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  • Le choix de Sophie de William Styron

    styron.jpgEditions Gallimard - 920 pages

    Résumé : A Brooklyn, en 1947, Stingo, jeune écrivain venu du Sud, rencontre Sophie, jeune catholique polonaise rescapée des camps de la mort. A la relation de la rencontre du jeune homme avec l'amour, se superposent la narration du martyre de Sophie, l'évocation de l'univers concentrationnaire et de l'holocauste nazi. Les deux veines, autobiographique et historique, irriguent en profondeur ce roman et fusionnent en une émouvante parabole sur l'omniprésence du Mal, symbolisée par l'horreur nazie, mais aussi par l'esclavage et le racisme brutal ou larvé de la société américaine, l'intolérance à tous les degrés, la férocité de la lutte de l'homme pour la vie ou la survie la plus élémentaire.

    Je ne saurais expliquer précisément ce à quoi je m'attendais en m'attelant à ce livre, mais une chose est sûre : pas à ça ! Cela dit, le livre a paru en 1979 qui, comme chacun le sait, est une année exceptionnelle, prodigieuse, un cru fantastique, bref l'année du Génie (si je suis née en 1979 ? en toute modestie... oui !). Trève de balivernes : avec 15 millions d'exemplaires vendus, une adaptation cinématographique et un oscar, il eut été étonnant que je sois déçue. L'histoire aussi envoûtante que douloureuse est le reflet exact de la perfidie, de l'excès, de la passion, du sado-masochisme, de la perdition, de l'amitié... bref un portrait aussi fidèle que possible de l'Homme dans toute sa splendeur mais aussi sa bassesse.

    Extraits :

    En premier lieu, il y avait ce somptueux élan d'énergie créatrice, cet abandon naïf qui me permis en un laps de temps si bref de coucher sur le papier les cinquante ou soixante premières pages de mon livre. Jamais je n'ai été capable d'écrire vite, ni avec facilité, et cette fois ne fit pas exception, car, comme d'habitude, j'étais contraint de chercher, avec quelle gaucherie, le mot juste et suais sur les rythmes et les nuances de notre langue certes fastueuse, mais inhumaine et inflexible : néanmoins, soulevé par une étrange et intrépide assurance, je griffonais avec allégresse, tandis que les personnages que j'avais ébauchés semblaient peu à peu s'animer d'une vie propre et que la lourde atmosphère estivale du Tidewater se parait d'une réalité aveuglante et quasi tactile, à croire que sous mes yeux se déroulait un film, un film d'une étrange couleur tridimensionnelle. Comme je la chéris maintenant cette image de moi en cette époque lointaine, moi courbé sur mon pupitre dans cette chambre d'un rose radieux, me chuchotant mélodieusement (comme je le fais encore) les tournures et les phrases jaillies de mon imagination, les testant sur mes lèvres à l'instar d'un versificateur fanatique, sans cesser de goûter la joie suprême de savoir sur le fruit de ce labeur heureux, quelles que fussent ses faiblesses, serait la plus terrifiante, la plus importante de toutes les entreprises dues à l'imagination de l'homme - Le Roman. Le Roman béni. Le Roman sacré. Le Roman Tout-Puissant. Oh, Stingo, comme je t'envie lors de ces lointains après-midi de l'Ere du Premier Roman (si longtemps avant l'âge mûr et les eaux mortes et croupissantes de la stérilité, le dégoût lugubre de toute fiction, et la débâcle de l'ego et de l'ambition) alors que des pulsions immortelles dictaient le moindre de tes tirets et des tes points-virgules, et que tu vouais la foi d'un enfant à la beauté que tu te sentais destiné à faire jaillir.

    ...

