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31.03.2008

Déréliction

Grandir, c'est prendre conscience qu'il n'y a jamais guère qu'une seule personne sur laquelle il est possible de compter : soi-même. L'individu, être communautaire, évolue en son for intérieur dans un délaissement - parfois un retranchement - quasi permanent. Disons à 99 %grandir3.jpg de son temps.

Partant, garder son coeur d'enfant, c'est s'exposer en permanence à ce sentiment atroce du coeur brisé. Et devenir adulte induit une réaction auto-défensive, de plus en plus inconsciente le temps allant, qui doit supporter le risque de passer à côté du ridicule petit pourcent qui pourtant à lui seul suffirait à balayer les quatre-vingt dix-neuf autres.

Alors grandir, mais grandir vraiment, serait-ce remonter le temps pour retrouver son coeur d'enfant tout en conservant le fruit de son expérience délesté de toute méfiance ?

28.03.2008

Vacances Bodrum et votre coeur fait boum...

Ou Bodrum Turquie, ça fait envie !

La question est : comment les voyagistes ont-ils fait pour se passer de mon incomparable sens de la formule ? Mouais... Trêve de balivernes. Si pour certains, les vacances sont l'occasion de plonger dans d'incroyables aventures, de partir à la roots et de braver l'inconnu, je suis pour ma part plutôt du genre package. Pas question de me frotter à diverses contingences et encore moins aux nécessités quotidiennes que sont, au hasard, la cuisine, la vaisselle et le ménage. Mes mots d'ordre sont chaleur, bonheur et doigts de pieds en éventail. La solution : Look Voyages.

Mais puisque comme tout bon client, il faut être un peu chiant, moi ce que j'aime en plus, c'est pouvoir larver, complétement assistée, sans m'être préalablement coltiné douze heures de trajet, soit quatre jours si on compte le jet lag pris sur les RTT que je n'ai pas.

Donc si on résume : soleil + tout compris + pas loin = club Turquie ! Genre petit séjour Yelken Hotel & Spa 5* parce qu'on est pas là pour se priver. A partir de 715€, on est pas si exigeant... Et puis pour toi en qui sommeille l'aventurier du dimanche, tu as des combos séjour/circuit. Franchement, que demande le peuple ?! Ouais... l'argent... je ne le sais que trop... Mais si en plus, on doit arrêter de rêver, où va-t-on ? Donc, rêve :

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21.03.2008

Design déco mieux que Damidot*

Pas besoin d'être chasseur de tendances pour s'apercevoir que la décoration est une des occupations favorites des Français ; même si apprécier ne veut pas dire exceller mais passons... Suffit de regarder les D&CO* et autres Question Maison* qui poussent comme des champignons, pour ne citer que les chaînes hertziennes ; et mélanger les torchons et les serviettes. Mais bon, ne dit-on pas que tous les goûts sont dans la nature ? Qu'on aime ou qu'on aime pas, il suffit juste de se dire qu'il y a une chance sur un million d'être tiré au sort pour se résoudre à s'atteler soi-même à la tâche ardue du lifting intérieur.

Pas forcément évident ? C'est là que tu te trompes. Vas sur le site Delamaison. Non seulement, tu trouves tout ce dont tu as besoin mais en plus, pas besoin de te bouger les fesses à chiner, on l'a tous vu, ça fait pas maigrir (rrrooohhh, vilaine Charlotte). Dans ce grand magasin virtuel dédié à la décoration et à l'équipement de la maison, pas moins de 20 000 références et plus de 150 marques ! Du kitsch en pagaille, du design à profusion, bref, il y en a pour tous les goûts et tous les sous. Sans compter les bonnes affaires des ventes privées et pour les plus... enfin les moins... disons ceux qui auraient besoin de conseils, le blog qui présente les courants du moment, les innovations et les coups de coeur de l'enseigne.

