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On the radio*

Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître*...

Donna Summer*, Charles Aznavour*... Autant de références hautement culturelles qui permettront aisément même au plus piètre mélomane parmi mes lecteurs de déduire que le thème du jour sera la musique. En revanche, nul scoop sur une quelconque idole de la chanson française ou internationale, pas plus qu'une fabuleuse astuce pour télécharger de la musique gratuitement* ; acte au demeurant illégal et donc en totale contradiction avec la présente charte éditoriale.

Et morale.

Quoique...

Bref.

Donc.

Nous disions musique. Vaste sujet s'il en est un plus que d'autres. Il me souvient de ce temps chaque jour un peu plus lointain où le support audio à la pointe de la branchitude était la K7 (ndlr : "la cassette" pour les pas au top de la hypeness du temps jadis et pour les moins de vingt ans).

La K7, loin des termes et fonctionnalités ultra technologiques du disque optique utilisé pour stocker des données sous forme numérique, plus communément dénommé disque compact ou CD, était un petit boîtier plastique parallélépipédique contenant une bande magnétique enroulée autour de deux bobines sur laquelle il était possible d'enregistrer de la musique mais sans choix de compression de fichier aucun. Pour trois minutes vingt de chanson, trois minutes vingt de bande utilisée. Trivial.

Ce qu'il y avait de bien avec la K7, c'était le côté artisanal et ultra personnel de la construction d'une compilation et également l'investissement que cela représentait. Aujourd'hui, avec le CD, il suffit de collecter les fichiers requis et de les graver proprement les uns à la suite des autres. Opération peu fastidieuse dont l'exécution se compte en minutes. Avec la cassette, l'établissement du pot pourri des tubes du moment se faisait directement à partir d'une ou plusieurs stations de radio de prédilection. Dans ma province, le choix se résumait à NRJ (radio number one*) et Fun Radio (Doc & Difool*), ce qui limitait les variations d'ondes.

Je me revois donc, ma compilation en devenir enfournée dans mon radio-cassette Sony, guettant des heures durant autant que faire se pouvait rapport à la dictature parentale les morceaux convoités sur les ondes FM. Il faut savoir que comme pour tout, ce procédé était régit par la loi de Finagle*, corollaire de la plus célèbre loi de Murphy*, qui érige au rang de principe le pessimisme. En d'autres termes, quand tu patientais gentiment devant ton poste, nul tube à l'horizon. Mais dès que tu t'éloignais, le morceau tant attendu pointait le bout de ses notes... et de te précipiter vers ton poste le plus rapidement possible mais pas suffisamment pour ne pas rater l'intro qui se traduisait sur la bande par un sorte de scratch suraigu faute d'avoir appuyé simultanément sur Record et Play (ndlr pour les moins de quatre lustres : manipulation pour déclencher l'enregistrement).

Autre caractéristique fort peu pratique de la K7, il était impossible de passer d'un morceau à un autre de manière précise en appuyant sur un simple bouton. Il fallait rewind ou forward au petit bonheur la chance. Ainsi, écouter un morceau spécifique se méritait et, pour en revenir à l'enregistrement, une fois la chanson "acquise" - sans l'intro donc -, il fallait rewind pour supprimer la voix du présentateur faute d'avoir interrompu la copie au moment opportun et souvent forward un peu car on avait trop rewind. Naturellement, c'est toujours à ce moment-là que rappliquait un second morceau convoité. Ici, trois cas de figures : soit la manipulation rewind/forward avait été heureuse et l'enchaînement des morceaux était parfait (probabilité infinitésimale), soit trop de rewind et donc ni intro, ni final forcément, soit enfin trop de forward et voix de l'animateur ou publicité entre les deux chansons avec variation d'intensité des décibels à réveiller un mort, infarctus garanti.

Dernier point croustillant de l'enregistrement sur K7 audio dépendant de la fameuse loi de lose : parmi toutes les chansons recherchées, CELLE que l'on voulait absolument passait toujours moins souvent que les autres ou uniquement lorsque nous ne pouvions guetter les ondes, la faute aux diverses autorités répressives qu'étaient les parents ou encore l'école. De fait, on enregistrait d'autres tubes en patientant, l'espoir ne faisant jamais défaut. Quand enfin notre surveillance et la diffusion briguée se rencontraient, les quelque quatre minutes de bonheur se transformaient fatalement en cauchemar au bout de quarante secondes par le klonk! de la cassette achevée. Car à force d'avoir enregistré en attendant, il ne restait jamais suffisamment de bande pour THE hit.

Et de retourner la cassette et de sacrifier le pas vraiment début du premier morceau - dont on conserverait quand même la pas vraiment fin - pour avoir l'à peu près fin du préféré dont on n'aurait pas le milieu...

Aaah, y'a pas à dire, tout était vraiment mieux avant ! 

Commentaires

  • Excellent !!

    Tout pareil, vraiment tout pareil ! Je me revois à 12 ou 14 ans...

    J'écoutais même la radio la nuit pour écouter d'autres trucs que ce qu'on nous passait déjà en boucle à l'époque.

    Donc excellent ce billet, je sautille devant mon mac ;-)

    +++ miss charlotte

  • Ouais, j'ai réussi à faire sautiller quelqu'un devant son ordi !!!
    Je suis très contente que tu sois touché par cette note qui a été un plaisir à rédiger. Certes, ça ne nous rajeunit pas, mais c'est un peu le principe de la madeleine ;-)
    Bizbiz.

  • on parlait même de "musicassettes" terme qui me fait toujours bcp rigoler
    il me semble qu'il existait des lecteurs évolués qui permettaient de détecter les blancs entre les titres, mais celui ci de vait être d'une longueur minimale, mais je n'ai pas le souvenir que cela aie bien fonctionné

  • Ah non, la "musicassette" n'existait pas dans ma contrée... Et pour ce qui est des lecteurs évolués, bien entendu mais je parlais vraiment du système oldschool, de l'Origine !

  • j'adore ce retour en arrière, même s'il ne nous rajeunit pas en tout cas il me permet de passer 5 min de pur bonheur à me rappeler comment je me prenais effectivement la tête à caler la bande au bon endrois pour éviter les blancs et à la déclencher au bon moment pour éviter le blabla de l'animateur...je ferme les yeux et j'y suis, délire !!!! Je dois bien avoir encore quelques spécimens de compil' maison à tomber...toujours un plaisir de te lire, biz

  • Ravie de t'avoir propulsée dans ton passé ! Mon dernier constat pour la route : réécoute les quelques spécimens qui te restent et je parie que tu te rappelleras exactement l'ordre des chansons.
    A bientôt !

  • Je me revois moi aussi écoutant la radio, le doigt sur le bouton pause, attendant le passage d'une chanson qui bien sûr ne venait pas.

    Outre le fait qu'elle permettait de se faire ses petites compilations personnelles, ce qui a fait le succès de la K7 c'est qu'elle permettait d'écouter de la musique n'importe où, chose que ne permettaient ni le disque vinyle ni le CD (il sautait au moindre mouvement et bouffait des piles à vitesse grand v)

    Aujourd'hui je ne suis pas particulièrement nostalgique de la K7 mais l'idée de la disparition annoncée du support me désespère.

  • Oui c'est vrai qu'on pouvait mener impunément la vie dure à la cassette, contrairement aux vinyles et CD... La fin est programmée pour quand ?

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