« Boucher double | Page d'accueil | Paris ou le fantasme du contrat d'assurance auto »
11.10.2008
Histoire d'eau
Avec un telle titre, comment ne pas évoquer Pauline Réage, son roman français publié en 1954 et souvent considéré comme la confession d'une prosélyte du sado-masochisme alors qu'il s'agit en fait d'un livre érotique et pornographique derrière lequel se cache une lettre d'amour adressée à Jean Paulhan qui avait mis au défi l'auteur, alors transie d'amour, d'écrire un roman osé, l'en jugeant incapable et qui, après avoir lui-même insisté pour publier l'ouvrage à l'origine à lui seul destiné, déclara dans la préface qu'il en fit :
« Enfin une femme qui avoue ! Qui avoue quoi ? Ce dont les femmes se sont de tout temps défendues (mais jamais plus qu'aujourd'hui). Ce que les hommes de tout temps leur reprochaient : qu'elles ne cessent pas d'obéir à leur sang ; que tout est sexe en elles, et jusqu'à l'esprit. Qu'il faudrait sans cesse les nourrir, sans cesse les laver et les farder, sans cesse les battre. Qu'elles ont simplement besoin d'un bon maître, et qui se défie de sa bonté... » ?
Oui, comment ne pas évoquer le comportement de l'héroïne d'Histoire d'O, qualifié de "destruction dans la joie" par sa génitrice ?
Et bien tout simplement en étant incapable de le faire faute d'avoir parcouru les pages de l'objet du scandale (interdictions multiples, poursuites pour outrage aux bonnes moeurs) qui, plus que la conception très premier degré de "roman érotique", est le cri d'une personne souhaitant appartenir à une autre ; la référence au SM n'étant ainsi pas une vulgaire apologie de pratiques visant à mettre du piment dans la sexualité du couple mais une métaphore de la quête absolue : le don de soi.
Et parce que le seul but de cette note est l'expression d'une sensation : le plaisir ressenti lorsqu'au bord de la déshydratation, j'avale le liquide H2O, le sens lentement couler dans ma gorge, se répandre avec une étonnante délicatesse dans ma poitrine, puis investir chaque recoin de mon ventre... Comme si chacune de mes cellules se gorgeait du fluide de vie.
11:32 Publié dans Cinéma, Citation, Culture, Livre, Moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note







Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://gwordia.hautetfort.com/trackback/1839208
Ecrire un commentaire