Personnellement, je choisis moi-même, je fais fi des tendances et surtout, je fuis les ambiances déco "tout assorti" auxquelles je préfère les patchworks de matières, d'époques, de styles... bien plus chaleureux et personnels. Du caractère, que diable ! Comme je suis une fille et que j'aime bien les boîtes de rangement, je te conseille celles-ci, très chouettes dans ton bureau-atelier ou dans la chambre d'un mouflet pour ranger Spiderman*, Bob l'Eponge* et autre Dora l'exploratrice*.

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Allez, au boulot ! (ça vaut aussi pour Delamaison qui devrait quand même faire un petit effort de design pour son site...)

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19.03.2008

La trempe de l'écrivain

_crire.jpgLe pire pour la personne qui écrit n'est pas que ses tentatives rédactionnelles ne soient pas appréciées par le lectorat auquel elles sont soumises.

C'est qu'elles ne soient pas lues.

L'indifférence, elle te tue à petits coups.

Gilbert Bécaud 

L'indifférence est une épreuve. Le succès est une épreuve que l'on réserve à ceux que l'indifférence n'a pas su tuer.

Christian Bobin

L'indifférence comme préférence, c'est le mépris qui prend vie.

Anonyme

La femme excuse tout, hormis l'indifférence.

Proverbe anglais

17.03.2008

J'pète les plombs...

La dernière fois, j'ai reçu une facture d'électricité complètement astronomique au regard de ma surface d'habitation. Tu vas me dire "ça n'a rien à fusible.jpgvoir". Moi je te dis que si, sans argumenter, parce que j'ai ma conscience pour moi. Donc bankrupted because of EDF.

Après moult négociations avec l'opératrice pour comprendre le pourquoi du comment, elle m'explique que je dois faire des tests avec mon compteur pour voir s'il n'est pas défaillant, mais que pour ce qui est de la facture litigieuse, j'ai pas le choix pour cette fois-ci, je dois raquer. L'expression "payer la douloureuse" a pris toute sa mesure dans mon esprit...

J'ai donc docilement entrepris les tests sur le boîtier pompe à fric de ma modeste demeure. Avant de tout faire sauter, j'ai commencé par couper tout ce qui pouvait l'être ; pas les fils hein, les équipements ! Chose faite, je retourne vers la molette à la rotation étourdissante qui te murmure visuellement le schling ! schling ! de chaque euro arraché à ta poche. Que vois-je ? La diligence giratoire est désespérante. Je me dis donc : cool, ça veut dire qu'il y a un problème, je vais disjoncter, ça va continuer à révolutionner et là, je pourrai les accuser de voleurs. Sauf qu'une fois le disjoncteur disjoncté, tout mouvement rotatif s'est arrêté.

Loin de m'avouer vaincue, je me suis dit : "ah ouais, je peux pas vous prendre en flag' de vol caractérisé des économies que je n'ai pas ? Et bien à malin, malin et demi !" J'ai donc décidé de laisser disjoncté toute la journée en pensant intérieurement un niark niark bizarrement accompagné en parallèle d'une sensation de je ne sais quoi, comme quand on est persuadé d'avoir oublié quelque chose sans parvenir à remettre l'idée dessus.

Ce n'est que le soir que j'ai réalisé l'origine de ce sentiment indéfinissable... En coupant mon compteur, j'avais par là même privé d'alimentation mon frigo et mon congélateur...

Heureusement que ça faisait trois semaines que j'avais le complète flemme d'aller faire les courses. 

13.03.2008

Un chagrin de passage de Françoise Sagan

sagan.jpgEditions Plon/Julliard - 221 pages

Quatrième couv' : Cancer des poumons... Le médecin est formel. Dans six mois, Matthieu Cazavel - quarante ans, architecte - serra mort et enterré... Cruauté suprême, septembre a aujourd'hui des allures estivales et Paris resplendit. Dès cet instant, Matthieu décide de démêler l'écheveau de sa vie. Aussi se tourne-t-il naturellement vers les femmes qui ont "peuplé" son existence : Sonia, sa ravissante et stupide jeune maîtresse ; Hélène, l'épouse dont il s'est éloigné depuis longtemps ; Mathilde, la seule femme qu'il ait vraiment aimée et qui pourra peut-être modifier la piètre image qu'il a soudain de lui-même...

