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21/09/2009

Une enfance créole de Patrick Chamoiseau

Edition Gallimard - 186 pages

Tome I - Antan d'enfancechamoiseau.jpg

Quatrième de couv' : Patrick Chamoiseau nous donne ici ses souvenirs d'enfance. Enfance prise dans l'En-ville de Fort-de-France, dans le giron de la merveilleuse Man Ninotte qui ne cesse d'organiser la vie familiale avec un art de vivre et de survivre dont le cocasse et la poésie nous charment. Sous le regard du négrillon se révèle la société créole chatoyante, complexe, aux origines multiples, symbolisée par une ville qui lui ressemble. Il y vivra ses premières expériences : les jeux, la rue, les marchés, le cinéma et aussi la négritude, l'injustice sociale, le racisme. Chronique d'une enfance martiniquaise écrite dans une langue réinventée, Antan d'enfance allie l'art du conteur créole à celui des maîtres de la littérature classique.

Pawol pa ni koulè. Les mots n'ont pas de couleurs.

Et pourtant, ceux de Patrick Chamoiseau dans Une enfance créole I, Antan d'enfance ont le parfum délicieux de la Martinique. Malgré une plongée dans un monde bien loin de la métro(politaine) que je suis, Chamoiseau parvient à éveiller ce sentiment de nostalgie avec des parfums, des couleurs, des atmosphères... que je ne peux qu'imaginer et ce, si facilement grâce aux mots-ventés du poète à mi-chemin entre deux langues, entre deux mondes, entre deux histoires, entre deux vies.

Et encore deux tomes à découvrir : tome II Chemin-d'école, tome III A bout d'enfance.

Extraits :

On ne quitte pas l'enfance, on la serre au fond de soi. On ne s'en détache pas, on la refoule. Ce n'est pas un processus d'amélioration qui achemine vers l'adulte, mais la lente sédimentation d'une croûte autour d'un état sensible qui posera toujours le principe de ce que l'on est. On ne quitte pas l'enfance, on se met à croire à la réalité, ce que l'on dit être réel. La réalité est ferme, stable, tracée bien souvent à l'équerre - et confortable. Le réel (que l'enfance perçoit en ample proximité) est une déflagration complexe, inconfortable, de possibles et d'impossibles. Grandir, c'est ne plus avoir la force d'en assumer la perception. Ou alors c'est dresser entre cette perception et soi le bouclier d'une enveloppe mentale. Le poète - c'est pourquoi - ne grandit jamais ou si peu.

...

Man Ninotte ne disait mot, ne levait pas la tête, semblait en voyage vers un morne d'en elle-même.

15:29 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Citation, Culture, Littérature antillaise, Littérature française, Livre, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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