Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Pour le plaisir

    Navrée de décevoir les fans de l'incontournable star qu'est Herbert Léonard, mais le sujet du jour n'est pas la musique... bien que les fétichistes du livre ouïront, à n'en pas douter, une douce mélodie intérieure à la vue de ces quelques images.

    bib2.jpg
    bib.jpg
    bib3.jpg
    bib4.jpg
    bib5.jpg
    bib6.jpg
    bib8.jpg
    bib7.jpg
    bib9.jpg
    bib10.jpg
    bib11.jpg
    bib12.jpg
    bib13.jpg
  • Mrs Dalloway de Virginia Woolf

    mrs dalloway.jpgEditions Gallimard - 321 pages

    Quatrième de couv' : Le roman, publié en 1925, raconte la journée d'une femme élégante de Londres, en mêlant impressions présentes et souvenirs, personnages surgis du passé, comme un ancien amour, ou membres de sa famille et de son entourage. Ce grand monologue intérieur exprime la difficulté de relier soi et les autres, le présent et le passé, le langage et le silence, le mouvement et l'immobilité. La qualité la plus importante du livre est d'être un roman poétique, porté par la musique d'une phrase chantante et comme ailée. Les impressions y deviennent des aventures. C'est pourquoi c'est peut-être le chef-d'oeuvre de l'auteur - la plus grande romancière anglaise du XXe siècle.

    D'aucuns suivant un tant soit peu les écrits futiles de ce présent blog - ainsi que ceux de son prédécesseur - savent qu'il m'est impossible de ne pas achever la lecture d'un livre commencé, aussi mauvais soit-il - selon des critères qui n'engagent naturellement que la subjectivité de mes goûts.

    Mais ne pas renoncer ne signifie pas ne pas différer. C'est ainsi qu'après avoir amorcé, sous l'impulsion d'Au secours Mrs Dalloway de Mary Dollinger, le plus célèbre des romans de Virginia Woolf, j'ai lâchement remis et remis et remis la lecture de cette oeuvre majeure qui n'avait pas eu le don de faire opérer sa magie sur moi.

    Pas moins de deux années plus tard et faute de mieux, je me suis lancée le défi d'enfin terminer les quelque trois cents pages. La conclusion, bien que cette traversée littéraire ne fut pas aussi laborieuse que cela, est que si je suis une amoureuse de la littérature anglaise, je préfère résolument à toute autre celle du XIXe (Austen, Brontë, Hardy, Eliot...).

    Je dois bien dire que j'ai quelque peu de mal à comprendre pourquoi il est dit en jaquette qu'il s'agit d'un "grand monologue intérieur". J'y ai vu pour ma part une succession de monologues intérieurs, mais nullement exclusifs à l'héroïne. Cela dit, l'écriture est tellement complexe, alambiquée, fastidieuse... que jamais je n'aurai la prétention de dire que j'ai tout compris.

    Si j'aime les syntaxes recherchées et le verbe élaboré, je dois reconnaître qu'en la matière, comme pour Proust, trop, c'est trop. Un excès de complexité annihile l'indispensable naturel de l'écriture et ôte tout plaisir à la lecture, qui devient un défi grammatical à relever. Et pour moi, lire doit être avant tout un délice et non un exercice.

    Je ne me cantonnerai naturellement pas à cette seule approche, histoire de donne sa chance au "produit" (des recommandations ?...) et pense me pencher sur la vie à la fois palpitante et tragique de l'auteur...

    Extraits :

    Elle aurait de beaucoup préféré être de ces gens qui, comme Richard, faisaient les choses pour elles-mêmes ; alors qu'elle, se disait-elle en attendant de traverser, la moitié du temps, elle ne faisait pas les choses tout simplement, pour elles-mêmes ; mais afin que les gens pensent ceci ou cela ; et c'était complètement idiot (...) car personne ne s'y laissait prendre une seconde. Ah, si elle avait pu refaire sa vie !

    ...

    Elle savait ce qui lui manquait. Ce n'était pas la beauté ; ce n'était pas l'intelligence. C'était quelque chose de central qui irradie ; une certaine chaleur qui crève les surfaces et rend frémissant le froid contact entre un homme et une femme, ou entre des femmes.

    ...

    Bon, je me suis bien amusé ; et c'est fini, se dit-il, en levant les yeux vers les corbeilles suspendues de géraniums pâles. Et le voilà réduit en poudre, son moment d'amusement, car il l'avait plus ou moins fabriqué de toutes pièces, il le savait bien ; il l'avait inventée, cette aventure avec la jeune femme ; il l'avait fabriquée, comme on se fabrique les trois quarts de sa vie, se dit-il, et comme on se fabrique soi-même ; il avait fabriqué cette jeune femme ; il avait créé ce moment charmant, avec quelque chose en plus. Mais chose bizarre, et vraie : on ne pouvait rien partager de tout cela - et cela se réduisait en poudre.

    ...

    Quelle affreuse soirée ! Il était d'humeur de plus en plus maussade, et pas seulement à cause de l'incident ; à cause de tout. Et il ne pouvait même pas la voir ; mettre les choses au point ; avoir une explication avec elle. Il y avait toujours du monde - elle continuerait comme s'il ne s'était rien passé. C'était cela qui était exaspérant chez elle - cette froideur, cette insensibilité, quelque chose de très profond chez elle, il l'avait senti à nouveau en lui parlant ce matin ; quelque chose d'impénétrable. Pourtant, Dieu sait qu'il l'aimait. Elle avait le don de vous mettre les nerfs en pelote, oui, de vous les rouler en tire-bouchon.

    ...

    C'était affreux, criait-il, affreux, affreux !

    Et pourtant, le soleil répandait sa chaleur. Et pourtant, on finissait par se remettre. Et pourtant, la vie savait ajouter à un jour un autre jour.

    ...

    Ces bandits, les dieux, ne gagneront pas entièrement la partie - son idée était que les dieux, qui ne perdaient pas une occasion de meurtrir, contrecarrer, gâcher les vies humaines, étaient pris à contre-pied, si, malgré tout, vous vous conduisiez avec classe. (...) Par la suite, elle était devenue un peu moins affirmative ; elle en était venue à la conclusion que les dieux n'existaient pas ; on ne pouvait en vouloir à personne ; et elle avait adopté la religion des athées, consistant à faire le bien pour l'amour du bien.

    ...

    On ne peut pas mettre des enfants au monde dans un monde tel que celui-ci. On ne peut pas perpétuer la souffrance, contribuer à la reproduction de ces animaux libidineux, qui n'ont pas d'émotions durables, rien que des caprices et des vanités qui les font dériver trnaôt par-ci, tantôt par-là.

    ...

    Elle avait besoin d'être soutenue. Ce n'était pas qu'elle fût faible. Mais elle avait besoin qu'on la soutienne.