De cette grande dame plus connue pour ses frasques que pour son oeuvre malheureusement boycottée par les éditeurs (pour en savoir plus, le magazine Lire à fait un formidable dossier dans son numéro de février), je n'avais lu que Bonjour tristesse dont je garde un excellent souvenir. C'est donc confiante que je me suis lancée dans la lecture d'Un chagrin de passage.

Malgré un pitch pour le moins déprimant, j'ai véritablement été transportée par ce roman. Narrée par tout autre, cette histoire aurait vraisemblablement été tragiquement ennuyeuse ou pathétiquement surfaite. Là où tant d'écrivains vous narrent des histoires, parfois jolies, parfois non, mais immanquablement trop peu naturelles pour ne pas détonner, plus ou moins, de la réalité, Françoise Sagan parvient quant à elle à relater la vérité toute nue, le naturel tout simplement. Et c'en est étonnant. Cette faculté a retranscrire les choses telles quelles et à la fois loin de toute banalité vous conduit inéluctablement à vous sentir infiniment proche de ses riches personnages qui n'ont nul besoin de noyer leur vide intérieur dans d'incessants rebondissements de l'action. Leurs cheminements introspectifs si proches de ceux que seraient les nôtres en pareille situation, qui nous apparaissent tellement évidents malgré notre ignorance, se suffisent à eux-mêmes. C'est là toute la magie Sagan.

Extraits :

Comme les trois quarts de ses relations, il passait sa vie, depuis qu'il était en âge de la gagner, à répondre à des "comment ?". Les "pourquoi ?" étaient réservés aux adolescents et aux penseurs professionnels.

...

Michel avec qui il avait partagé l'adolescence, les filles et Paris pendant quatre, cinq ans, partagé l'existence telle qu'on la voit à vingt ans, c'est-à-dire la vraie existence : dramatique, lyrique, excessive, comique.

...

Il y avait longtemps qu'il n'avait pas passé autant de temps avec lui-même, et il devait s'avouer qu'il y prenait un curieux plaisir, curieux dans ces conditions, un plaisir modeste et fragile, mais plutôt réconfortant. C'était bien le mot : "réconfortant". Il se tenant assez bien lui-même ; il se supportait sans trop de condescendance et allait jusqu'à apprécier ses détours, ses crochets devant la vérité. Comme s'il y avait eu tout à coup une trêve ou un accord entre son moi vulnérable et cet écho ricanant qu'il entendait derrière, comme si quelqu'un s'était installé derrière la série de faux-semblants nommée Matthieu Cazavel et lui avait redonné quelque cohérence et quelque vie. "Comme si la mort me rendait vivant", se dit-il à voix haute, et il se mit à rie du ridicule, du mélo de cette formule.

...

Pauvre Sonia ! Jolie Sonia ! Exquise Sonia ! Qui se réfugiait peut-être dans l'égoïsme par ignorance de la tendresse ! C'était une époque dure pour ses passagers où, à force de tout voir et de tout entendre - y compris ce qu'il ne fallait pas - où personne ne savait plus rien exprimer sinon, par moments, un appétit effréné et ennuyeux pour l'argent, ou un goût lymphatique et parfois mortel pour l'évasion - le plaisir lui-même étant devenu un danger diabolique.

...

- C'est quoi, être intelligent, pour toi ? gémit Sonia avec la voix enfantine qu'on aisément certaines femmes, passé trente ans.

- Je ne sais pas, dit-il. Peut-être avoir sur une question le plus grand nombre de points de vue possibles... et en changer... et apprendre...

- Eh bien alors, on apprend tout le temps, puisqu'on change de point de vue tout le temps !

- Non, non ! Plus le temps passe, plus on adopte les points de vue les plus proches de ses intérêts, ou de sa paresse, ou de ses amis, ou de la vie courante. On se rétrécit et on diminue les regards et les points de vue. Petit à petit, on devient un vrai con, un vieux con.