    Quand j'étais toute petite fille à Cracovie et très pieuse je m'amusais souvent toute seule à un jeu que j'appelais "la forme de Dieu". Et je voyais quelque chose de si beau - un nuage ou une flamme ou la pente verte d'une montagne ou la façon dont la lumière emplissait le ciel - et j'essayais de découvrir dedans la forme de Dieu, comme si Dieu pouvait vraiment prendre la forme de ce que je regardais et vivait dedans et que moi j'étais capable de Le voir dedans. Et ce jour-là pendant que par la fenêtre je regardais ces bois incroyables qui dévalaient jusqu'à la rivière et le ciel si clair au-dessus, eh bien, je me suis oubliée et pendant quelques instants je me suis crue redevenue petite fille et je me suis mise à essayer de voir la forme de Dieu dans ces choses. Il y avait une merveilleuse odeur de fumée dans l'air et j'ai vu de la fumée monter très loin au-dessus des bois et c'est là-dedans que j'ai vu la forme de Dieu. Mais à ce moment-là il m'est revenu à l'esprit ce que je savais vraiment, ce qui était vraiment la vérité : que Dieu m'a abandonnée une fois de plus, abandonné pour toujours. Il me semblait que je pouvais véritablement Le voir partir, me tourner le dos comme une espèce d'immense bête fauve et s'enfuir avec un grand bruit à travers les feuilles. Mon Dieu ! Stingo, de Lui je ne voyais que ça, cet énorme dos, qui s'enfuyait au milieu des arbres.

    Quelques paroles de l'écrivain, extraites du magazine Lire (décembre 2006) :

    "Il m'a fallu du temps pour comprendre que la littérature était plus que le simple fait de raconter une histoire : un mode d'expression artistique à travers lequel on peut transmettre des messages importants. Quand je dis "message", je n'entends évidemment pas propagande ou prêche. Je veux dire qu'un écrivain peut, si son art est assez fort, faire passer à travers une fiction une vision intuitive de l'Histoire ou de la société contemporaine que les historiens et sociologues ne peuvent exprimer. J'écris pour trouver un sens aux événements majeurs de mon temps lorsqu'ils causent des angoisses et des chocs psychiques : l'esclavage en ce qui concerne Nat Turner, l'Holocauste pour Le choix de Sophie. Un roman, si on y a mis assez de passion et d'intelligence, peut être plus vrai que toutes les thèses des érudits et forcer la compréhension mieux qu'aucune autre documentation : il s'agit à la fois d'être totalement libre dans son imagination et de ne jamais trahir l'exactitude historique. Mon ambition, en tant qu'écrivain, n'est pas de changer le cours du destin des hommes mais de modifier, sans s'éloigner de la vérité, les perceptions d'un seul homme ou d'une seule femme.

    ...

    Je n'écris que l'après-midi, après 4 heures. J'ai toujours été incapable de me concentrer le matin. J'ai besoin de beaucoup marcher, de réfléchir. (...) Les mots ne me viennent pas facilement. Lorsque j'écris, je rassemble les pensées éparses et vagabondes qui se sont présentées à moi pendant ma promenade. (...) Ecrire est une agonie. Chaque phrase, chaque paragraphe doit être définitif avant que je passe au suivant.

    ...

    Je crois qu'un écrivain est quelqu'un qui joue le rôle de passeur entre le lecteur et les mondes dans lesquels ce lecteur va se sentir immergé. Ca, oui, c'est un rôle que l'on peut attribuer à l'écrivain. Mais il ne faut pas pécher par prétention : ce n'est pas l'écrivain qui peut se donner ce rôle. On ne se réveille pas, un beau matin, en se disant : "Tiens, je vais devenir le passeur entre le lecteur et le monde." Non, ce sont les lecteurs - et personne d'autre - qui peuvent nous assigner cette mission. L'unique devoir d'un écrivain est d'être fidèle à sa vision du monde. Mais ce devoir-là est littéraire : il consiste à maintenir haut l'exigence de la langue."

    Moi, quand je serais grande, je voudrais faire William Styron comme métier.

