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Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

4a3d2bd7bffea9e4e2eefdb0012333d1.jpgEditions de Fallois - 434 pages

Quatrième de couv' : Dans une petite ville d'Alabama, à l'époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au coeur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès. Il ne suffit pas en revanche à comprendre comment ce roman est devenu un livre-culte aux Etats-Unis et dans bien d'autres pays. C'est que, tout en situant son sujet en Alabama à une période bien précise - les années 1930 -, Harper Lee a écrit un roman universel sur l'enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal. Raconté par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le Prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur s'est vendu à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde entier.

Contrairement à mon habitude, je n'ai aucun extrait à vous soumettre de ce livre passionnant dévoré en 3 jours. Mes attentes d'une histoire manichéenne ont été plus qu'agréablement surprises par un traitement romanesque inattendu, inscrivant le poids d'une Histoire non encore achevée dans un traitement narratif aussi léger que pointu, aussi transparent qu'intuitif, aussi fatal qu'imprévisible. Les sujets de poids sont abordés sans lourdeur, avec la simplicité et l'acuité teintée de naïveté de l'enfance - la narratrice ayant neuf ans - dans une trame subtile, déconcertante mais ficelée avec brio. La postface de l'écrivain française Isabelle Hausser ne fait qu'enrichir la portée de ce roman magistral.

Au-delà des considérations relatives au racisme et aux effets dévastateurs des préjugés et des influences de la communauté sur la pensée individuelle, cette histoire est également un modèle d'éducation qui me laisse le rêve et l'ambition d'être un jour pour mes futurs Jem et Scout un Atticus Finch au féminin.

Ne me reste plus qu'à trouver l'adaptation cinématographique Du silence et des ombres de Robert Mulligan, datant de 1962, qui - à en croire les trois Oscars (dont l'Oscar du meilleur acteur pour Gregory Peck), les trois Golden Globe Award, la désignation de "Culturellement signifiant" par la Bibliothèque du Congrès et la sélection pour préservation au National Film Registry, entre autres rayonnements - doit être aussi incontournable que le livre.

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