeur, mes rêves à un homme qui n'en avait rien fait. Je pensais être guérie, et pourtant les paroles de Gustave m'ont troublée. Cette simple promesse d'amour dénotait une singulière connaissance de soi et de son propre génie.
    Je pensai que seul Dieu, en nous plaçant ce soir-là sur une plage, l'un en face de l'autre, savait la suite de l'histoire : j'étais naïve. Courbet avait choisi sa proie. Il n'était pas près de la lâcher. Il avait trouvé le modèle dont il rêvait pour faire reculer les bornes de son art. L'évidence pour cet homme rustre et profond n'était pour moi encore qu'un motif d'étourdissement.

    ...

    Dans l'intimité de l'amour, cette vérité fugace, je peux montrer, donner beaucoup de moi, mais aucun homme ne m'avait demandé encore d'être la figure peinte, le symbole désigné et fixé à jamais de cet abandon.

    L'amour charnel c'est un souffle de vie sans postérité.

    J'étais prête à offrir mes jambes ouvertes sur un sofa à Gustave, pas à Courbet.

  • La preuve de l'existence du Yéti !

    S'il vous en souvient, j'ai évoqué il y a quelques temps, le sujet, entre autres créatures fantastiques, de l'abominable homme des neiges, également appelé Big Foot. Bref, le Yéti.

    Il y était question des croyants et des sceptiques - bien que le Yéti ne soit pas une religion -, de la possibilité de son existence selon certains témoignages et d'un cochon à gagner pour le témoignage le plus probant de sa présence réelle dans nos contrées.

    Et bien voilà, c'est fait, la preuve est incontestablement apportée :

    Yeti2.png

    Le 4x4 Yéti de Skoda existe bel et bien. Des espaces les plus sauvages à l'affluence des villes, rien ne l'effraie ! Sa puissance et son agilité rendent le Yéti totalement polyvalent. Aussi à l'aise dans les contreforts escarpés des Pyrénées que dans l'espace réduit d'une place d'un parking encombré, le Yéti est toujours partant pour toutes les aventures dans lesquelles vous voudrez l'emmener. Boîte automatique, airbag genous, système park assist, système AFS, toit panoramique, système Varioflex, avantage coffre ne sont pas les sept erreurs mais bien les sept différences qui surclassent "l'animal". Couleur, motorisation, finition... Créature polymorphe, le Yéti se prête à toutes vos envies.

    Belle bête !

  • D'amour et d'eau fraîche de T.C. Boyle

    boyle.jpgEditions Grasset - 723 pages

    Quatrième de couv' - Marginocity : c'est le nom de la communauté créée en ce début des années 1970 par un nommé Sender, quelque part en Californie, pour vivre près de la nature et pratiquer l'amour libre. Un modèle qui n'est pas du goût des autorités locales : à force de taxes impayées, de latrines qui débordent et de drogue au grand jour, les rebelles sont priés de vider les lieux... Heureusement, Sender a hérité d'un terrain en Alaska. C'est là qu'il décide d'installer ses "frères et soeurs". Mais l'idéal hippie se révèle moins facile à mettre en oeuvre lorsqu'il fait -15° ou -20° chaque nuit, dans un pays où les trappeurs ont une toute autre conception de la vie saine et naturelle... Pourtant, les uns et les autres s'apprivoiseront peu à peu. Et de cette rencontre improbable naît une histoire délirante et drôle, riche en rebondissements, à travers laquelle l'auteur d'América et d'Un ami de la terre poursuit sa radiographie de l'Amérique moderne.

    Voici un livre divertissant d'un auteur prolixe aux allures de rock star.

    Divertissant au sens noble du terme puisque les grands classiques et les oeuvres posant des problèmes métaphysiques n'ont pas le monopole de la qualité littéraire.

    Divertissant donc tout autant que laid et tragique. Aux travers de personnages attachants, chacun se souviendra de ses élans de flower power fantasmés lors de mémorables rébellions d'adolescents en crise - ce qui étaient d'ailleurs foncièrement paradoxal m'enfin passons. Mais bientôt apparaît le revers de la chimère : derrière l'idéal de vie se cache un milieu ancré dans des conceptions rétrogrades de machisme et de sexisme et les valeurs de solidarité, de fraternité et de partage prônées connaissent de tristes limites.