  • Le bar du vieux Français de Stassen et Lapière

    Editions Dupuis - en deux tomes ou édition intégrale

    Scénario : Denis Lapière - Dessin et couleur : Jean-Philippe Stassen

    bar vieux français 1.jpgbar vieux français 2.jpg

    Présentation de l'éditeur : Une émouvante histoire d'amour Célestin et Leila. Deux gosses, deux adolescents. Le premier fuit son village natal, au cœur de l'Afrique, pour remonter vers une Europe qu'il imagine teintée de rêves et de magie. La seconde quitte sans regret cette Europe où elle est née, et sa fugue la conduit vers le Maroc, le pays de ses grands-parents. Au point de leur rencontre, qui paraissait pourtant improbable, perdus dans le désert, un bar en pisé, quelques bidons de fuel épars et un vieux Français qui raconte... Initiation au voyage, soif de vivre, quête d'absolu, Le bar du vieux Français est aussi une émouvante histoire d'amour.

    Ce dyptique a été consacré par de nombreux prix (Prix "Canard" au Festival de Sierre, Meilleur Album étranger au Festival de Breda, Meilleur Album francophone à Durbuy, Prix BD des "Vingt-quatre heures du livre" au Mans, "Alph'Art Coup de Coeur" et Prix de la Presse ("Bloody Mary") au Salon d'Angoulême) et ce n'est pas un hasard.

    Le vieux Français, véritable griot de ce road movie, nous narre la croisée des chemins, des destinées de Leila et Célestin, deux adolescents grandis trop vite, dans son bar au milieu du désert. Fuyant chacun le poids de leurs traditions, ils s'aiment dans ce lieu hors du temps avant de se séparer, en quêtes d'eux-mêmes, en se promettant de s'écrire et de se retrouver dans ce lieu qui à vu naître leur amour. Le vieux Français reçoit, lit et raconte à qui veut l'entendre les lettres qu'il conserve précieusement en attendant de les donner aux intéressés au moment de leurs retrouvailles. Dans cette attente, tout le monde est au courant de cette passion sauf, ironie du sort, les deux protagonistes. Et l'impatience du dénouement de grandir au fil de la lecture...

    C'est n'est qu'une histoire et pourtant, cela ressemble à un témoignage. Les personnages sont bien réels, nous les avons tous rencontrés : des vies simples dans un univers tourmenté ; l'amour qui voit toujours le jour malgré l'horreur et l'intolérance. Dans cette oeuvre humaniste, entre Zola et Kerouac, qui capte tout les contradictions de l'être humain, la description au scalpel de la société se fait au travers des thèmes intemporels et universels du voyage, de la fuite, de l'amour, du choc des cultures, des générations et des civilisations, du poids des traditions et de la difficulté d'intégration. Le tout dans un style graphique qui n'est pas sans rappeler les fresques africaines.

    C'est tendre et dur, c'est tragique et féérique, c'est laid, c'est beau. C'est tout et son contraire.

    C'est la vie. Et on en redemande.

    Voilà une des oeuvres incontournables qui font de la bande dessinée un art à part entière.

  • La mauvaise vie de Frédéric Mitterrand

    Editions Robert Laffont - 351 pagesmitterrand.jpg

    Quatrième de couv' : Un homme se penche sur son passé. Le passé ne lui renvoie que les reflets d'une  mauvaise vie, bien différente de celle que laisse supposer sa notoriété. Autrefois on aurait dit qu'il s'agissait de la divulgation de sa part d'ombre ; aujourd'hui on parlerait de "coming out". Il ne se reconnaît pas dans ce genre de définition. La mauvaise vie qu'il décrit est la seule qu'il a connue. Il l'a gardée secrète en croyant pouvoir la maîtriser. Il l'a racontée autrement au travers des histoires ou des films qui masquaient la vérité. Certains ont pu croire qu'il était content de son existence puisqu'il parvenait à évoquer la nostalgie du bonheur. Mais les instants de joie, les succès, les rencontres n'ont été que des tentatives pour conjurer la peine que sa mauvaise vie lui a procurée. Maintenant cet homme est fatigué et il pense qu'il ne doit plus se mentir à lui-même. Avec un liberté d'esprit exceptionnelle, Frédéric Mitterrand, ici, ose tout dire.