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Il semblait que l'admiration fût un muscle comme l'intelligence et que si on ne s'en servait pas, elle s'atrophiât.

...

Le fait qu'une femme qu'on aime cesse de vous aimer sans vous amener à la mépriser ou à la haïr par ses mensonges, n'est pas ce qui peut arriver de mieux à l'abandonné. N'y aurait-il pas chez elle quelque bonté, à rendre au contraire ces adieux vindicatifs et détestables, et à empêcher ainsi sa victime de bercer des souvenirs estimables et nostalgiques qui gâcheraient par des comparaisons outrées son avenir amoureux ?

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Allait-il circuler partout, impassible et digne, les yeux au loin, dans l'admiration générale ? Ah non ! Il avait assez longtemps sacrifié à la société, à ses us, moeurs et rites, pour ne pas en plus mourir en jouant les héros... Et pour qui ? Il est vrai que l'on finissait par être ce que l'on mimait, et que peut-être l'on devenait insensible, ou invulnérable, à force de la prétendre. Il essaierait d'être gai, léger et insouciant. Il ferait le maximum dans ce sens : pour les autres par pudeur, et pour lui-même par précaution. Mais pour des étrangers, non. Il pleurnicherait aux terrasses des cafés s'il en avait envie. Il n'avait pas de dette envers la société. Il n'avait aucune dette.

...

Il n'aurait pas voulu téléphoner à Mathilde, mais la retrouver, face à face, tout de suite. L'expression de ses yeux devant lui, avant qu'elle n'ait le temps de les contrôler, lui importait plus que les mots.

...

- C'est un homme qui veut que je sois heureuse, d'abord, et avec lui, ensuite. C'est une hiérarchie extrêmement difficile à trouver, je t'assure, chez un homme, ou chez une femme, d'ailleurs.

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Comme un crétin, un crétin qu'il était resté, d'ailleurs, il avait toujours été séduit par les femmes fatales, ou les petites chipies.

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Parce qu'on ne pouvait supporter l'idée de sa mort, du chaos noir, du "rien" qui vous attendait, que si l'on imaginait ce quelqu'un - ce soi-même - comme aimé, regretté, célèbre et pleuré. Quelqu'un qui avait été estimé, quelqu'un qui comptait, ou qui avait compté dans les yeux de quelqu'un d'autre. 

12.03.2008

Les particules élémentaires de Michel Houellebecq

Editions Flammarion - 317 pageshouellebecq.jpghouellebecq.jpg

Quatrième de couv' : Les particules élémentaires est la chronique du déclin d'une civilisation - la nôtre - qu'illustre l'existence plate et morose de deux demi-frères, Michel et Bruno, confrontés à leur misérable condition. Car tandis que Bruno s'abîme dans une quête désespérée du plaisir sexuel, la vie amoureuse de Michel continue d'être un pitoyable désastre. Ni résigné, ni satisfait, ce dernier, chercheur en biologie, reste persuadé que ses travaux seront déterminants pour l'avènement d'une nouvelle espèce, asexuée et immortelle, et la disparition - enfin ! - de l'humanité.

Déconcertée. Voilà le mot qui me vient à l'esprit quand je repense à cette lecture, fruit d'une délicate attention. Cynique, philosophique, scientifique, humoristique, pornographique... Malgré un certain nombre de pensées consensuelles mêlées à quelques épanchements provocateurs, l'on peut souligner un sens extrême de la formule chez notre E.T. local de la littérature. Mon seul regret est que cette rhétorique, parfois d'un manichéisme quasi enfantin, se confonde dans une histoire relativement insipide. Voulue sans aucun doute mais trop bien réussie finalement. Mais peut-on vraiment parler de déception au regard du nombre exceptionnel de perles que j'ai retenues de cette découverte ?

