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Chronique familiale #1

Comme le chantait Maxime Le Forestier, on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille. Ce à quoi j'ajouterais : pas plus que sa belle-famille.

Illustration parfaite, un jour d'antan, ma famille m'a tuer, pour reprendre l'orthographe de Ghislaine Marchal. Mais ça, je l'ai déjà raconté. famille.jpgPar ailleurs, ce ne fut pas l'unique fois de ma vie de fille, de soeur, de nièce, de tante... que je fus crucifiée sur l'autel du sang, comme nous le développerons progressivement au fil de cette nouvelle chronique. Mais aujourd'hui dans ma ligne de mire : la belle-famille.

Car comment inaugurer ces mémoires un peu vachardes en ne parlant pas de la famille bis pour laquelle nous sommes définitivement moins indulgents rapport aux non patrimoine génétique et non passé affectif communs.

Ainsi, un jour, j'ai connu un garçon - nous l'appellerons Le Garçon - dont la famille habitait loin. Très loin. De fait, les rencontres des différents membres de cette tribu étaient bien rares. Mais pas inexistantes. Et c'est lors de l'une d'elles que Le Garçon dut subir un examen médical pénible - pour ne rien cacher une coloscopie.

Pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de cette pratique, il s'agit de l'examen visuel par sonde du côlon également appelé endoscopie digestive. En clair, c'est une exploration par caméra du rectum et de tout le gros intestin, qui se pratique en France sous anesthésie générale. Pour obtenir un "film" de qualité, le patient doit se préparer minutieusement dès la veille en buvant des litres d'une potion peu ragoûtante pour ne pas dire vomitive et permettant l'évacuation de toutes les matières fécales par diarrhée. D'aucuns nous reprocheront notre présente précision chirurgicale, mais elle est bien légitime en la matière.

Comme tout un chacun s'en doute, c'est le genre d'événement que l'on préfère classer bien volontiers dans les moments de solitude, au sens premier du terme. Mais en l'occurrence, Le Garçon partageait momentanément son micro studio avec deux membres de sa famille, justement de passage à ce moment-là et souhaitant faire l'économie - un peu pingre pour le coup, moi ce que j'en dis... - d'une chambre d'hôtel. Naturellement, dans moins de vingt mètres carrés, que tu sois sur le lit, devant la télé, en train de cuisiner ou aux toilettes, tu es passablement au même endroit. Souhaitant se vider les entrailles en paix, Le Garçon dut demander, puisque ça ne traversait manifestement pas l'esprit de ses hôtes, d'obtenir trois ou quatre heures de tranquilité en sa demeure - là où j'aurais d'ores et déjà déclaré froidement "dégagez !" en claquant la porte. Et les invités de décréter, dans une finesse psychologique pour le moins étonnante, que ça ne les dérangeait pas de supporter "le bruit".

Pour faire court, Le Garçon en a chié.

Le lendemain, j'emmène Le Garçon à la clinique dont le personnel me notifie la nécessité de venir récupérer le patient et le surveiller en post-op'. Je reviens donc quelques heures après et embarque chez moi Le Garçon shooté à l'anesthésie et amputé de deux polypes.

A ce stade, il est bon de préciser que les complications d'une coloscopie sont exceptionnelles, telle que l'hémorragie en cas de biopsie ou d'ablation de polype (moins de 0,5 %).

S'il était besoin de préciser, je dirais que Le Garçon a fait une hémorragie sur mes chiottes.

Retour à la clinique où Le Garçon est réembarqué d'office au bloc. Et moi de patienter pendant des heures en salle d'attente.

Le soir.

Un vendredi soir.

Seule.

Et la famille en squat de se la couler douce chez Le Garçon.

Je me démène malgré tout pour les joindre, les informer de l'état de santé du Garçon, leur préciser qu'il est hospitalisé pour la nuit et que je passe les prendre à l'appartement du Garçon le lendemain à onze heures afin que nous allions le récupérer ensemble.

Après une nuit peu reposante - notons que j'avais du gérer une situation angoissante en contenant mon stress pour ne pas rendre le Garçon, hypocondriaque notoire évidemment pessimiste sur son pronostic vital, complètement hystérique -, je me rendis à l'appartement du Garçon bien plus tôt que prévu, n'y tenant plus.

C'est donc à 10h15 au lieu des onze annoncées que je cueillais ma belle-famille sur le seuil, s'en allant sans scrupules jouer le soutien familial sans m'attendre. D'un air un peu pincé, je signifiais qu'il serait extrêmement courtois de me rouvrir la porte afin que je prenne des affaires de toilette et de rechange pour Le Garçon, puisqu'elles n'y avaient manifestement pas pensé.

Après tout ça, le coup de grâce m'a été porté sur le chemin de la clinique où les membres de la famille du Garçon se sont gargarisés d'auto-congratulations, se félicitant que tout ceci soit arrivé pendant qu'ils étaient là.

Ben ça c'est sûr, hein, heureusement qu'on peut toujours compter sur la famille !

Commentaires

  • je compatis, une coloscopie ça se vit seul(e)!

  • Je ne peux qu'imaginer mais je suis a priori entièrement de cet avis.

  • je connais un garçon du genre hypocondriaque, de nature anxieuse, pessimiste à mort, un peu à bout et un peu bousculé par la life,néophyte en matière de stress postchirurgical qui a connu la même chose. la veille d'un exam un peu pénible sa tante c'est tapé l'incruste et lui a complètement fait à l'envers...genre "j'ai plus de tunes,je peux rester 2 jours"?... la nana l'a squatté 1 semaine ! après son opération, le mec en rentrant chez lui après 2 nuits presque blanches,n'a pas pu se reposer!!! sa tante ronflait comme une baleine, le voisin d'à côté fêtait son anniversaire, et le voisin du dessous poussait à 2h du mat sur fond de musique tech les décibels de sa chaine hifi. l'enfer !!!
    le mec a pété un plomb !!!
    pour revenir à sa tante elle c'est bien fait au maxi 1000 euros d'économie (en nuits d'hôtel) sur sa tête. ces 1000 euros ont été utilisés à bon escient par sa dite tante chérie. la veinarde c'est tapé une semaine de shopping (bhv, printemps, galeries lafayette)dans la capitale!!!
    en partant, pour service rendu, l'ingrate lui a filé 60 euros de chèque vacances qu'on lui avait filé auparavant et qui ne servait plus à rien vu qu'elle rentrait dans son pays!
    merci tata !!
    mais le plus terrible c'est qu'après son pétage de plomb,le lendemain le mec c'est fait larguer par "l'amour de sa vie".la loose!
    moralité, on choisit pas sa famille, on choisit pas ses voisins mais on peut choisir ces amis.

  • et on peut choisir sa belle famille !!!!

Les commentaires sont fermés.