    Je ne m'étais jamais intéressée à cet homme que je croyais uniquement pistonné, qui forçait mon sourire par sa diction précieuse un peu vieille France et dont j'étais incapable de définir la fonction exacte - avant qu'il soit ministre. Et puis le hasard d'un cadeau m'a fait découvrir une plume raffinée, intelligente, subtile, franche. Quel plaisir de sentir au travers de ces lignes le souffle de la libération, de l'abandon, enfin, un peu. Quelle jubilation de lire entre les lignes et de reconnaître des personnages célèbres évoqués avec autant de respect que de discrétion... mais d'évidence aussi. Aucune surprise en revanche dans la révélation d'une souffrance perpétuelle derrière ce masque toujours jovial.

    Une écriture vraie, touchante, qui démontre, si besoin était, dans une retenue délicate, une pudeur oubliée le temps de quelques lignes, qu'en amour, les règles qui n'existent pas sont cruelles et addictives, tant pour les hommes que pour les femmes ; hétérosexuels, homosexuels ou bisexuels.

    Extraits :

    (...) les femmes souffrent mieux que les hommes, elles en sortent plus résolues. Il y a des exceptions mais pas dans ce cas-là.

    ...

    Je n'ai plus parlé de Simone. Ma mère disait à ses amies qu'elle était soulagée que j'ai pu l'oublier sans trop de mal ; elles lui répondaient que c'est le privilège de l'enfance, cette capacité à pouvoir se consoler si vite. Les enfants ne se consolent jamais vite de s'être sentis abandonnés par une femme gentille ; ils font seulement leur premier pas vers la mort et ça leur fait peur.

    ...

    J'ai beaucoup de mal à revenir sur la période ancienne où je m'étais persuadé qu'il était fait pour moi et qu'il serait mon premier homme ; le seul aussi puisque je n'imaginais pas qu'il pourrait y en avoir d'autres après lui, ni ailleurs ni après. J'ai bien assez de mes rêves en plein sommeil, des lieux et des photos que je retrouve constamment pour qu'il ressurgisse à l'improviste tel qu'il était en ce temps-là et que sa voix, son corps, son charme s'accrochent encore à mes pensées vagabondes. Je n'ai pas la nostalgie de mes vingt ans (...) ; je vivais alors dans un état d'exaltation insensée avec la principale préoccupation de lui plaire, retranché du reste de mon existence et aveugle à ce qui se passait autour de moi, tout à mon secret qu'il était le seul à connaître. Je n'arrive plus à retenir les moments heureux ou simplement tranquilles, ils étaient trop précaires et ne me suffisaient pas ; j'ai beau chercher c'est la perpétuelle angoisse de commettre des fautes par maladresse et d'accumuler des torts pas excès d'amour qui revient d'abord aussi vive et cruelle qu'autrefois ; l'incessant défilé des accès d'effervescence et de panique avec lui et sans lui : l'espoir en embuscade et la détresse annoncée sans jamais savoir si j'allais finir par l'atteindre ou par le perdre. (...) et si la mystérieuse machine à sublimer et à souffrir s'est emballée pour moi avec une puissance extraordinaire, c'est aussi parce qu'il avait besoin de la passion que j'éprouvais envers lui pour supporter la déception de ses aventures passées, la peur d'un avenir clandestin, sa vie à Paris qui était triste, morne et ratée. Se replonger dans le cours de nos rencontres (...) ne se résumerait qu'à remuer des vieux mensonges, les faux-semblants d'un scénario que nous écrivions ensemble mais que nous ne lisions pas de la même manière. J'ai tout noté au jour le jour sur des carnets que je ne consulte jamais, j'ai conservé les lettres dans des boîtes bien rangées que je n'ouvre pas, j'attends le soir où je pourrais les regarder sans peine comme les cendres émouvantes et inutiles d'une autre vie ; ce soir-là tarde à venir.

