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Je te retrouverai de John Irving

irving.jpgEditions du Seuil - 851 pages

Quatrième de couv' : Dans un port de la mer du Nord, deux silhouettes bravent la nuit : une très jeune femme et son petit garçon à la poursuite du père fugitif. Tandis que William le séducteur fait tonner tous les orgues (ndla : en vrai français, si orgue est masculin, il devient féminin au pluriel...) de Scandinavie, Alice le talonne et gagne sa vie en tatouant sur des épidermes consentants des coeurs brisés, des fleurs voluptueuses et des serments de fidélité. Déçus dans leur quête, mère et fils s'embarquent pour le Nouveau Monde où l'enfant grandit hanté par le fantôme de ce père auquel il redoute, et s'efforce pourtant, de ressembler, par son nomadisme amoureux et son besoin d'envoûter un public. Car à vingt ans Jack Burns est bien décidé à tirer parti de son patrimoine personnel - visage d'ange et mémoire prodigieuse - pour briller au firmament de Hollywood. Or, cette mémoire n'est-elle pas sous influence ? La belle Alice, si habile aux fioritures, a-t-elle dit toute la vérité, et rien que la vérité ? Est-il encore possible de retrouver la trace de l'organiste accro de l'encre au fond de la vieille Europe ? John Irving signe ici son roman le plus abouti et le plus personnel sur l'accession à l'âge d'homme et ses droits de passage. La fable est tonique, et infernale la ronde qui amène enfin Jack Burns à découvrir, au-delà de son roman familial, une vocation d'écrivain.

851 pages de pure jouissance littéraire ! Quelque peu déconcertée par de récurrentes mauvaises critiques de lecteurs glanées ici ou là en totale discordance avec mon sentiment d'exaltation, j'en ai déduis que cet antagonisme était la résultante d'une différence d'éducation irvingienne. Cette écriture paroxysmique des sujets sous-jacents de l'oeuvre de J.I. ne doit, me semble-t-il, trouver son acmé dans les yeux que du seul lecteur ayant traversé dans un ordre chronologique la bibliographie du maître ès vies tourmentées et pourtant si optimistes. Plutôt à éviter donc pour les néophytes. Pour les autres, je préfère ne rien ajouter si ce n'est : lisez si m'en croyez, n'attendez à demain.

Je vais quant à moi me guérir de ce vide qui m'envahit à chaque nouvelle petite mort (oui je sais... mais j'ai évoqué la jouissance littéraire !) en me plongeant dans un autre bouquin.

Extraits :

Lance ta dernière réplique de façon que ton public singulier s'en souvienne, Jack. Il faut que ta dernière réplique soit inoubliable !"

...

Même si l'empire du soir, je le sais

S'est volatilisé

Si son sable de mes doigts a glissé

Si je reste là, aveugle encore qu'éveillé

Ma lassitude me stupéfie

Je suis sur le sol comme cloué

Plus personne à aller trouver

Dans cette antique rue déserte

Bien trop morte pour rêver.

Ah tu fais semblant comme une femme, oui c'est vrai

Tu fais l'amour comme une femme, oui c'est vrai

Et puis tu souffres comme une femme

Mais tu te brises comme une petite fille.

Just like a woman - Bob Dylan

Sans oublier une mention spéciale pour le choix de la couverture qui, comme à l'accoutumée, est à redécouvrir une fois l'oeuvre achevée.

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