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14/09/2009

Un Prophète de Jacques Audiard

Policier, drame avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif...un prophète.jpg

Durée : 2h35min.

Interdit aux moins de 12 ans.

Synopsis : Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans. D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des "missions", il s'endurcit et gagne la confiance des Corses. Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau...

Tarif et désagréments divers sont à mes yeux des raisons suffisantes pour ne pas apprécier particulièrement le cinéma (le lieu). Mais quand Haut et Fort m'offre des places (j'ai gagné un concours donc inutile de les envahir de vaines supplications) et qu'une fois sur place je constate que la salle ne réunit en tout et pour tout que six personnes, le visionnage du Grand Prix du soixante-deuxième festival de Cannes se transforme en vrai partie de plaisir.

A condition bien sûr de n'avoir pas l'âme sensible. Parce qu'il faut bien le dire, la mention "interdit aux moins de 12 ans" n'a rien de superfétatoire. Le film est dur, violent, désabusé... vrai. Si le réalisateur se défend d'une quelconque volonté revendicative, son film n'en a pas moins une dimension de documentaire dont il faut tirer des enseignements. Certes, la prison est la "solution" actuelle pour ceux n'ayant pas respecté les règles. D'accord, elle est le lieu où un Malik El Djebena quasi analphabète peut s'armer de lettres pour son improbable réinsertion future. Mais elle est surtout un espace surpeuplé où se côtoient saleté, violence sous toutes ses formes, trafics en tous genres et corruption. Un endroit où une petite frappe doit, pour survivre, devenir un criminel. Et puis c'est l'engrenage...

Difficile de s'attacher à cet anti-héros. Pourtant, ses états d'âmes ne se réduisent à peau de chagrin qu'en passant par la case prison. Et, malgré tout, l'homme reste doué de sentiments, le loup redevient agneau pour un enfant. Pour un instant.

De quoi relancer le débat sur les prisons françaises dont on connaît les piètres résultas largement pointés du doigt par les instances européennes... Mais qui s'en soucie vraiment ? Espérons que ce très long métrage extrêment bien réalisé et fantastiquement interprété provoquera l'indispensable déclic à qui de droit...

14:53 Écrit par charlotte sapin dans Art, Cinéma, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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