Extraits :

Ce livre est avant tout l'histoire d'un homme, qui vécut la plus grande partie de sa vie en Europe occidentale, durant la seconde moitié du XXe siècle. Généralement seul, il fut cependant, de loin en loin, en relation avec d'autres hommes. Il vécut en des temps malheureux et troublés. Le pays qui lui avait donné naissance basculait lentement, mais inéluctablement, dans la zone économique des pays moyen-pauvres ; fréquemment guettés par la misère, les hommes de sa génération passèrent en outre leur vie dans la solitude et l'amertume. Les sentiments d'amour, de tendresse et de fraternité humaine avaient dans une large mesure disparu ; dans leurs rapports mutuels ses contemporains faisaient le plus souvent preuve d'indifférence, voire de cruauté.

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Les hommes qui vieillissent dans la solitude sont beaucoup moins à plaindre que les femmes dans la même situation. Ils boivent du mauvais vin, ils s'endorment et leurs dents puent ; puis ils s'éveillent et recommencent ; ils meurent assez vite. Les femmes prennent des calmants, font du yoga, vont voir des psychologues ; elles vivent très vieilles et souffrent beaucoup. Elles vendent un corps affaibli, enlaidi ; elles le savent et elles en souffrent. Pourtant elles continuent car elles ne parviennent pas à renoncer à être aimées. Jusqu'au bout, elles sont victimes de cette illusion. A partir d'un certain âge, une femme a toujours la possibilité de se frotter contre des bites ; mais elle n'a plus jamais la possibilité d'être aimée. Les hommes sont ainsi, voilà tout.

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"J'ai jamais pu encadrer les féministes... reprit Christiane alors qu'ils étaient à mi-pente. Ces salopes n'arrêtaient pas de parler de vaisselle et de partage des tâches ; elles étaient littéralement obsédées par la vaisselle. Parfois elles prononçaient quelques mots sur la cuisine et les aspirateurs ; mais leur grand sujet de conversation, c'était la vaisselle. En quelques années, elles réussissaient à transformer les mecs de leur entourage en névrosés impuissants et grincheux. A partir de ce moment - c'était absolument systématique - elles commençaient à éprouver la nostalgie de la virilité. Au bout du compte, elles plaquaient leurs mecs pour se faire sauter par des machos latins à la con.

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"Quand il faut modifier ou renouveler la doctrine fondamentale, les générations sacrifiées au milieu desquelles s'opère la transformation y demeurent essentiellement étrangères, et souvent y deviennent directement hostiles." (Auguste Comte - Appel aux conservateurs)

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Il n'a pas su comprendre que le sexe, une fois dissocié de la procréation, subsiste moins comme principe de plaisir que comme principe de différenciation narcissique ; il en est de même du désir de richesses.

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Décidément, les femmes étaient meilleures que les hommes. Elles étaient plus caressantes, plus aimantes, plus compatissantes et plus douces ; moins portées à la violence, à l'égoïsme, à l'affirmation de soi, à la cruauté. Elles étaient en outre plus raisonnables, plus intelligentes et plus travailleuses.

Au fond, se demandait Michel en observant les mouvements du soleil sur les rideaux, à quoi servaient les hommes ? Il est possible qu'à des époques antérieures, où les ours étaient nombreux, la virilité ait pu jouer un rôle spécifique et irremplaçable ; mais depuis quelques siècles, les hommes ne servaient visiblement à peu près plus à rien. Ils trompaient parfois leur ennui en faisant des parties de tennis, ce qui était un moindre mal ; mais parfois aussi ils estimaients utile de faire avancer l'histoire, c'est-à-dire essentiellement de provoquer des révolutions et des guerres. 

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Les enfants, quant à eux, étaient la transmission d'un état, de règles et d'un patrimoine. C'était bien entendu le cas dans les couches féodales, mais aussi chez les commerçants, les paysans, les artisans, dans toutes les classes de la société en fait. Aujourd'hui, tout cela n'existe plus : je suis salarié, je suis locataire, je n'ai rien à transmettre à mon fils. Je n'ai aucun métier à lui apprendre, je ne sais même pas ce qu'il pourra faire plus tard ; les règles que j'ai connues ne seront de toute façon plus valables pour lui, il vivra dans un autre univers. Accepter l'idéologie du changement continuel c'est accepter que la vie d'un homme soit strictement réduite à son existence individuelle, et que les générations passées et futures n'aient plus aucune importance à ses yeux.

