Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Quand j'avais 7 ans, j'm'ai noyée...

Tout le monde, dans son petit bagage de vie, posséde une ou plusieurs anecdotes sur des bêtises jamais avouées, des punitions injustes sans avoir rien fait ou que sais-je encore. Moi, il y en a une que je remets sur le tapis à chaque Noël et immanquablement, je vois toutes ces têtes autour de la table qui ricanent et se gaussent de plus en plus fort à l'écoute de la récurrente et hilarante histoire de cette "adorable Charlotte qui vit dans ses fantasmes".

0f27e0d635b81589192dfaeb233de549.jpgIl y a les trois quarts de ma vie, mes parents nous emmenaient, mon frère, ma soeur et moi, tous les étés en Bretagne, dans une maison magnifique avec un immense jardin, un chouette cabanon qui a dû faire le bonheur de mon frère alors adolescent et une super piscine, le tout à flanc de mer.

L'été en question, je venais juste d'apprendre à nager. Et alors que je me lançais pour la première fois dans le grand bain sans mes brassards tout en faisant le clown pour m'assurer les regards de l'assemblée, je fus prise d'un fou rire tel qu'il m'était impossible, moi pauvre petite chose encore toute faible, d'exécuter le moindre mouvement pour me maintenir à la surface de l'eau. Pendant que je me débattais pour tenter de survivre tout en absorbant des hectolitres d'eau à cause de ce fou rire, par définition incontrôlable manifestement quelle que soit la situation, tout le monde applaudissait mes talents d'actrice sans bouger le moindre petit orteil pour me sauver des eaux.

Ayant par miracle réussi à rejoindre le bord, m'étant extirpée du fatal bassin et après avoir craché et récupéré mon souffle, je me suis mise à hurler et pleurer "VOUS M'AVEZ LAISSEE MOURIR" (les fans de John Irving penseront à Owen Meany). Mais personne ne me croyait.

Aujourd'hui encore, quand je tente de leur expliquer que je me noyais vraiment et que j'ai eu la peur de ma vie, tout le monde me taquine en me disant que je devrais enfin sortir de mon rôle de victime (!).

C'est trop injuste. 

Commentaires

  • Je ne sais pas pourquoi, quand je vous lis, il y a comme un malaise, un je ne sais quoi qui me souffle que vous n'avez pas le monopole du malheur. Savez vous ce qu'est la souffrance au quotidien, boucler sa vie au mensuel.

    Alors me direz-vous : Pourquoi me lire ?

    Vous avez raison.

    Adieu.

  • Cher X, c'est ce qu'on appelle du second degré... mais manifestement, la subtilité n'est pas l'apanage de tous les malheureux...

  • C'est marrant (sans mauvais jeu de mots sur le sujet), mais j'ai une impression de déjà-vécu en lisant cette anecdote.
    Sans raconter ma vie en détails, il m'est arrivé la même chose cet été, lors d'un repas de famille. Prise d'un fou rire suite aux sous-entendus d'une des personnes présente sur les éventuelles relations (X) que j'entretiens avec mon chéri, je finis par manquer totalement d'air et à sortir précipitamment de table pour aller en chercher un plus frais. Devenue rouge et complètement paniquée à l'idée de ne plus réussir à inspirer la moindre bouffée d'oxygène, je m'éloigne dans la maison et essaie de me calmer doucement. Jusqu'au "dernier" moment mes poumons se vident sans se remplir de nouveau.
    Personne ne m'a suivi, pas même mon copain, persuadés qu'il s'agit d'un fou rire habituel.. Sauf que celui-là a bien failli tourner au drame. Lorsqu'enfin j'ai réussi à respirer de nouveau, je vois surgir ma mère, hilare, qui me demande si je suis calmée...

    Personne ne s'est rendu compte que j'étouffais réeelement, et à mon retour, j'ai entendu fuser les "pauvre choute, on a failli te plaindre" (excepté de ma mère et de mon copain, qui avaient enfin compris).

    C'est dur ces situations où on se sent vraiment seule, très seule...

  • Je compatis totalement. Je pense que la meilleure solution pour des rieuses à en mourir serait d'avoir toujours sur soi une petite pancarte disant "j'ai l'air de me marrer mais je suis en train de crever... à votre bon cœur" :o)

Les commentaires sont fermés.