  • Je te retrouverai de John Irving

    irving.jpgEditions du Seuil - 851 pages

    Quatrième de couv' : Dans un port de la mer du Nord, deux silhouettes bravent la nuit : une très jeune femme et son petit garçon à la poursuite du père fugitif. Tandis que William le séducteur fait tonner tous les orgues (ndla : en vrai français, si orgue est masculin, il devient féminin au pluriel...) de Scandinavie, Alice le talonne et gagne sa vie en tatouant sur des épidermes consentants des coeurs brisés, des fleurs voluptueuses et des serments de fidélité. Déçus dans leur quête, mère et fils s'embarquent pour le Nouveau Monde où l'enfant grandit hanté par le fantôme de ce père auquel il redoute, et s'efforce pourtant, de ressembler, par son nomadisme amoureux et son besoin d'envoûter un public. Car à vingt ans Jack Burns est bien décidé à tirer parti de son patrimoine personnel - visage d'ange et mémoire prodigieuse - pour briller au firmament de Hollywood. Or, cette mémoire n'est-elle pas sous influence ? La belle Alice, si habile aux fioritures, a-t-elle dit toute la vérité, et rien que la vérité ? Est-il encore possible de retrouver la trace de l'organiste accro de l'encre au fond de la vieille Europe ? John Irving signe ici son roman le plus abouti et le plus personnel sur l'accession à l'âge d'homme et ses droits de passage. La fable est tonique, et infernale la ronde qui amène enfin Jack Burns à découvrir, au-delà de son roman familial, une vocation d'écrivain.

    851 pages de pure jouissance littéraire ! Quelque peu déconcertée par de récurrentes mauvaises critiques de lecteurs glanées ici ou là en totale discordance avec mon sentiment d'exaltation, j'en ai déduis que cet antagonisme était la résultante d'une différence d'éducation irvingienne. Cette écriture paroxysmique des sujets sous-jacents de l'oeuvre de J.I. ne doit, me semble-t-il, trouver son acmé dans les yeux que du seul lecteur ayant traversé dans un ordre chronologique la bibliographie du maître ès vies tourmentées et pourtant si optimistes. Plutôt à éviter donc pour les néophytes. Pour les autres, je préfère ne rien ajouter si ce n'est : lisez si m'en croyez, n'attendez à demain.

    Je vais quant à moi me guérir de ce vide qui m'envahit à chaque nouvelle petite mort (oui je sais... mais j'ai évoqué la jouissance littéraire !) en me plongeant dans un autre bouquin.

    Extraits :

    Lance ta dernière réplique de façon que ton public singulier s'en souvienne, Jack. Il faut que ta dernière réplique soit inoubliable !"

    ...

    Même si l'empire du soir, je le sais

    S'est volatilisé

    Si son sable de mes doigts a glissé

    Si je reste là, aveugle encore qu'éveillé

    Ma lassitude me stupéfie

    Je suis sur le sol comme cloué

    Plus personne à aller trouver

    Dans cette antique rue déserte

    Bien trop morte pour rêver.

    Ah tu fais semblant comme une femme, oui c'est vrai

    Tu fais l'amour comme une femme, oui c'est vrai

    Et puis tu souffres comme une femme

    Mais tu te brises comme une petite fille.

    Just like a woman - Bob Dylan

    Sans oublier une mention spéciale pour le choix de la couverture qui, comme à l'accoutumée, est à redécouvrir une fois l'oeuvre achevée.

  • Lettre au père de Franz Kafka

    Editions Gallimard - 99 pageskafka.jpg

    Quatrième de couv' : "Très cher père, tu m'as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi.  Comme d'habitude, je n'ai rien su te répondre..." Réel et fiction ne font qu'un dans la lettre désespérée que Kafka adresse à son père. Il tente, en vain, de comprendre leur relation qui mêle admiration et répulsion, peur et amour, respect et mépris. Réquisitoire jamais remis à son destinataire, tentative obstinée pour comprendre, la Lettre au père est au centre de l'oeuvre de Kafka.

    Aucun extrait de ce texte qui m'a profondément touchée. D'une part, parce que je ne voudrais pas gâcher le plaisir des personnes intéressées par ce texte déjà suffisamment court et d'autre part, car aussi court soit-il, il serait malgré tout trop long de le recopier intégralement, or chaque mot a trouvé écho en moi.

    A tous les Oedipe non totalement résolus, deux heures sont suffisantes pour venir à bout de ce livre qui vous procure la sensation étrange d'être l'auteur... Et non, personne n'est un cas isolé ! A méditer...