...

Entre deux et quatre ans, les enfants humains accèdent à une conscience accrue de leur moi, ce qui provoque chez eux des crises de mégalomanie égocentrique. Leur objectif est alors de transformer leur environnement social (en général composé de leurs parents) en autant d'esclaves soumis au moindre frétillement de leurs désirs ; leur égoïsme ne connaît plus de limites ; telle est la conséquence de l'existence individuelle.

...

De retour dans sa cuisine, il prit conscience que la croyance, fondement naturel de la démocratie, d'une détermination libre et raisonnée des actions humaines, et en particulier d'une détermination libre et raisonnée des choix politiques individuels, était probablement le résultat d'une confusion entre liberté et imprévisibilité.

...

"J'avais couché avec des dizaines d'hommes et aucun ne valait la peine qu'on s'en souvienne. Nous pensons aujourd'hui qu'il y a une époque de la vie où l'on sort et où l'on s'amuse ; ensuite apparaît l'image de la mort. Tous les hommes que j'ai connus étaient terrorisés par le vieillissement, ils pensaient sans arrêt à leur âge. Cette obsession de l'âge commence très tôt - je l'ai rencontrée chez des gens de vingt-cinq ans - et elle ne fait ensuite que s'aggraver. J'ai décidé d'arrêter, de sortir du jeu. Je mène une vie calme, dénuée de joie. Le soir je lis, je me prépare des infusions, des boissons chaudes. Tous les week-ends je vais chez mes parents, je m'occupe beaucoup de mon neveu et de mes nièces. C'est vrai que j'ai besoin d'un homme, quelquefois, j'ai peur la nuit, j'ai du mal à m'endormir. Il y a les tranquilisants, il y a les somnifères ; ça ne suffit pas tout à fait. En réalité, je voudrais que la vie passe très vite."

Michel resta silencieux ; il n'était pas surpris. La plupart des femmes ont une adolescence excitée, elles s'intéressent beaucoup aux garçons et au sexe ; puis peu à peu elles se lassent, elles n'ont plus très envie d'ouvrir leurs cuisses, de se mettre en lordose pour présenter leur cul ; elles cherchent une relation tendre qu'elles ne trouvent pas, une passion qu'elles ne sont plus vraiment en mesure d'éprouver ; alors commencent pour elles les années difficiles.

...

Les jeunes filles d'aujourd'hui étaient plus avisées et plus rationnelles. Elles se préoccupaient avant tout de leur réussite scolaire, tâchaient avant tout de s'assurer un avenir professionnel décent. Les sorties avec les garçons n'étaient pour elles qu'une activité de loisirs, un divertissement où intervenaient à parts plus ou moins égales le plaisir sexuel et la satisfaction narcissique. Par la suite elles s'attachaient à conclure un mariage raisonné, sur la base d'une adéquation suffisante des situations socio-professionnelles et d'une certaine communauté des goûts. Bien entendu elles se coupaient ainsi de toute possibilité de bonheur - celui-ci étant indissociable d'états fusionnels et régressifs incompatibles avec l'usage pratique de la raison - mais elles espéraient ainsi échapper aux souffrances sentimentales et morales qui avaient torturé leurs devancières. Cet espoir était d'ailleurs rapidement déçu ; la disparition des tourments passionnels laissait en effet le champ libre à l'ennui, à la sensation de vide, à l'attente angoissé du vieillissement et de la mort.

...

L'humour ne sauve pas ; l'humour ne sert en définitive à peu près à rien. On peut envisager les événements de la vie avec humour pendant des années, parfois de très longues années, dans certains cas on peut adopter une attitude humoristique pratiquemment jusqu'à la fin ; mais en définitive la vie vous brise le coeur. Quelles que soient les qualités de courage, de sang-froid et d'humour qu'on a pu développer tout au long de sa vie, on finit toujours par avoir le coeur brisé. Alors, on arrête de rire. Au bout du compte il n'y a plus que la solitude, le froid et le silence. Au bout du compte, il n'y a plus que la mort.