    Mouais... En écrivant ça, je me suis déprimée toute seule. Finalement, tout n'est qu'utopie car l'homme, naturellement mauvais, est un être vil, égocentré par essence. Mais que le mérite de l'auteur n'en pâtisse pas : l'histoire est accrocheuse et l'analyse pertinente. Parfait pour agrémenter son temps libre.

  • La course au mouton sauvage d'Haruki Murakami

    Editions du Seuil - 374 pagesmouton.jpg

    Quatrième de couv' : La vie du narrateur, jeune cadre publicitaire à Tokyo, n'a rien d'exceptionnel. Jusqu'au jour où, pour avoir utilisé une photographie où figure un mouton d'une espèce rare, il est approché par une puissante organisation d'extrême droite. Le voici contraint de retouver l'animal - doué, il est vrai, de pouvoirs extraordinaires. Comme toujours chez Murakami, le réel repose sur des fondations délicieusement instables...

    Immédiatement rebutée par un style métaphysico-philosophique particulièrement indigeste, j'ai, comme à mon habitude du moins en ce qui concerne les livres, décidé de m'accrocher et de prendre le temps de m'imprégner de la nouveauté. Grand bien m'en a pris puisqu'après une petite centaine de pages un peu lourdes, l'intrigue avait eu raison de ma curiosité, la trame prometteuse m'avait captivée. Sauf que.

    Suis-je hermétique au fantastique, ai-je un esprit par trop rationaliste ? Toujours est-il qu'arrivée au bout de la dernière ligne d'un texte parti en vrille complète 100 pages avant la fin, la seule réaction qui me vint à l'esprit fut : so what ? Soit je suis absolument trop stupide pour comprendre la profondeur de l'oeuvre auquel cas mon honneur bafoué de lectrice fait appel à un éclairage, soit il n'y a vraiment rien à comprendre.

    La morale étant que j'ai lutté des semaines pour relever le défi de ne pas raccrocher un texte pas accrocheur et qu'au final, j'ai la sensation d'être une buse.

    Deux points positifs toutefois dans ce livre : un talent indiscutable pour la description et une titraille, certainement typique de cette littérature, mais qui semble complètement loufoque pour l'occidentale que je suis.

  • Au secours Mrs Dalloway de Mary Dollinger

    dollinger.jpgJacques André Editeur - 258 pages

    Quatrième de couv' : Clare Fournier, jeune anglaise bourgeoisement installée avec mari (radin), enfants (insupportables) et chien (apathique), voit un jour son excentricité toute britannique refaire surface et perturber son quotidien ennuyeux. Entraînée malgré elle dans des péripéties qu'elle nous raconte avec un humour terriblement anglo-saxon, à mi-chemin entre P.G. Wodehouse et W. Allen, elle s'engage sur les traces de Mrs Dalloway, l'héroïne angoissée de V. Woolf, et entreprend la rédaction d'un best-seller dont les personnages se rebellent à leur tour...

    Cet archétype de la mise en abîme est un alliage parfait d'oppositions, jonglant de la réalité à l'idéal fantasmé ou encore de la gravité à la légéreté. Cette subtile recette qui vous entraîne dans le sillage tourbillonnant d'une femme en pleine renaissance n'en est que plus savoureuse. Bizarrement, j'en retiens moins le message de vie que les précieuses remarques quant au métier d'écrivain... Mais la réussite d'un livre ne tient-elle pas dans la capacité à faire se projeter le lecteur, d'une manière ou d'une autre ?

    Seule fausse note pour la fétichiste du livre que je suis, la reliure un peu rigide oblige le lecteur à casser la tranche... Sacrilège ! Mais au final, j'ai opéré cette concession avec plaisir.Le démon des mots Charlotte Sapin

    La lecture de ce livre m'a remis en mémoire une rencontre estivale d'avec un jeune anglais autour d'un apéritif. Alors que je l'initiais au vin français, j'achevais le service et par la même occasion la bouteille en remplissant son verre. Tentant tant bien que mal de lui expliquer qu'en France, quand nous finissions une bouteille, nous nous exclamions "Marié ou pendu avant la fin de l'année", je lui demandais s'il existait un proverbe équivalent outre-Manche. Et lui de me répondre "ow yes, quand nous fini le bouteille, nous dire Oh shit !"... J'adore.