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Chronique amoureuse #12

Et puis t'as beau être deux, des fois, tu te sens très seule. C'est ce qu'on appelle communément le "moment de solitude".

Toi, homme qui a traversé ma vie, tu ne viendras plus te plaindre qu'ici je suis partiale en ne racontant que tes bourdes.

Il est parfois de fâcheuses coïncidences.

Ainsi, il m'est arrivé de sortir avec un garçon ayant perdu ses deux parents. Orphelin quoi.

Déjà, tu t'imagines bien que c'est pas le truc qu'il m'a balancé de but en blanc, un pour pas me mettre mal à l'aise, deux pour ne pas risquer d'essuyer les, j'imagine, quasi systématiques regards compassionnels. N'existant cependant aucun moment propice à ce genre de révélation, il n'est pas difficile d'imaginer ma sensation d'isolement - ce qui peut paraître ironique - au temps venu de l'annonce.

Mais là n'est pas le malheureux concours de circonstances. Enfin, me concernant, si je peux me permettre.

Non, la pure déréliction fut à son paroxysme lorsqu'à l'occasion d'une petite session dans l'herbe au jardin des Tuileries, j'eus "l'excellente" idée de vouloir faire plus ample connaissance à l'aide d'un test dans le magazine que nous avions sous la main. Le test en question ? "Quel sens de l'humour possédez-vous ?" Oui, on est pas futile ou graveleux, même si au final, on se dit que parfois ça vaudrait mieux. Et puis, on est vachement sociale en fin de compte parce que ne dit-on pas "femme qui rit..."? J'ouvrais donc une voie magistrale à mon acolyte pour lui indiquer la plaisanterie à adopter afin de conclure. Enfin bref, tout ça pour dire que le questionnaire en question visait à déterminer si l'on était davantage français, british ou encore yiddish rapport à la rigolade.

Et bien grâce à ce sondage, j'ai découvert qu'à l'instar de la nécessité de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, il pouvait être utile de lire au moins une fois la phrase dans sa tête avant de la déclamer. Sachant préalablement cela, j'aurais certainement discrétement zappé l'item suivant :

Perdre un de ses parents est regrettable, les deux c'est de la négligence.

(Tiré de L'importance d'être Constant d'Oscar Wilde)

Et moi d'être consternée... puis de pouffer nerveusement... puis de mettre le magazine sous les yeux de mon compagnon pour bien lui prouver que non, c'est pas moi !

Autant vous dire que nous en avons conclu que nous n'avions pas l'humour anglais. 

Commentaires

  • évidemment ...dans le contexte ...
    néanmoins l'humour anglais a du bon , surtout chez Oscar Wilde ; du genre : " le meilleur moyen ce résister à la tentation c'est d'y céder "!!

    d'ailleurs , je les trouve pas mal les huiles "érotiques" de la note plus haut ....!!

  • Oui, dans l'absolu, je suis... je peux même dire sans trop m'avancer nous sommes assez branchés humour anglais... Mais vraiment pas ce jour-là.
    Enfin, surtout moi, puisque je suis la seule à me souvenir de cet instant traumatisant.
    Pour les huiles, pas testées mais j'aime bien le packaging.

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