En état de chèques

shopping.jpgPetit sac à main bandoulière argenté... donc baskets Asics assorties. Tiens d'ailleurs, pour la culture, Asics est l'acronyme de Anima sana in corpore sano... et de conclure que leur signature actuelle, Some mind, some body, Asics est parfaitement cohérente. Digression professionnelle, excusez.

Petite veste en cuir noir manches courtes.

Jean large avec strass poupouf' sur les poches bonda.

BD, livres.

T-shirts divers et variés.

Sarouel.

Shorties.

Sweat.

Ventes privées, Belleville, Les Halles... Tout ce que je Redoute, c'est le coup de fil de ma banquière...

Mais pourquoi, pourquoi tant de compulsions ? 

11.03.2008

Chronique amoureuse #10

Quelle donzelle un tant soit peu abordable n'a jamais vécu ce moment pénible de soirée où, après avoir délicatement éconduit un certain nombre de prétendants, elle se fait entreprendre par un énième chacal qui, la soirée étant déjà bien avancée, est passablement éméché et donc développe un discours complétement absurde et inintéressant et ce, de surcroît, en postillonnant gaiement (même si pour certains, le vide intersidéral de l'homélie et l'écume jaillissante n'ont rien à voir avec quelque consommation déraisonnable de toute substance alcoolisée que ce soit, mais passons) ?

Aucune donc.

D'aucuns péroreront probablement sur le fait qu'il n'y a pas à tergiverser, il suffit de congédier l'importun de manière ferme et définitive. Sauf que.

D'aucunes savent pertinemment que, bien que certaines exceptions soient existantes, la survie de la femme - instinctive - consiste à opérer une relation passablement sociale pour évincer le mâle prochainement atteint dans son orgueil, sous peine de le voir s'énerver voire insulter ou pire pourrir la soirée de sa conquête manquée dans une logorrhée imbitable à tendance agressive.

Et bien mesdames et mesdames, j'ai un truc ! Bon, pas pour esquiver les boulets qui, contrairement à d'autres malheureuses espèces, ne sont pas en voie d'extinction. Mais pour obvier aux postillons et potentiellement écourter le squattage intempestif du con centré de testostérone.

A l'occasion d'une escapade cigarette désormais à l'extérieur de tout lieu fréquenté (grrr), moment particulièrement convoité par les traqueurs de ces dames, il s'agit de veiller à toujours garder la posture suivante :

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Oui parce qu'il faut savoir que le bonhomme de base répondant au profil du chasseur de femelle n'a aucune notion de la zone d'agression, dispose de fait d'une désagréable tendance à converser avec sa proie à moins de cinq centimètres et donc de l'arroser joyeusement des crachats de son incontinence salivaire. En intercalant sa main, prolongée d'une clope, entre sa petite personne et l'importun, la distance de sécurité est infailliblement conservée puisqu'aussi bourré et balourd soit-il, il rechigne manifestement à se faire cramer le faciès. Distance qui peut évidemment être modulée en fonction de la posture adoptée et dont l'agrandissement est proportionnel au découragement de l'indélicat, qui renonce relativement rapidement.

Naturellement, il est inutile de se mettre à fumer pour survivre dans la jungle du convoitage amoureux, pour ne pas dire sexuel. Ca marche aussi en interposant son verre.

Telle est faune...

Comme nous le savons tous, nous les CSP -, le travailleur est assimilable à du bétail qui, effrayé par la perspective de se retrouver au placard voire633103935.jpg sans ressources, se plie bon gré mal gré à toutes les exigences, y compris les plus saugrenues, de sa tyrannique hiérarchie.

Ainsi, si tu as du temps à perdre (et de l'argent), tu pourras constater que les opérateurs de l'insupportable 118 218 ont l'obligation, si le client le leur demande, de chanter le jingle dont on nous rebattu les oreilles... Et oui, en plus d'être un mouton caméléon (docile polyvalent), il faut désormais être un merle singe (pitre chantant).

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