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Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol

Editions Albin Michel - 648 pagescrocodiles.jpg

Quatrième de couv' : Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles. Ce roman parle des hommes. Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être. Ce roman est l'histoire d'un mensonge. Mais aussi une histoire d'amours, d'amitiés, de trahisons, d'argent, de rêves. Ce roman est plein de rire et de larmes. Ce roman, c'est la vie.

Si l'on peut dire de moi que je suis bon public du fait d'un goût hétéroclite pour les littératures, je n'en suis pas moins critique. Et l'un des commentaires que je pourrais formuler de manière trop récurrente est le manque de qualité des jaquettes. Or la liseuse n'a-t-elle pas justement pour vocation à être d'une qualité exceptionnelle pour servir les ventes de l'ouvrage ?

Le dernier exemple en date concerne Le Roi de Kahel de Tierno Monénembo. Après la critique que j'en avais lue dans le numéro d'été de Lire, j'étais quasiment convaincue de faire une entorse à mon budget en n'attendant pas la trop lointaine sortie en format poche. Mais une fois en magasin et la belle édition entre les mains, mon enthousiasme s'est tarit et ma patience ressurgit à la simple lecture de la couverture.

Mais cette vérité, comme toute autre, n'a rien d'absolu. C'est ainsi qu'après avoir achevé Les yeux jaunes des crocodiles et alors que je refermais le volume, je m'attachais à redécouvrir le résumé d'accroche.

Et de me dire, comblée en mon for intérieur par la qualité toute simple et la justesse de l'argument de vente, que je ne pourrais dire mieux que cela : ce roman, c'est la vie.

Extraits :

- Tu sais avec quoi joue ton fils, Shirley ?

- Non...

- Avec deux Tampax !

- Ah bon... Il les met pas dans la bouche au moins ?

- Non.

- Parfait ! Au moins il ne reculera pas la première fois qu'une fille lui en mettra un sous le nez.

- Shirley !

- Joséphine, qu'est-ce qui te choque ? Il a quinze ans, ce n'est plus un bébé !

- Il n'aura plus aucune poésie, ton garçon, si tu lui dis tout, lui montres tout, lui expliques tout.

- La poésie, mon cul ! C'est juste un truc qu'on a inventé pour t'entuber. Tu connais des relations poétiques, toi ? Moi, je connais que des arnaques et des carnages.

- Shirley, tu es dure !

- Et toi, Joséphine, tu es dangereuse avec tes illusions...

...

Les femmes seules lui faisaient horreur. Elles étaient si nombreuses ! Toujours à courir, à se démener, la mine pâle, la moue avide. La vie des gens est terrifiante, aujourd'hui, se dit-elle en trempant les lèvres dans son whisky. Il flotte dans l'air une angoisse épouvantable. Et comment en serait-il autrement ? On les prend à la gorge, on les oblige à travailler du matin jusqu'au soir, on les abrutit, on leur inflige des besoins qui ne leur ressemblent pas, qui les égare, qui les pervertissent. On leur interdit, de rêver, de traîner, de perdre leur temps. On les use à la tâche. Les gens ne vivent plus, ils s'usent. A petit feu.

...

- Ce que je vois, c'est que ta Choupette, elle va pas mieux que toi. Vous êtes comme deux otaries échouées sur une banquise déserte et qui se battent froid. Son Chaval, c'était rien du tout ! Un coup de chaud sur la croupe, une envie de précipiter le printemps, un baba au rhum qui te fait de l'oeil et que tu te tapes derrière le comptoir. Ne me dis pas que ça t'es jamais arrivé ?

- Moi, c'est pas pareil, protesta Marcel en se redressant et en tapant de toutes ses forces sur la table.

- Parce que toi, t'es un homme ? Il est vieux, l'argument ! Il sent son petit Napoléon ! Elles ont changé les bonnes femmes, figure-toi. Elles sont comme nous, maintenant, et quand elles ont un petit Chaval bien gominé qui leur emboîte la croupe, elles se prennent un petit acompte mais ça veut rien dire du tout. C'est de la roupie de sansonnet. Elle t'a à la bonne, la Josiane ! Y a qu'à voir la gueule qu'elle déroule derrière son burlingue.

...

Il faut que je retienne cet instant. Il faut qu'il dure encore un peu pour qu'il s'imprime dans ma mémoire. Le moment où il a cessé d'être l'homme que j'aime et qui me torture pour devenir simplement un homme, un camarade, pas encore un ami. Mesurer le temps que ça m'a pris pour que j'arrive à ce résultat. Savourer ce moment où je me détache de lui. En faire une étape. Penser à ce moment précis me donnera des forces, plus tard, quand j'hésiterai, douterai, me découragerai. Ils fallaient qu'ils parlent encore un peu pour que cet instant se remplisse, devienne réel et marque un tournant dans sa vie. Une borne sur sa route. Grâce à ce moment-là, je serai plus forte et je pourrai continuer à avancer en sachant qu'il y a un sens, que toute la douleur que j'ai accumulée depuis qu'il est parti s'est transformée en un pas en avant, une invisible progression. Je ne suis plus la même, j'ai changé, j'ai grandi, j'ai souffert mais cela n'a pas été vain.

...

"Tout homme qui n'est pas misanthrope à quarante ans n'a jamais aimé les hommes."

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